Infarctus du myocarde : les érythrocytes prennent les itinéraires bis

5. janvier 2012
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Des artères coronaires bloquées ne déclenchent pas toujours un infarctus. Car, en cas de danger menaçant, des vaisseaux collatéraux peuvent se charger de l'approvisionnement cardiaque. Des scientifiques montrèrent ainsi qu'un réseau de veine bien formé diminue nettement la mortalité.

Les fumeurs, les obèses, les personnes avec une tension élevée ou les diabétiques ont plus de chances de survivre à un infarctus du myocarde que les personnes en bonne santé, chez lesquelles l’approvisionnement du cœur fonctionne mal. Dans la rubrique « les surprises de la médecine », on a récemment trouvé les résultats de John Canto en Floride, qui ont été représentés largement dans les médias. Des médecins et des journalistes spéculent depuis lors sur les causes du risque accru existant pour notre grosse pompe musculaire ainsi que celles qui éviteraient les décès.

Artères bloquées – malgré tout pas d’infarctus

Stefan Engelhardt de la TU München explique que derrière ce phénomène, des collatéraux pourraient se cacher. Ces petits vaisseaux, qui relient des secteurs entre les grandes artères de cœur dans l’épicarde, sont différemment et étroitement liés. Pour quelques patients, ils sont très insuffisants, tandis qu’ils tendent un réseau étroit chez certains autres. Il est toutefois sûr que des stress dans les vaisseaux d’approvisionnement permettent la formation des collatéraux. Des contraintes importantes dans les vaisseaux naissent grâce à l’effort physique et au sport, mais également en cas d’athérosclérose et encouragent le corps à mettre de telles voies de contournement.

Lors des congrès de cardiologues, il y a toujours de nouvelles descriptions de patients qui furent atteints de maladies cardiaques coronariennes (MCC) mais qui ne moururent pas de leur insuffisance cardiaque. Lors de l’autopsie, les médecins trouvèrent alors post-mortem de grandes artères obstruées, sans que cela ne mène jamais à un infarctus. Jusqu’à il y a quelques décennies, beaucoup d’experts croyaient encore que ces vaisseaux coronaires correspondaient à la fin des artères, qui pouvaient certes s’embrancher, mais ne permettaient aucun raccordement à d’autres réseaux d’approvisionnement. Maintenant, il semble plutôt que, les collatéraux ne joueraient pas seulement un rôle important dans le ravitaillement d’urgence, mais aussi dans la protection en cas d’embouteillage sanguin mortel dans la partie centrale.

Le réseau augmente les chances de survie de plus un tiers

Pascal Meier du londonien University College et l’équipe de Christian Seiler de l’Inselspital de Bern ont beaucoup contribué à ce thème cet automne dans une publication dans le European Heart Journal, ce qui permit à ce que de plus en plus de cardiologues s’intéressent aux collatéraux – non seulement en cas de risque important d’infarctus, mais aussi chez des patients avec une maladie cardiaque coronarienne débutante. Les suisses et leurs collègues analysèrent plus précisément 12 études qui rapportaient le lien entre le facteur « mortalité » et un débit collatéral important ou faible. Chez ces près de 6500 patients examinés le risque de décès diminue d’environ 36 pour cent, s’ils disposent d’un système collatéral étendu. Les résultats correspondants chez des patients atteints de maladie cardiaque coronarienne stable, infarctus du myocarde aigu ou subaigu, ne varient que peu. Wolfgang Schaper du Max-Planck-Institut für Herz- und Lungenforschung de Bad Nauheim souligne également dans un commentaire que «la collatéralité coronarienne a un effet positif intéressant ».

Il apparaît ainsi qu’un réseau bien couvrant n’indique pas seulement une menace pour le muscle cardiaque, mais le protège aussi du KO final et définitif. Les chercheurs n’ont toutefois prouvé que le lien entre la mortalité et le réseau de bypass. Ce n’est que si on réussit à développer artificiellement des « itinéraires bis » pour une autoroute embouteillée, que l’on pourra prouver cet effet préventif. Schaper explique par la suite qu’il n’existe pas, à l’heure actuelle, de médicaments pour cela. On essaie donc à Charité aussi bien qu’à Berne de simuler des contraintes avec des méthodes physiques, qui créent ainsi des plaques dans les vaisseaux.

Le pantalon cardiaque permet le développement de déviations naturelles

En langage médical, cette méthode s’appelle la contre-pulsion externe, et le matériel pour cela a été baptisé « pantalon cardiaque » (« Herzhose ») par les experts. Les six manchons gonflables autour de la jambe et de la cuisse font pression sur les vaisseaux au rythme des battements cardiaques. De cette façon, le système a un effet semblable à, par exemple, un sport assez intensif. Une étude chez vingt patients atteints de MCC a montré qu’avec ce système, leur flux sanguin a doublé. Les plaintes ont tellement diminué, que cela a permis d’économiser le traitement de six d’entre eux par ballon intravasculaire ou Stent. En Suisse aussi, l’expérience des spécialistes avec cette méthode est positive. À court terme – même lorsque l’infarctus semble déjà s’être produit- il semble, selon les observations d’Erik Bøtker du Åarhus danois, que même le gonflement du manchon au niveau du bras lors de la prise de tension puisse aider. Le faire quatre fois en cinq minutes, selon la publication dans le Lancet, sauve environ dix pour cent du tissu ischémique.

Mais pourquoi quelques patients sans problèmes vasculaires ont-ils un réseau collatéral étendu tandis que d’autres décèdent lors de stress artériels ? Peut-être cela tient-il à l’empreinte génétique de facteurs de régulation ou à un système immunitaire actif, comme le spécule Schaper dans l’European Heart Journal ? Ce sont des questions importantes, qui n’ont pas encore reçues, jusqu’ici, de réponses décisives.

Les personnes atteintes de maladies coronariennes cardiaques constituent environ un cinquième de tous les décès en Allemagne. Environ un tiers ne survit pas au premier infarctus du myocarde. Celui qui peut stimuler les mécanismes naturels de protection du cœur peut ainsi éviter des opérations risquées. Une méthode pour cela fonctionne toujours, même sans investissement technique important : le sport.

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