Contre-essais cliniques sur fonds publics

12.11.2015
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Si les soins de santé et leur organisation s'imposent comme des biens publics sous la coupe régalienne des pouvoirs publics, la recherche et le développement des techniques et des produits de santé restent sous le bon vouloir des firmes pharmaceutiques. Les produits de santé, éléments clefs des soins de santé, échappent donc techniquement aux autorités publiques - les conséquences.

De plus en plus, l’utilité de certains médicaments et dispositifs médicaux ne cesse d’être remise en cause par les professionnels de santé et des sociétés savantes indépendantes. En cause, le flou les voilant, la constatation en situation clinique d’un manque d’efficacité, d’une efficacité relative sans réel apport, d’une récurrence d’effets indésirables sévères ou  graves,  d'une économicité intenable etc. Ces produits aux efficacités, au mieux incertaines,  continuent d'inonder le marché tant la complaisance des autorités de régulation pharmaceutique reste inégalée. 

Pour la mémoire

Le commun des mortels se souvient encore des affaires scandaleuses du MEDIATOR® (benfluorex), de l’ACOMPLIA®(rimonabant), du VIOXX®(refecoxib), les vaccins (vaccins et scepticisme) etc. La revue prescrire continue toujours de tirer la sonnette d’alarme sur le TAMIFLU®( oseltamivir). Par ailleurs, en 24 ans (de 1981 à 2004) de cotation des nouveaux médicaments par la Revue Prescrire, seulement 10% des 3096 spécialités évaluées ont un interêt admissible en pratique clinique (avec les niveaux de cotation dénommés  bravo, interessant, apporte quelque chose) contre 90% sans utilité appréciable (de niveau de cotation désigné éventuellement utile (15.08%), n'apporte rien de nouveau (68.12%), pas d'accord (2.81%), la rédaction ne peut se prononcer (4.07%) ).

Les essais cliniques sur fonds publics

Même en l'absence de tout conflit d'interêt, l'évaluation de l'efficacité et de la qualité des produits de santé soumis à l'appréciation et approbation des autorités de règlementation pour la mise sur le marché reste toujours partielle. Et les firmes pharmaceutiques peuvent toujours truquer les données , camoufler les zones d'ombres, revendiquer ce qui n'est pas , insérer des données trompeuses...

C'est en pratique clinique que les voiles tombent - dificilement parce que les firmes vont tout miser , corrompre  les chercheurs et décideurs, apporter encore des données inédites usurpatrices - les années passent, les victimes se multiplient. 

D'où la neccessité que des fonds publics soient alloués à la recherche en pratique clinique afin de trancher sur de tels cas, prévenir d'éventuels scandales pharmaceutiques et optimiser les soins de santé. 

Evidence de l'apport des essais cliniques sur fonds publics

Les essais cliniques financés par des fonds publics, conduits par des cchercheurs indépendants au service de la fonction publique,  sont incountournables à plus d'un titre car ;

L'avenir des essais cliniques sur fonds publics

Il reste intimément lié à leur utilité (choix judicieux des thématiques à fort impact sur la pratique clinique), leur qualité (en suivant les démarches rigoureuse en la matière), la transparence sans équivoque des données générées (devant être accessibles au grand public).

Des pays européens l'y ont déjà tiré des bénéfices indéniables pour l'efficacité et la sécurité des soins en santé. Ce sont des exemples à suivre, et les gouvernements devraient faire du financement public de la recherche un point visible dans la loi de finance, sous peine d'autoriser au mieux l'ingurgitation massive de placebo,  au pire des toxiques de l'industrie pharmaceutique. Recemment, contre le flou autour des produits de santé, l'Organisation Mondiale de la Santé appelle à faire des résultats de la recherche clinique des données accessibles au grand public. En tout état de cause, la police sanitaire devra défendre honorablement son devoir ,et les experts et chercheurs leur déontologie professionnelle. 

Dr KONATE Boureima

Pharmacien, PharmD 

Copyright de l'image: AnsonLu, Thinkstock

La dernière fois mis à jour le 01.03.2016.

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