Ebola: deux espoirs une inquiétude

03.03.2015
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L’épidémie de la Maladie à Virus Ebola (MVE) débutée en décembre 2013 en Guinée- Conakry a tenu en haleine le monde entier et les institutions sanitaires internationales durant toute l’année 2014. Les multiples et fastidieux efforts de sensibilisation et de prévention de la MVE ont conduit à une baisse importante des nouveaux cas en fin 2014.

 Au compteur des victimes directs de la MVE en fin Février 2015, c’est 9 700 décès sur 24 000 cas d’infections.

 

L’inquiétude à propos d’Ebola

Pendant que la sérénité s’installe à propos de cette virulente maladie, en raison d’une baisse importante des nouveaux cas dans les 03 pays épidémiques, en Sierra Léone l’épidémie refait surface. Début Mars 2015, des poches de propension y ressurgissent, avec l'anecdotique et inquiétante auto-mise en quarantaine le temps de la période d'incubation de 21 jours du Vice- Président de la Sierra Léone, Samuel Sam - Sumana. Cela est consécutif à la mort d'un de ses gardes de coprs des suites de la MVE. La riposte n'a pas tardé, et des quartiers ont été remis en quarantaine, avec des restrictions de mode de vie, et surtout l'interdiction des activités maritimes de 18H00 à 7H00.

Et pourtant, en début janvier 2015, la campagne 0 cas Ebola en 60 jours avait été lancé par les 04 pays riverains du fleuve Mano à savoir les 03 pays épidémiques (Guinée, Libéria et Sierra Léone) et la Côte d’Ivoire; ce afin de booster Ebola hors des frontières. Cette campagne semble réussir en Guinée, du moins dans les camps d’isolement et de traitement de Médecin Sans Frontière (MSF) où aucun nouveau cas n'a été enregistré depuis 42 jours.

 

L’espoir d’un traitement curatif anti-Ebola, le favipiravir

Annoncé dès le début de l’épidémie, le favipiravir, l’antiviral du laboratoire japonais Toyama Chemical, semble donner des résultats prometteurs en phase clinique. Depuis le 17 décembre 2014, les essais thérapeutiques se mènent en Guinée par l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) de France. Au total, 80 adultes et adolescents ont été enrôlés dans cette phase d’évaluation clinique. Le favipiravir induit une baisse de la charge virale, la réduction du nombre de décès et la rémission relativement rapide des patients infectés.

 

L'espoir d'un vaccin préventif anti-Ebola, le prime-boost

Les essais cliniques de phase I d'un vaccin combiné « prime-boost » du Laboratoire Janssen du groupe Johnson Johnson débutés au Royaume unis en janvier 2015 offrent des résultats préliminaires forts encourageants. Cette étude clinique menée sur 72 patients est conduite par Oxford Vaccine Group de l’Université d’Oxford. D'autres études sont attendues aux états unis et en Afrique avec le même vaccin - candidat, prime-boost.

Cette phase I d’essais clinques évalue la sécurité et la tolérance du vaccin –candidat. Il a été  découvert en partenariat avec la National Institute of Heath (NIH), et repose sur la stratégie appelée « prime-boost » ou « amorce –stimulation », combinant deux technologies celle AdVac® de crucell et celle MVA-BN®.

Le vaccin combiné prime-boost anti-Ebola est fait de deux doses: une 1ère dose pour amorcer le système immunitaire, et une 2ème dose pour stimuler le système immunitaire.

Le laboratoire Janssen projette de produire 400 000 doses d’ici Avril 2015, dont 250 000 doses sont nécessaires pour les essais cliniques ; et 2 à 5 millions doses d’ici 12 à 18 mois si les résultats des essais cliniques en cours sont concluants.

A la demande de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une modélisation de la London School of Hygiene and Tropical Disease (LSHTD) fixe à 100 000 , les doses nécessaires pour l’immunisation des professionnels de santé de première ligne, et à 12 millions le nombre de doses nécessaires pour assurer la vaccination à grande échelle dans les pays affectés par l'épidémie de la MVE.

 

" Ebola Consortium"  pour  " EBOLA+"

Le financement, la recherche médicale et les activités de sensibilisation sur le terrain requièrent des efforts conjugués des laboratoires leaders, des institutions gouvernementales, des organisations non gouvernementales et des bailleurs de fonds.

" EBOLA+" est un programme de 8 projets destinés au développement, à la fabrication et à l'élaboration et l'application de méthodes et technologie de sensibilisation des populations autour de la vaccination anti-Ebola.

« Ebola consortium » a été mis en place à l’initiative de « Johnson and Johnson » autour de 04 projets (dont l'accéleration des essais cliniques de phase I,II, III et la sensiblisation des patients à l'aceptation de la vaccination).

" Ebola Consortium"  a reçu 100 millions d’EURO de « Initiative pour les médicaments innovants (IMI) ». D’autres entités ont mis subventionné IMI pour Ebola Consortium. Ce sont:  la « Fédération Européenne des associations de l’industrie pharmaceutique FEAIP », et Horizon 2020 (programme de recherche et d’innovation de l’union européenne), Grameen Foundation, World Vision of Ireland… Les laboratories oeuvrant dans Ebola Consortium sont Institute School of Hygiene and Tropical Disease, INSERM, BAVARIAN NORDIC A/S…

La bataille contre Ebola n'est pas encore terminée, ni gagnée. Les pays touchés ont encore besion de soutiens techniques et financiers pour relancer leur économie et mettre à niveau leur système de santé. C'est l'objectif de la " Conférence de haut niveau sur  Ebola"  à Bruxelles, ce mardi 03 mars 2015.

Dr KONATE Boureima

Pharmacien

Copyright de l'image: NIAID/flickr

La dernière fois mis à jour le 05.03.2015.

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