Alice au pays de Warcraft

5. janvier 2012
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Lors du 49ème congrès annuel de l´ÖGKJ (Österreichische Gesellschaft für Kinder- und Jugendheilkunde, société autrichienne pour la santé de l´enfant et de l´adolescent), dont le thème central était « médecine de l´adolescence », les médecins spécialistes de l´adolescence et de l´enfance mirent en garde contre l'influence négative des jeux vidéo sur la santé des enfants. Ils exigèrent des mesures préventives renforcées.

« Selon une étude allemande de 2009 (étude de Rehbein), plus de 4% des filles et presque 16% des garçons montrent un comportement excessif en rapport avec les jeux vidéo avec plus de 4,5 heures d’utilisation quotidienne », rapporte le président du congrès de l´ÖGKJ l´Univ. – Prof. Dr Robert Birnbacher. 3% des garçons et 0,3% des filles sont diagnostiqués dépendants aux jeux vidéo et plus largement 5% des garçons et 0,5% des filles comme menacés. Ces nombres sont aussi utilisables pour les enfants et adolescents d’autres nations occidentales.

Comment naît la dépendance aux jeux vidéo ?

Les conditions d´apparition de la dépendance aux jeux vidéo sont multiples et doivent être vues comme un effet conjoint entre les caractéristiques propres de la personnalité de l’enfant/adolescent et les qualités inhérentes au jeu vidéo lui-même. « Je voudrais toutefois par avance avertir que de plus en plus de jeux, qui ont sans hésitation été classés « pour enfant » par les éditeurs, causent aussi des problèmes psychiques chez les utilisateurs enfants ou adolescents », selon Birnbacher, directeur du service de santé de l´enfant et de l´adolescent de l´hôpital de Land de Villach. Les problèmes de dépendance en rapport avec les jeux vidéo reposent sur des causes multifactorielles, de façon semblable à d´autres dépendance. Du point de vue de la personnalité de l’utilisateur, les expériences traumatisantes, les facteurs de mises à l´épreuve nerveuses et les traits de caractère particuliers jouent un rôle à côté des aspects motivants du jeu. Toutefois le choix des jeux vidéo y contribue aussi, puisque ceux-ci ont différents modèles de récompense, de format de jeu, de sanction des échecs, d´union avec d´autres joueurs et de lien avec le personnage du jeu et montrent aussi indépendamment du personnage du joueur un effet d´amplification des réactions.

En particulier, le jeu électronique « World of Warcraft » montre un potentiel de dépendance clairement plus important que d´autres jeux. La durée de jeu quotidienne s’élève à presque quatre heures chez les garçons, parmi lesquels 36% jouent plus de 4,5 heures par jour. « 20% des garçons risquent la dépendance ou sont déjà dépendants », avertit Birnbacher. Un autre danger vient aussi de ce qui est appelé le cyberharcèlement. Les concernés sont humiliés en ligne par la publication de photos intimes, mensonges, insultes ou de messages censés être personnels tournés au ridicule. Selon une étude américaine, la moitié des jeunes américains entre 14 et 24 ans sont déjà été victimes de cyberharcèlement.

Comment se manifeste la dépendance aux jeux vidéo ?

Les liens existants et démontrables entre dépendance aux jeux vidéo et indicateurs de stress psycho-social font partie des caractéristiques des manifestations de cette addiction et montrent un parallèle à d’autres dépendances pathologiques. « Les garçons développent plus fréquemment que les filles une durée d´utilisation excessive et une dépendance psychique aux jeux vidéo», avertit Birnbacher. Cela pourrait être dû, selon les études, au fait que les garçons montrent une impulsivité plus élevée et une acceptation plus facile de la violence. Chez les jeunes qui présentent une dépendance à l´ordinateur, un effondrement de leurs résultats scolaires et des absences qui se multiplient se manifestent souvent ; ils sèchent les cours, craignent l´école, sont moins aptes à juger de leur propre efficacité et ont des occupations extérieures irrégulières, ces dernières étant aussi marquées par le peu de déplacements générés. Pour de nombreux jeunes, – conformément à d’autres maladies liées aux dépendances – un événement traumatisant passé a une certaine importance étiologique. De plus, l´utilisation compensatoire de jeux électroniques doit être particulièrement considérée en cas de problèmes et d´échecs prouvés dans la vie et dans le contexte social, car durant ces phases, l’abus des jeux électroniques est intensifié.

Il y a actuellement peu d´offres de traitement et de consultation pour les dépendances aux jeux électroniques. En outre, le danger existe que des diagnostics alternatifs soient donnés, comme par exemple « des problèmes d’adaptation », « des dépressions » ou « des troubles de la personnalité », ce qui peut amener les patients vers un traitement peu adapté, conduisant à une stigmatisation des concernés et à un déplacement du problème réel de la potentielle addiction aux jeux électroniques hors du champs d´étude. À cet égard, l´American Medical Association a déjà appelé le monde entier à examiner plus précisément les dépendances à Internet et aux jeux vidéo, pour décider si les signes cliniques de cette maladie peuvent être pris en compte dans la prochaine révision du DSM (=Diagnostic and Statistical manuel of mentalement Disorders) 2012.

Il faut faire attention au potentiel de dépendance

« Il faut exiger que, dans le cadre de la protection de la jeunesse face aux médias, le niveau du potentiel de dépendance des différents jeux soit pris en compte lors des tests d’essai, et que les jeux correspondants ne soient accessibles qu´à partir de 18 ans », selon Dirnbacher. En particulier les caractéristiques concernant la légitimation de la violence et la récompense en cas d´utilisation de la force doivent être intégrées avec logique dans l’étude de la classification d’âge, ce qui n’est pas le cas actuellement. L’objectif doit être d’examiner les caractéristiques du jeu par les éditeurs, les joueurs et les parents du point de vue des problèmes de dépendance, en particulier en ce qui concerne les formes de jeux ayant un risque important de générer un temps d´utilisation particulièrement élevé et donc de permettre le développement des addictions.

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2 commentaires:

Les conséquences sociales ( refuge à l’égard des parents), scolaires ( delaissement des études), psycholigiques ( modification de la personnalité )de l’addiction au jeux vidéo ( toujours certaine meme avec un controle parental) sont logiquement catastrophiques. Au délà, des conséquences sanitaires sont prévisibles: l’immobilisme prolongé pouvant générer des flébites et autres pathologies cardiovasculaires, l’effet des écrans d’ordinateur ou de télé sur la vision avec une baissse certaine de l’accuité visuelle, sécheresse des yeux…La reglementation du développement et de l’accès à aux jeux vidéo est sans doute neccessaire. En l’occurrence, il faudrait limiter l’accès au jeux sur internet, développer des jeux à plusieurs joueurs obligatoires.

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infirmière formée en algologie Claudine Angelique
infirmière formée en algologie Claudine Angelique

je pense qu’effectivement un meilleur controle par rapport à la violence dans ces jeux serai nécessaire car trop banalisée pour des ado.en souffrance.

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