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Thérapie contre le cancer : on en arrive au chien

Le bichon frisé nommé Oscar et âgé de 10 ans était atteint d'un adéno-carcinome du sac anal. Cette sorte de cancer particulièrement grave aurait dû condamner le mâle à ne pas vivre plus de 3 mois. Malgré ce pronostic, le chien était encore en vie après 5 autres années – ceci avec une bonne qualité de vie.

Un cheval de Troie non reconnu

Le propriétaire désespéré n'avait pas voulu faire piquer son chien après que tous les essais de thérapie aient échoué et qu'il se soit adressé au Taussig Cancer Institute à Cleveland. Joseph Bauer, à cette époque scientifique au Clevelands Clinic's Center for Hematology & Oncology Molecular Therapeutics, avait envoyé au vétérinaire du chien un médicament contre le cancer non autorisé dans le cadre d'une étude expérimentale. Deux autres chiens ont depuis bénéficié du médicament nitrosylcobalamin (NO-Cbl).
NO-Cbl agit selon le principe du cheval de Troie en liant aux récepteurs de la vitamine B12 à la surface cellulaire. Les cellules cancéreuses nécessitent beaucoup de vitamines B12 pour leur division cellulaire rapide et ont de ce fait beaucoup de récepteurs de la vitamine. Si l'effet de la vitamine B12 est bloqué, le processus potentiellement mortel de multiplication des cellules cancéreuses est interrompu.
La tumeur du chien régressa de 43% après 15 mois de thérapie journalière avec le NO-Cbl. Les premiers résultats étaient déjà visibles après 2 semaines de traitement. La thérapie de 10 mois d'un autre chien sur le point de mourir d'un cancer de la thyroïde permit de réduire la tumeur de 77 %. Une tumeur de la gaine d'un nerf périphérique d'un autre animal fut réduite de 39 % après trois-quarts d'année, rapporta Bauer lors de la rencontre nationale de la American Chemical Society à Salt Lake City. Selon ses propres données, on n'observa aucun effet secondaire. L'effet antinéoplasique du NO-Cbl intéresse depuis longtemps les chercheurs (PLoS ONE 2007; 2(12): e1313. doi:10.1371/journal.pone.0001313).

Les chiens de préférence

Les chiens se prêtent apparemment beaucoup mieux aux études sur les principes actifs pour le cancer que les souris. Les tumeurs sont la plupart du temps induites chez les souris par manipulation génétique. Les chiens développent par contre spontanément un cancer, comme c'est aussi le cas chez les humains. Les chiens sont aussi génétiquement plus proches des hommes que les souris et de surcroît exposés aux mêmes conditions écologiques. Avec les agents chimiothérapiques expérimentaux, on atteint souvent des taux de réponse de 80 % ou plus chez les souris. Ces résultats tombent malheureusement à 10-15 % chez les humains, explique Bauer.
Le terrain de recherche semble être toutefois si prometteur que le U.S. National Cancer Institute a créé le Comparative Oncology Program pour étudier des agents chimiothérapiques de manière ciblée chez les chiens. De plus, il existe depuis 2007 la première banque américaine de tissus pour les chiens rassemblant des échantillons de tissus et de sang de chiens atteints de cancers.

Si le chien est en bonne santé, l'homme est content

Le groupe d'étude autour de Bauer mène actuellement des recherches avec 10 chiens malades. Ils vont être traités et observés pendant un an avec l'aide de leur vétérinaire. Les résultats doivent finalement préparer le terrain pour des études de Phase I sur l'homme. Les chercheurs et les vétérinaires se plaignent que la plupart des médicaments anticancéreux pour les chiens et autres animaux domestiques ont été développés dans les années 50. Il existe donc des différences considérables entre les thérapies cancéreuses chez le chien et chez l'homme. Les études de Bauer profiteront probablement aux deux espèces.

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5 note(s) (Ø 4.4)

Dr. Julia Hofmann

Journaliste médical

Grafing

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Commentaires

  • 2
    30.05.09 - 07:10
    anonymous

    On ne peut porter de jugement de cette façon. La qualité de la vie du chien compte. La souffrance inutile ou utile compte. Les erreurs consistant à confondre un chien avec un petit homme sont fréquentes. La médecine et les sciences vétérinaires consistent à connaître toutes les différences entre les espèces animales et son référent unique (pour le médecin humain) l'homme ou l'enfant.
    Il est utile, nécessaire et obligatoire d'impliquer un vétérinaire chevronné dans le diagnostic et le traitement des animaux. Les raccourcis erronés et les comparaisons abusives sont trop fréquents, sans parler des conclusions erronées. Les analyses doivent être effectuées par un laboratoire spécialisé en médecine vétérinaire et pour l'espèce concernée. Ainsi, la présence d'un vétérinaire est obligatoire dans les animaleries de recherche.
    Une expérience longue et confirmée des maladies du chien est nécessaire si on ne veut pas partir sur des prémisses fausses.
    Les circumanalomes sont très fréquents chez les chiens mâles, après un certain âge, et la plupart ne donnent pas lieu à des issues rapides. On en revient au diagnostic précis.
    Il y a sûrement une demande pour ce genre de traitement, mais il ne faudrait pas assimiler le traitement d'un chien à celui d'une personne, sans prendre d'autre avis. Une adaptation doit inclure la collaboration de praticiens des deux disciplines (équipes pluridisciplinaires des deux médecines impliquant toutes les spécialités nécessaires, y compris un comportementaliste vétérinaire et tenant compte aussi des lois sur le Bien-Être animal).

  • 1
    User_default_image
    29.05.09 - 18:55
    Dr Guy Thysen
    Vétérinaire

    Pas d'acharnement égoïste !

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