Accessibilité des populations aux médicaments anticancéreux au Burkina Faso

19.06.2017
Share article

Au Burkina Faso, l’incidence et la mortalité des cancers croissent en raison du diagnostic et de la prise en charge tardifs. Les médias, les malades et les associations de lutte contre le cancer évoquent une pénurie chronique et une cherté des anticancéreux. L’objectif de notre étude est d’évaluer les déterminants de l’accessibilité aux anticancéreux afin d’améliorer la prise en charge du cancer.

Dans le cadre de mon Mémoire de Master en Santé (Publique) Internationale de l'Université Senghor d'Alexandrie, je me suis apesanti sur cette problématique sous la Direction du Pr Marc R. Keller. 

Méthodes

Cette étude transversale descriptive a été faite en septembre 2016 dans la ville de Ouagadougou auprès de 129 établissements pharmaceutiques grossistes et de dispensation.

La disponibilité et les prix ont été recueillis par un questionnaire auprès 12 grossistes pharmaceutiques , et par des ordonnances médicales incluant 16 médicaments anticancéreux essentiels administrées dans 117 points de dispensation dont 104 officines pharmaceutiques et 13 pharmacies hospitalières publiques et privées.

Les coûts des anticancéreux génériques ont été calculés pour le protocole LMB2009 dans le traitement du lymphome de Burkitt, le protocole Paclitaxel - Carboplatine dans le cancer du col de l’utérus, et pour le protocole Capécitabine dans le cancer primitif du foie.  

Résultats

Chez les grossistes, 41,66% disposait d’un stock d’anticancéreux, avec des prix d’achat 10% supérieurs aux prix de référence internationale (RPM=1,10 [0,0579 -8,5695] ), et des marges moyennes de 103% [33% -1014%] sur les anticancéreux génériques.  

Dans les points de dispensation, 22,32% disposait d’un stock  d'anticancéreux le jour de l'enquête, ce avec une disponibilité moyenne de 5,80% par générique, 0,66% par princeps ;  et où la prime de marge était de 6, c'est à dire que les princeps coutaient en moyenne 6 fois plus chers que leurs équivalent génériques.

Avec un SMIG (49,55 EUR), un ménage burkinabè doit consacrer 1 à 3 ans de salaire pour acheter les anticancéreux d’un protocole de chimiothérapie. Aucun générique n’était homologué.

Discussions

Les marges exorbitantes, l’absence de contrôle des prix et la faible rotation des stocks des antiacncéreux expliqueraient leur inabordabilité  financière ;

et leur faible disponibilité tiendrait à l’absence d'un programme national efficace de lutte contre le cancer.Et pour preuve, la Centrale (nationale) d’Achat des Médicaments Essentiels Génériques n'a jusqu'à présent aucune molécule anticancéreuse dans ses stocks. Actuellement marqué un faible retour sur investissement pour le secteur privé pharmaceutique , d'ailleurs pionnier en la matière, l'approvisionnement des anticancéreux reste timide.

Conclusion

Le renforcement de la couverture des soins oncologiques, la baisse des marges et le contrôle des prix, l’achat par lot en usine, le management qualité et l’assurance maladie sont essentiels pour faciliter l’accès des populations aux médicaments anticancéreux.  

Dr KONATE Boureima, PharmD, Master Global Health

Copyright de l'image: GregMontani/pixabay/CC0

La dernière fois mis à jour le 20.07.2017.

1 note(s) (5 ø)
300 Consultations
Études, Pharmaceutique
La longitud máxima de un comentario es 1000 caracteres.
Le nombre maximum de caractères pour un pseudonyme est 30.
Veuillez remplir les champs suivants.
Please insert a valid comment!
Click here and become a medical blogger!
L’exploitation optimale de cette plante médicinale et alimentaire, qualifiée « d’Or vert », pourrait plus...
L'article est paru le 04 août 2016 dans la revue PLOS Pathogens, et avec comme premier auteur, Hien Domonbabele, un plus...
L'adoption de ce programme de gatuité des soins, vise à réduire la mortalité maternelle et infantile au Burkina plus...

Disclaimer

PR-blogs on DocCheck are sponsored blogs which are published on DocCheck by commercial providers additionally to regular userblogs. They may contain promotional statements. DocCheck is not responsible for this content.

Langue:
Suivre DocCheck: