Le programme SARA/OMS: des données de l'enquête au Burkina Faso

02.07.2015
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SARA (Service Availability Readiness Assessement) est un modèle de méthodologie et d'outils pour l'évaluation et le suivi des systèmes de santé élaboré par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). SARA permet de générer des données à même de faciliter la planification et la gestion d'un système de santé. Pour la 2ème fois, le Burkina Faso scrute son système de santé et livre quelques données.

Le 29 juillet 2015, le Ministère de la Santé du Burkina Faso a rendu public les résultats de l'enquête nationale sur les prestations des services de santé et la qualité des données sanitaires calquée sur l'outils SARA au cours d'un atelier réunissant les partenaires techniques et financiers, les acteurs du système de santé et les membres de la société civile. 

Cette 2ème enquête SARA concernant l'année 2014, et après celle de 2012, vient confirmer que le Burkina Faso se soucie de son système de santé et épouse ce guide de l'OMS devenu un outils indéniable pour la conduite et  l'atteinte des objectifs de son Plan National de Développement Sanitaire (PNDS).

L'enquête SARA  a porté sur l'étude structurelle et opérationnelle de 780 établissments de santé et  a permis de diagnostiquer divers problèmes et problématiques du système de santé Burkinabè, et de reformuler et formuler des stratégies de politique sanitaire plus adéquates. Pour naviguer dans cet autre  système de santé du sud , souffrant d'une certaine incohérence et d'inconsistance, il faut tenir un tableau de bord bien parametré. 

Ainsi avec l'usage de l'approche SARA, cette 2ème enquête nationale sur les prestations des services de santé et la qualité des données sanitaires  a défini un ensemble d'indicateurs traceurs du système de santé afin d'évaluer la disponibilité, la capacité opérationnelle et la qualité  des services de santé au Burkina Faso. Ces indicateurs portent sur la disponibilité du personnel de santé, des infrastructures sanitaires, des équipements de base, des produits essentiels de santé;  la capacité opérationnelle des formations sanitaires à offrir des soins de santé de base et spécifique notamment ceux relatifs à la planification familiale, aux soins obstétricaux, néonaux, la prise en charge des cas de VIH, de tuberculose, de paludisme et de certaines maladies non transmissibles ; le recours aux concultations externes , la qualité des données sanitaires...

Comparativement au rapport 2012 de l'enquête nationale sur les prestations des services de santé, le ministère de la santé annonce une hausse de 3 points de la capacité opérationnelle générale des services de santé en 2014, notamment pour les programmes de santé de la mère  et du nouveau-né.

En 2012, la capacité opérationnelle générale de l'ensemble de 680  formations sanitaires enquetées étaient de 67% avec des disparités notables. Les moyens de disgnostic et la disponibilité des médicaments essentiels avaient les plus faibles scores moyens avec respectivement 45% et 48% au niveau national. Le nombre de lits d'hospitalisation et le nombre de professionnels de santé de base pour 10 000 habitants était de loin très en déça des recommandations de l'OMS ( respectivement 15 lits  vs 25 et 9.4 vs 23). Un point positif mais mitigé serait le nombre de lits pour 1000 femmes enceintes qui était de 12 , au-dessus de 2 points de la recommandation OMS ( 10 pour 1000). La mortalité maternelle reste encore trop élévée au Burkina Faso ( 654 décès pour le seul dernier trimestre de 2013).  

Si dans les bureaux des améliorations sont à saluer au vu des chiffres, le manque de la complétude des données sanitaires voilent en partie la qualité de ces enquêtes et surtout la réalité sur le terrain: le patient burkinabè n'a pas que mal de son mal pathologique, il a surtout mal de son système de santé dont tout recourt est synonyme de problème supplémentaire de santé. La lenteur des interventions, l'exiguité et l'insalubrité des infrastructures, les pénuries incessantes des produits de santé, l'absence ou l'insuffisance de couverture sociale ( mutuelles , assurances, indigénat) etc. sont tant d'insuffisances décriées par la population des décénies durant. On en veut pour preuve le service de traumatologie et des urgences médicales du Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo (CHUYO) où tout manque: des blessés gisant à même le sol dans leur sang sans assistance urgente du personnel de santé pour diverses raisons ( manque de kits d'urgence, insuffissance de lit  et d'équipement hospitalier...).

Mais, l'espoir est permis, surtout si les autorités de santé mettent encore du sérieux dans la conduite des programmes et politique de santé.  

Dr KONATE Boureima

Pharmacien

 

Copyright de l'image: Jeff Attaway/Flickr/CC-BY

La dernière fois mis à jour le 10.07.2015.

2 note(s) (5 ø)
1022 Consultations
Médecine, Pharmaceutique
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invité
En dépit de toutes ces insuffisances, le système de santé du Burkina Faso reste un exemple dans la sous - région ouest africaine, non seulement en terme de qualité du personnel, mais aussi en terme de couverture sanitaire et de la l'efficacité des programmes d'intervention. Ainsi, le Burkina Faso a pu éradiquer la poliomyélite, le ver de guinée, baisser la prévalence du VIH/SIDA... Cependant, le Burkina Faso n'a pas encore un centre de radiothérapie des cancers, et la prise en charge des cancers ( diagnostic, chirurgie, chiomiothérapie) est encore à son balbutiemment. La démission croissante de la fonction des public des pharmaciens donnent un coup dur à l'approvisionnement pharmaceutique et à l'usage sécuritaire des produist de santé dans les hôpitaux publics.
#1 à 10.07.2015 de invité
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