Les dernières tendances en matière d’accouchement : activité intense au bord du bassin

20. janvier 2012
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La grossesse n'est pas une maladie. Une question échauffe d'autant plus les esprits : comment accoucher ? À la maison dans un environnement connu ? Ou plutôt une césarienne de convenance ? Un aspect vient cependant souvent trop brièvement à l’esprit : le meilleur pour la mère et l’enfant.

Ce n’est pas une bonne blague : déjà, des semaines avant le 11/11, des demandes de césarienne de convenance s’accumulaient d’années en années dans les hôpitaux. Pour quelques parents, et sûrement pas uniquement dans le Rheinland, ce jour était une date de naissance idéale pour leur progéniture. Les statistiques indiquent qu’il s’agit encore d’une minorité des actes, mais le nombre de césariennes hausse chaque année. Un bon signe ?

Produit tendance : la césarienne

S’Il y a encore 30 ans un enfant sur dix voyait la lumière du jour grâce au scalpel, cette méthode s’applique aujourd’hui à un tiers des enfants, selon un rapport de l’office fédéral statistique allemand. Des patientes se décident souvent pour l’intervention sans indication médicale par crainte de douleurs ou d’une naissance pénible. De plus, beaucoup de futures mères craignent l’endommagement de la musculature du sol pelvien lors de naissances vaginales – ceci incluant l’incontinence. Extrêmement rarement des déchirures périnéales profondes, en général évitables, peuvent atteindre les muscles de fermeture du côlon. La crainte de douleurs lors des rapports sexuels après une naissance naturelle est également largement répandue. Cependant, les causes des césariennes ne peuvent pas être cherchées exclusivement auprès des femmes enceintes. Selon l’étude sur la césarienne du GEK, certaines patientes souhaiteraient une naissance naturelle et sans complication, en particulier après avoir déjà subi une section.

Coupe de sécurité pour la césarienne

Chez les gynécologues aussi, quelques-uns sont en faveur d’une naissance planifiée sous forme de césarienne de convenance : l’équipe entière est disponible pendant le service normal. En outre, l’intervention passe aujourd’hui pour la méthode de naissance la plus sûre pour la mère et l’enfant. Cela ne prend pas en compte les césariennes d’urgence avec complications – le risque est alors toujours deux fois plus élevé que lors de sa variante naturelle. Il y a un autre point : la préoccupation devant les recours judiciaires possibles doit aussi faire pencher les choses. Il y a une exigence très élevée, à ce que les nouveau-nés aient encore une longue vie devant eux. Les contributions à la responsabilité civile professionnelle ont ainsi conformément augmenté pour atteindre jusqu’à 40.000 euro par an. Il est donc mieux d’avoir une césarienne dans un environnement clinique contrôlé, ne serait-ce que pour avoir la plus faible probabilité de faire face à des difficultés. Les aspects économiques ne peuvent pas être négligés – une césarienne coûte à peu près le double d’une naissance vaginale, avec une utilisation de temps et de personnel en partie plus faible en comparaison à des délivrances pénibles.

Intervention courte – conséquences sur le long terme

Du point de vue médical, quelques personnes sont cependant contre la césarienne de convenance programmée non nécessaire médicalement : si des enfants viennent trop tôt au monde, ils ont une mortalité accrue au cours de la première année – ce qui est aussi le cas lors de naissances après 32 semaines de grossesse (SA). Par exemple, si un enfant vient au monde à 38 SA au lieu de 40 SA, le risque de décès augmente de 75 pour cent par rapport au groupe témoin, et les petits ont plus fréquemment besoin de respiration artificielle. Des collègues italiens observèrent par exemple huit fois plus de pneumothorax par rapport aux enfants nés naturellement. De plus, des processus de maturation importants dans le cerveau ne sont pas encore achevés à ce stade. Les pédiatres diagnostiquèrent plus d’anomalies du développement physique ou mental, et ce, encore plusieurs années après la naissance notamment au cours de la scolarité.

La césarienne ne reste pas non plus tout à fait sans conséquences pour la patiente. Ainsi aucune ocytocine n’est secrétée, cette hormone peptidique importante influence le lien mère-enfant directement après la naissance. Et des collègues rapportèrent des complications lors des grossesses suivantes, les patientes ne pouvant alors pas choisir une naissance par voie naturelle. Ainsi, on peut observer des déchirures de l’utérus qui peuvent être mortelles ou une fermeture des voies de naissance (placenta prævia).

