Rosuvastatine : une piste thérapeutique dans le nanisme et la dégénérescence articulaire

16.12.2014
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Dans l’investigation d'autres effets pharmacologiques, par sérendipité ou non, des chercheurs de l'université de Kyoto ont fait le constat que la rosuvastatine pourrait stimuler la prolifération des chondrocytes chez des rats nains. Ce qui augure d'importantes pistes thérapeutiques.

La rosuvastatine fait partie de la famille pharmacologique des statines, médicaments hypolipémiants, indiqués dans les hypercholestérolémies et chez les patients à haut risque cardiovasculaire.

Au plan pharmacodynamique,la rosuvastatine est un inhibiteur sélectif et compétitif de l'HMG Co-A réductase, enzyme responsable de la biotransformation du 3-hydroxy-3-méthylglutaryl coenzyme A en mévalonate, précurseur du cholestérol. Aussi, la rosuvastatine augmente le nombre de recepteurs LDL hépatique ( Low Density Lipoprotein), augmentant la capatation du LDL-Cholestérol, et renforçant son catabolisme. Il inhibe par la même la synthèse hépatique des VLDL ( Very Low Density Lipoprotein), reduisant le nombre de particules VLDL et de LDL.

Prolifération des chondrocytes par la rosuvastatine !

C'est une donnée nouvelle, ouevre de la curiosité de l'équipe du chercheur Noriyuki Tsumaki de l'université de Kyoto. Cette étude est parue dans la revue " Nature " du 25 septembre 2014.

L'injection de la rosuvastatine aux souries atteintes d'hypochondroplasie, une forme de nanisme,  a induit une croissance osseuse comparativement aux témoins. A contrario, chez les souris normales, ne souffrant d'aucune anomalie de croissance, l'injection de la rosuvastatine ne fait aucune différence en terme de croissance osseuse entre souris-témoin et souris-test.

L'hypochondroplasie est une maladie osseuse d'origine génétique, de transmission autosomique dominante, touchant le gène FGFR3, et  marquée par un retard de croissance statural évoluant de la pétite enfance à la puberté. Chez cette catégorie de nains, le gène codant pour le facteur de croissance FGFR3 est anormal.

Ces essais précliniques sur la rosuvastatine suggèrent qu'elle permet de limiter les effets délétères de la protéine mutante du FGFR3.

Au vu du mécanisme physiologique de la croissance osseuse impliquant le cartilage et les chondrocytes , la rosuvastatine pourrait stimuler la prolifération des chondrocytes et la production de cartilage chez les personnes souffrant d'hypochrondroplasie. De fait, la rosuvastatine pourrait avoir une possible efficaité dans le traitement de l'hypopchondroplasie chez l'homme. En attendant les essais cliniques, il reste que l'hormone de croissance y a prouvé son efficacité dans  certaines études cliniques.

Autre espoir sur la rosuvastatine, les douleurs articulaires !

Les douleurs articulaires sont les signes d'un désordre dégénératif du cartilage articulaire d'origine génétique ou traumatique. Les chondrocytes sont l'unique élément cellulaire du cartilage articulaire. Ils produisent les molécules essentiels du cartilage articulaire dont le collagène de type II, les protéoglycanes et l'acide hyaluronique.

En Belgique, plus de 3 millions de personnes souffrent d'une dégénérescence du processus articulaire, parquée par des douleurs chroniques aux solutions thérapeutiques insatisfaites.

A l'image de l'aspirine, beaucoup de molécules thérapeutiques ont certainment diverses propriétés pharmacologiques voire thérapeutiques, que les chercheurs en santé se devraient d'investiguer. Encore faut-il oser, emprunter des pistes insolites afin de donner une nouvelle génération à nos médicaments. Alors, que nous reserve la rosuvastatine ?

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Dr KONATE Boureima, Pharmacien

Copyright de l'image: DTKUTOO/thinkstock

La dernière fois mis à jour le 22.12.2014.

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