Les antidiabétiques oraux versus insuline : le choix est fait

05.01.2015
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Le diabète de type 2 est le type le plus courant des diabètes avec 90% des cas dans le monde. Le diabète est un problème majeur de santé publique. L'Organisation Mondiale de la Santé estime qu'entre 2005 et 2030, le nombre de diabétiques va doubler.

En 2014, la prévalence était de 347 millions dont 80% des diabétiques vivent dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Le traitement médicamenteux repose sur l'insuline (INS) et les antidiabétiques oraux (ADO), associés impérativement à des mesures hygiéno-diététiques. 

Il y a belle lurette les ADO étaient sur la risée des diabétologues du fait de leur présumée mauvaise tolérance. De nos jours, des études de cohorte plus fiables lèvent la controverse. Il apparaît que le risque de décès des patients traités par injection d’insuline est 5 fois plus élevé que celui de la population normale, alors que le risque des patients traités par les antidiabétiques oraux n’est pas différent des sujets non diabétiques.

Cette cohorte a été menée par l’équipe du Professeur  Jean Ferrières dans l’unité Inserm Épidémiologie et analyses en santé publique : risques, maladies chroniques et handicap, de l’Université Toulouse III. Ces chercheurs ont évalué l’impact au long court  des antidiabétiques oraux sur plus de 3 000 personnes et avec un suivi sur 14 ans.

Ces résultats corroborent les nouvelles recommandations et bonnes pratiques de prise en charge du diabète de type 2.

Cette cohorte témoigne qu’il faut privilégier en sus des règles hygiéno-diététiques complémentaires les ADO avec un long recul dont l’innocuité est prouvée. Quant à l'usage des insulines, il convient de s'en tenir aux indications appropriées.

Voilà qui devrait attirer l'attention des prescripteurs quant aux critères d'élligibilité des diabétiques à l'utilisation de l'insuline. Un laissé-allez peu vite s'installer dans les banques d'insulines fort salvatrices dans les pays du sud où l'accès à cette molécule reste cauchemardesque, comme au Burkina Faso

Quid de ces antidiabétiques oraux

Ils sont de diverses classes pharmacologiques à savoir les sulfamides hypoglycémiants de 1ère et de 2ème génération ; les biguanides ; les glinides ; les glitazones ; les incrétinomimétiques ; les inhibiteurs de la DPP-4 ; les inhibiteurs de l’α-glucosidase…

Glycémie et déclin cognitif

Dans le diabète, le contrôle de la glycémie est l’objectif thérapeutique majeur, le seul à permettre une amélioration et un maintien de la qualité de vie des diabétiques.

A ce titre, l’on sait déjà que le diabète de type  2 augmente le risque de démence.  Mais une autre conséquence inédite du diabète de type 2 non contrôlé est le déclin cognitif, ceci en rapport direct avec la glycémie. C’est ce qu’a pu démontrer en clinique l’équipe d’Archana Singh-Manoux au CESP de Villejuif. Elle a comparé les performances cognitives chez 5 653  personnes de la cohorte Whitehall  II (Établie en 1985, elle rassemble 10 308 fonctionnaires britanniques). Elle a ainsi déterminé que le risque sur dix ans de déclin cognitif est accéléré chez les quinquagénaires avec un diabète de type 2 et qu’il   dépend à la fois de la durée de la maladie et du mauvais contrôle de la glycémie.

Autre maladie de pléthore, la prise en charge du  diabète de type 2 est multifactorielle, multidisciplinaire et budgétivore tant pour le patient que les mutuelles, assurances et la santé publique. Le contrôle de la glycémie améliore le pronostic vital, et les ADO y sont mieux efficaces et plus tolérés.

Que dire des médicaments traditionnels améliorés ? La pharmacopée traditionnelle africaine reste un socle incontestable qu’il faut solder en l'occurrence.

Dr KONATE Boureima, Pharmacien

 

Source :

E. Bérard et al. PloS One,21 avril 2014. doi : 10.1371/journal.pone.0095671

R. H. Tuligenga et al. lancet Diabetes endocrinol, mars 2014 ; 2 (3) : 228-35

Copyright de l'image: CC BY

Copyright de l'image: Victor/flickr

La dernière fois mis à jour le 20.01.2015.

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