Surveillance exagérée

Et voici l’autre extrême : certaines mères se décident pour une naissance à la maison, si possible sans matériel technique, sans médecin, sans scalpel ou analgésie. Les risques sont-ils calculables ? Comme le Privatdozent Dr. Karl Oliver Kagan de l’université de Düsseldorf le rapporta lors du congrès allemand de médecine périnatale début décembre, les risques pour la mère et l’enfant sont généralement déjà établis après trois mois de grossesse. Cela ne concerne pas seulement de potentielles malformations génétiques, mais aussi une possible naissance précoce. Le nombre d’examens préventifs de fin de grossesse a même ainsi pu être diminué. Des gynécologues autour professeur Kypros Nicolaides du King’s College de Londres conseillent par conséquent une adaptation de la pratique habituelle qui prévoit pour le moment des contrôles très étroits à mesure que la grossesse avance. Nicolaides recommande des études complètes entre la 12ème et la 14ème semaine de grossesse (SA) pour pouvoir estimer les problèmes potentiels. Sans résultats particuliers, les études suivantes entre la 22ème et la 37ème SA seraient suffisantes. Lors du dernier rendez-vous, la méthode de délivrance pourrait être choisie, et donc éventuellement aussi un accouchement à l’extérieur de l’hôpital.

Naissance à domicile horrible

Les naissances à domicile ne sont toutefois cependant pas sans embûches, c’est ce que montre une étude de cohorte prospective en provenance de Grande-Bretagne. Les auteurs autour du professeur Peter Brocklehurst de l’University of Oxford évaluèrent alors les données de presque 65.000 femmes enceintes. En réalité ils voulaient montrer qu’avec les normes actuelles, un accouchement n’est pas problématique à l’extérieur de l’hôpital. Cependant, les choses furent différentes : des complications apparurent chez 45 pour cent des primipares, de sorte qu’un transport vers l’hôpital le plus proche devint nécessaire. Cette valeur s’élevait toujours à douze pour cent chez les multipares. Selon l’étude, les sages-femmes étaient alors dans ces cas dans l’impossibilité de pouvoir réaliser la naissance avec des méthodes conventionnelles sous contrôle. De plus, d’un point de vue statistique, dans 9,3 pour 1000 naissances à domicile, des complications lourdes telles que des dommages au cerveau, des problèmes respiratoires, des fractures osseuses ou des paralysies furent également observées – ce taux n’était que de 5,3 pour 1000 dans les cas d’accouchements en stationnaire. La publication confirme des données plus anciennes en provenance des Pays-Bas, où la mortalité dans le cadre d’un accouchement en dehors du milieu hospitalier est augmentée d’un facteur de près de 2,3.

Les statistiques pour l’Allemagne ne sont certes pas si radicales, mais chez eux aussi, une femme sur dix finit par avoir une prise en charge stationnaire au cours de l’accouchement. Comme raisons, on trouve des saignements importants, un arrêt du déroulement normal de l’accouchement ou le manque d’oxygène de l’enfant. Cela est aussi observé au niveau de la mortalité : pour 1000 naissances à 37 SA, 2,1 enfants meurent s’ils sont hors du milieu hospitalier contre 1,3 à l’hôpital.

Responsabilité : pas seulement chez des médecins

La société allemande de gynécologie et d’obstétrique (Deutsche Gesellschaft für Gynäkologie und Geburtshilfe) a réagi à ces données avec une recommandation, selon laquelle la plus grande sécurité pour la mère et l’enfant lors de l’accouchement ne peut être garantie que dans un hôpital. Dans des conditions d’hospitalisation stationnaire, un accouchement par voie vaginale est, et reste, la meilleure solution si aucune complication n’est attendue. Les césariennes ne seraient ainsi logiques qu’en cas d’indication médicale fondée. Si les femmes enceintes ont peur de la douleur ou ont déjà vécu une naissance traumatisante, il est demandé à nos collègues de trouver la meilleure option en accord avec leur patiente. Parmi ces recommandations, on trouve par exemple l’anesthésie péridurale.

4 note(s) (4.25 ø)
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3 commentaires:

Article très informatif , éducatif, d’actualité et très bien rédigé.Merci Dr Michael Van Den Heuvel.
J’ai des questions en suspens: l’accouchement par voie vaginale,
– augmentent-ils relativement la douleur sexuelle et sa fréquence chez les femmes? Et que dire de l’avancée de l’âge sur ces effets?
– baisse t-il relativement la sensualité sexuelle,ce par perte de l’élasticité du vagin?
-baisse relativement t-il le désir sexuel ?
La cesarienne préserve t-elle les potentialités sexuelles de la femme?

#3 |
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Passer d’un taux de césariennes de 10% à 30 voire 50% en 20 ans c’est faire le constat d’échec de la formation en obstétrique; certes de nombreux autres arguments permettent d’expliquer cette inflation qui a tendance à se généraliser à de nombreux pays développés:
– la crainte pour la femme d’être atteinte dans son intégrité sexuelle cause d’adultère ou de divorces
– l’épée de dacmocles juridique qui fait perdre tous leurs moyens aux jeunes obstétriciens
– le confort pour le chirurgien de programmer une naissance face à un emploi du temps trés chargé
– l’amélioration des techniques chirurgicales et d’anesthésie: durée d’hospitalisation de plus en plus courte
Redonner confiance aux parturientes et aux obstetriciens pour la pratique d’un accouchement par voie basse demande un grand travail de proximité.

#2 |
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Dr Khadidja Abbou
Dr Khadidja Abbou

bravo la nature fait bien les choses la voie naturelle est la meilleure facon de faire il faut neanmois etre un bon obstericien

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