Anastrazole dans la chimioprévention du cancer du sein postmenopausique

02.06.2014
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Une étude internationale, en double-aveugle, randomisée dans 18 pays contre placebo rapporte des résultats forts prometteurs estimés à 50% avec Anastrazole dans la prévention du cancer du sein chez des femmes ménopausées à haut risque de développer cette maladie.

L’Anastrazole est un inhibiteur des aromatases lesquelles interviennent dans la synthèse des estrogènes. La baisse de l’estrogénémie réduit la croissance du cancer du sein. Tout comme le Létrozole et les inhibiteurs non stéroïdiens des aromatases dont l’Exémestane, l’Anastrazole est indiqué dans le cancer du sein  à récepteurs oestrogéniques positif (RE+) chez la femme ménopausée, en adjuvant, soit d’emblée, soit  en relais du Tamoxifène à un stade précoce ou avancée, ou en cas d’échec d’un anti-estrogène.

Ce présent essai clinique enregistré sous le numéro ISRCTN31488319, apporte des raisons de croire en l’efficacité de l’Anastrazole dans la prévention du cancer du sein et des tumeurs malignes associées chez les femmes ménopausées qui présent un haut risque.

Selon les dernières statistiques du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) publiés en décembre 2013, l’incidence des cancers  a atteint 14.1mililions de personnes avec 8.2 millions de décès annuellement. Le cancer du sein reste le premier cancer féminin. Son incidence a augmenté de 20% depuis 2008 et sa mortalité de 14%. En 2012, plus de 6.3 millions de femmes vivaient avec un cancer du sein diagnostiqué au cours des cinq dernières années, avec 1.7 millions de nouveaux cas en 2012 et 522 000 décès chaque année. Au su de ce grand problème de santé publique, la priorité devra être accordée à la prévention, sans exclure l’urgence de la prise en charge des femmes souffrant de ce cancer !

Et, la présente étude évaluant l’efficacité de l’Anastrazole sied dans cette optique.

La population éligible à l’étude était composée de femmes ménopausées âgées de 40 à 70 ans qui présentait un haut risque de développer un cancer du sein post-ménopausique. Le risque de haut d’occurrence de cancer du sein chez chacune des femmes était jugé sur des critères spécifiques. Les femmes ont été enrôlées du 2 février 2003 au 31 décembre 2012 dans 18 pays, et randomisées en groupes de 6, 8 ou 10. Les femmes du groupe-test ont reçu quotidiennement 1mg d’Anastrazole durant 5 ans. Quant au groupe-témoin, les femmes y recevaient un placebo au quotidien durant  5ans.  Au total 3864 femmes ont participé de leur plein à ces essais cliniques dont 1920 du groupe-Anastrazole et 1944 du groupe-placebo.

Les cliniciens, investigateurs n’avaient donc aucune connaissance de la prise ou non d’Anastrazole ou de placebo par leur population d’étude et les femmes enrôlées ne savaient aucunement dans groupe elles étaient. 

Le diagnostic du cancer du sein était basé sur des analyses anatomopathologiques sur les tissus mammaires prélevés chez les femmes participant.

Avec un intervalle médian de 5 ans de traitement (3.0 – 7.1), respectivement 2% et 4% du groupe-Anastrazole et du groupe-placebo ont développé un cancer du sein. Le risque prédictif de l’incidence du cancer du sein après 7 ans de monitoring est respectivement de 5.6% et 2.8% pour le groupe-placebo et le groupe-Anastrazole. Dans le groupe-Anastrazole, 18 décès sont survenus contre 17 dans le groupe-placebo. Aucune cause spécifique et significative de cette mortalité ne distingue les deux groupes. Et la mortalité des femmes sous Anastrazole exclue en l’occurrence tout effet secondaire justiciable de la déplétion du taux des estrogènes provoquée par l’Anastrazole.

Ces résultats montrent in fine que l’Anastrazole prévient l’occurrence du cancer du sein post-ménopausique chez des femmes à hauts facteurs de risques dans près de 50% des cas (2.8% : 5.8%).

En l’absence de biais et de conflits d’intérêts inavoués like-Tamiflu®, ces conclusions sont promeuteuses d’autant que le cancer du sein inflige d’importantes dépenses en santé tant pour les budgets des gouvernements que les familles, sans sous-estimer la dépression morale des femmes atteintes et la stigmatisation qui en découle.

Les prévisions épidémiologiques sont alarmantes. L’incidence, tout cancer confondu, va grandissant au rythme du vieillissement de la population, l’élévation du niveau de vie, l’incidence croissante de l’obésité et le changement des habitudes de vie telle la sédentarité, l’alimentation à risque, le manque d’activité physique, l’âge avancé de la première grossesse et le recule de l’allaitement au sein. Pourtant, un minimum de prise de conscience et d’hygiène de vie a un impact considérable dans la prévention des cancers, notamment celui du sein. Des traitements préventifs s’avèrent opportuns et salvateurs pour les femmes ménopausées  à haut risque afin d’infléchir l’incidence progressive du cancer du sein dans le monde.

L’on peut en espérer de l’Anastrazole.

≠≠≠ Funding: Cancer Research UK, the National Health and Medical Research Council Australia, Sanofi-Aventis, and AstraZeneca. ≠≠≠

 

Dr KONATE Boureima, Pharmacien

……….

Sources :

1. J.Cuzick, I.Sestak, J.F Forbes and all. Anastrazole for prevention of breast cancer in high-risk postmenopausal women (IBIS-II): an international, double-blind, randomized placebo-controlled trial. Lancet, Vol 383, March 22,  2014.www.thelancet.com

2. CIRC/OMS. Communiqué de presse n°223 du 12 décembre 2013.www.globocan.iarc.fr

3. Anastrazole (Arimidex®) en traitement adjuvant du  cancer du sein. La Revue Prescrire n°343 MAI 2012, p341.

Copyright de l'image: Bruce Wetzel and Harry Schaefer, National Cancer Institute

La dernière fois mis à jour le 23.06.2014.

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