Fausse-couche incomplète : attendre en buvant un thé

20. décembre 2011
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Qu'est-ce qui pourrait être pire que de conseiller un curetage sur la base d'un examen échographique à une femme enceinte alors que l'embryon est vivant ? Il est très probable que l’intervalle des mesures échographiques utilisées comme critères habituels de décision concernant la viabilité de l’embryon soit trop étroit. Il est ainsi recommandé d’utiliser maintenant les valeurs limites indiquées dans cet article.

L’étude échographique des grossesses précoces doit apporter une indication claire sur le fait que la grossesse soit évolutive ou pas. Les valeurs indiquées dans la littérature pour le diamètre du sac gestationnel (SG) et la longueur céphalo-caudale (LCC) se situent entre 13 et 25 mm (SG) et/ou entre 3 et 8 mm (LCC).

Taux de faux-positifs dans le diagnostic de l’avortement spontané

Yazan Abdallah et ses collègues étudièrent ainsi le taux de faux-positifs dans le diagnostic des fausse-couches chez 1060 femmes ayant une grossesse incertaine. L’incertitude de la viabilité était diagnostiquée s’il était prouvé la présence d’un sac gestationnel vide ou un sac gestationnel avec vésicule vitelline sans embryon avec un SG < 20 mm ou < 30 mm ou un embryon sans battement cardiaque avec une LCC < 6 mm ou < 8 mm.

Sur ces 1060 femmes avec une grossesse débutante incertaine, il s’avéra que chez 473 la grossesse était tout de même évolutive entre la 11ème et la 14ème SA. Chez 587 femmes, elle était non-évolutive. Ainsi, on trouve un taux de faux-positif (TFP) de 4,4 % concernant le diagnostic d’« avortement incomplet », lorsque l’embryon ou la vésicule vitelline semblent absents et que dans le même temps une valeur limite de SG de 16 mm a été utilisée. Le TFP se situa à 0,5% avec un seuil de SG de 20 mm. Il n’y eut pas de faux-positifs si la limite de SG était supérieure ou égale à 21 mm. Avec une vésicule vitelline visible sans embryon, le diagnostic d’avortement incomplet fut faussement positif chez 2,6% des femmes, si le seuil de SG était de 16 mm. Ce n’est qu’avec une valeur de SG supérieure ou égale à 21 mm qu’il n’y eut plus de diagnostics faux-positifs. Si l’embryon était visible, mais sans signe de battement cardiaque, le TFP s’éleva à 8,3%, si un seuil de LCC de 4 mm ou de 5 mm était appliqué. Il n’y eut toutefois pas de résultats faux-positifs avec une valeur de LCC supérieure ou égale à 5,3 mm. Ces résultats montrent que les valeurs habituellement admises sont peu sûres, selon les auteurs. Ils proposent de fixer la valeur seuil pour le diamètre du sac gestationnel à une valeur supérieure ou égale à 25 mm et pour la LCC à une valeur seuil de 7 mm pour réduire au maximum le risque d’un diagnostic faux-positif.

Prendre la décision d’un temps d’attente

Un père nommé Oli décrit très clairement sur internet à quel point la charge émotionnelle des parents est grande lorsque le diagnostic de fausse-couche incomplète est posé. Ce qui est joli dans son histoire est que le jour où sa femme devait subir le curetage, un fœtus vivant avec cœur battant apparut à l’échographie. La meilleure manière, pour éviter qu’à cause de diagnostics faux-positif des fœtus vivants soient éliminés par erreur, est d’attendre. Environ 15 % des grossesses constatées cliniquement prennent fin par une fausse-couche. Les probabilités d’une fin sans complications sont les mêmes qu’un curetage soit réalisé ou qu’on décide d’attendre selon les auteurs Alexandra Molnar et al. de l’University of Washington, Seattle. Ils interrogèrent 75 femmes entre 18 et 45 ans sur le traitement qu’elles souhaiteraient en cas de diagnostic de « fausse-couche incomplète ». 27 des femmes interrogées avaient déjà subi un avortement spontané. Le résultat de l’enquête : 72 % des personnes interrogées se décideraient pour attendre – il n’y eut pas de différence de taux entre les femmes qui avaient déjà subi un avortement spontané et celles qui n’avaient pas eu de fausse-couche. La moitié des femmes indiquèrent toutefois qu’elles choisiraient en cas d’urgence la procédure recommandée par le gynécologue.

Visiblement les femmes qui subissent une grossesse non-évolutive ne souhaitent pas non plus – après le premier choc- que tout cela « soit derrière elles le plus vite possible ». Beaucoup de femmes souhaitent apparemment quand même attendre un achèvement naturel de la grossesse. En même temps, ce comportement est la meilleure protection contre les conséquences indésirables d’un diagnostic erroné.

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