Paludisme: la transmission influencée par la consommation de sucres végétaux

30.08.2016
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Une nouvelle piste probable de lutte contre le paludisme vient d'être découverte par une équipe internationale au Burkina Faso. En effet, les chercheurs ont mis en évidence que la consommation de certains sucres végétaux par l’anophèle femelle, influence la transmission du plasmodium.

L'article est paru le 04 août 2016 dans la revue PLOS Pathogens, et avec comme premier auteur, Hien Domonbabele, un doctorant à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et à l'Institut de Recherche en Science de la Santé (IRSS).

La charge de morbidité du paludisme

A  l'échelle globale, plus de la moitié de la population mondiale est exposée au risque de contracter le paludisme, avec en 2015, 214 millions de nouveaux de paludisme enregistrés dont 438 000 décès. L'Afrique subsaharienne supporte à elle seule 80% des nouveaux cas et 80% des décès globaux. Au Burkina Faso, le paludisme reste le principal motif des consultations, la principale de cause des hospitalisations et des décès. 

Transmission

L'agent causal du paludisme, le plasmodium, est transmis à l'homme par la piqure de moustiques du genre Anopleles au cours d'un repas sanguin

L'alimentation des moustiques anophèles

L'nophèle se nourrit du sang humain et animal, mais aussi du nectar des plantes.

Des études précédentes avaient mis en évidence que l'alimentation en sucre des anophèles avait un impact sur leur durée de vie. Cependant, la manière dont les plantes affectaient la capacité des moustiques à transmettre le plasmodium demeurait peu connue. 

Dans l'étude, les chercheurs se sont interessés à l'influence des sources naturelles de sucres contenus dans les plantes sur les interaction entre le moustique et le parasite. Le moustique de l'étude était l'anopheles coluzzi, principal vecteur du plasmodium falciparum; et le parasite étudié était le plasmodium falciparum, parasite responsable de la majorité des cas de paludisme au Burkina Faso. 

En laboratoire, les moustiques étaient nourris aux nectars de plantes ornemental de Barleria lupilina et de Thevetia neriifoli, et de fruits de mangue et de raisins sauvages. Un groupe de moustique témoin était nourri à une solution glucosée à 5%. Après 24 heures d'alimentation, un repas sanguin infecté de plasmodium falciparum a été offert aux moustiques. 

Durant 14 jours, durée du développement du plasmodium falciparum dans l'anopheles coluzzi, les moustiques ont été nourris avec l'une des sources de sucre : fleur, fruit ou solution de glucose. 

Résultats

L'influence des sucres sur les interactions entre moustiques et parasites a pu être mise en évidence. En effet, des observations au microscope couplées à une modélisation épidémiologique revèle de façon statistiquement significative, que les sucres naturelles influençaient non seulement le développement du plasmodium dans le moustiques anopheles coluzzi, mais la fécondité et la longévité de ce dernier.

Ainsi, la capacité de transmission du paludisme par les moustiques nourris à base du nectar de Thevetia neriifoli  a baissé de 30%; à contrario, ceux nourris aux nectars de  L. microcarpa et de B. lupilina voyaient leur pouvoir de transmission augmenté respectivement de 40% et 30%.

Vers une nouvelle piste de lutte antivectorielle 

Cette étude montre pour la première fois que les sucres naturelles peuvent moduler les interactions entre l'anopheles coluzzi et le plasmodium faciparum. Les mécanismes biochimiques qui soutendent cette action des sucres naturelles sur les interactions présentes rien à élucider. Dans le cas du nectar de Thevetia neriifoli qui induit une baisse de la charge parasitaire du moustique, des effets toxiques de métabolites secondaires pourraient être en cause. 

La recherche continue, les chercheurs y pensent déjà

Quelles sont les autres sources de sucres végétaux qui peuvent faire autant, voire mieux que Thevetia neriifoli dans la baisse du pouvoir de transmission du paludisme par l'anopèle ?

Quelles sont les préferences comportementales des moustiques sains ou infectés pour les différentes sources de sucres végétaux ?

Les métabolites secondaires pouvant être la cause de la baisse de la charge parasitaire  du plasmodium chez l'anophèle, pourraient-elles être isolées et étudiées pour une application pharmacothérapeutique ?

L'application 

On peut présager d'une application forte interessante des résulats de cette découverte, à savoir planter des espèces végétales dont les nectars ont un effet antiparasitaire, et reduisant la transmission vectorielle du paludisme. 

Dr KONATE Boureima

PharmD, MPHst

 

Références:

D. Hien, K. R. Dabiré, B. Roche, A. Diabaté, S. R. Yerbanga, A. Cohuet, B. K. Yameogo, L-C. Gouagna, R. J. Hopkins, G. A. Ouadraogo, F. Simard, J-B Ouadraogo, R. Ignell, T. Lefèvre. Plant-mediated effects on mosquito capacity to trnasmit human malaria, PLOS Pathogens, 2016. http://journals.plos.org/plospathogens/ DOI :10.1371/journal.ppat.1005773.s011

Copyright de l'image: Marko Knuutila/flickr/ CC BY

La dernière fois mis à jour le 22.09.2016.

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