Or noir ou café froid ?

20. janvier 2012
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Cancer de la peau, dépressions ou Alzheimer : selon les études les plus récentes le café - consommé avec modération - peut diminuer le risque de déclarer différentes maladies. En particulier dans le cas de carcinomes à cellules basales, le café pourrait avoir un rôle important dans la prévention.

Des chercheurs américains du Brigham Hospital et de l’Harvard Medical School de Boston ont découvert récemment qu’une consommation régulière de café réduit le risque de déclarer un carcinome à cellules basales (BCC) : chez les femmes qui consomment tous les jours plus de trois tasses de café il diminue de 20 pour cent, chez les hommes, ce serait sous les 9 pour cent. Les données de 113 000 adultes (dont 73 000 femmes) ont été analysées sur une période de plus de 20 ans. Pendant la période d’observation, 22 786 nouveaux BCC, 1 953 carcinomes à cellules pavimenteuses (SCC) et 741 mélanomes sont apparus. « Notre étude montre que la consommation de café pourrait être une option importante pour contribuer à la prévention du BCC », selon le chef de l’étude, le Dr. Fengju Song, postdoc dans le département de dermatologie du Brigham and Women’s Hospital et de l’Harvard Medical School Boston.

« La consommation de caféine est en relation directe avec le risque. Plus les participants ont bu de café, plus leur risque de déclarer un cancer de la peau était faible ». Les scientifiques ont été surpris qu’il y ait justement une relation proportionnellement inverse avec les cas de BCC. Des études sur les animaux avaient indiqué un lien entre la consommation de café et le risque de cancer de la peau que des études épidémiologiques n’avaient toutefois pas pu démontrer de manière décisive. Puisque le mécanisme d’effet précis n’est pas encore connu, il s’agit pour l’instant seulement de conclusions. Selon Song, d’autres études sont maintenant nécessaires pour examiner en particulier le lien entre la consommation de café et le BCC ainsi que le mécanisme derrière ce lien. Cette étude prospective est la plus récente au cours de ces dernières années qui fait remarquer les effets positifs du café sur la santé.

Crème solaire avec caféine ?

Différentes études épidémiologiques montrèrent déjà par le passé que les buveurs de café sont plus rarement atteints de cancer de la peau. Déjà en 2007, « le Women Health Initiative » (WHI) publiait une étude sur 93.000 personnes, qui indiqua qu’une tasse de café seulement réduisit le risque de cancer de la peau non-mélanique autour de dix pour cent, six ou plus de tasses diminuèrent le risque de BCC ou de SCC de 36 pour cent. L’effet protecteur fut plus faible pour le thé, et n’exista pas pour le café décaféiné ce qui est en faveur d’un rôle causal de la caféine. Dans une étude publiée en automne 2011 de l’Ernest Mario School of Pharmacy de la Rutgers University, un mécanisme possible de l’effet protecteur de la caféine est décrit. Le traitement de souris à haut risque avec de l’eau caféinée conduisit à un recul des spinaliomes de 72 pour cent par rapport au groupe-contrôle. Quelques cancérologues, dont le professeur Allan Conney, le directeur du Susan Lehman Cullman Laboratory for Cancer Research de Piscataway/New Jersey, supposent que l’inhibition de l’enzyme ATR jouerait un rôle. Cette enzyme participe à la réparation de l’ADN. Elle marque les sites endommagés qui sont alors réparés par les enzymes de réparation. Cela empêche l’apoptose de la cellule. Cette étape profite aussi paradoxalement aux cellules cancéreuses qui sont ainsi préservées de la disparition. Plusieurs agents qui répriment l’ATR sont réexaminés actuellement dans des études cliniques en ce qui concerne leur capacité à renforcer l’effet des thérapies anti-cancéreuses qui visent également fréquemment l’ADN.

Pour examiner si l’ATR joue en effet un rôle dans le développement du cancer de la peau, l’équipe de recherche autour de Conney réalisa des expériences sur des souris qui n’expriment génétiquement pas l’ATR. Ils simulèrent ainsi l’effet de la caféine sur la peau. Résultat : les souris génétiquement modifiées ont été largement protégées contre le cancer de la peau. Même lors d’irradiations par des UV, elles développèrent jusqu’à 69 pour cent de tumeurs de la peau en moins, et les tumeurs envahissantes furent même observées quatre fois plus rarement. L’effet protecteur ne fut toutefois démontrable qu’au début de l’étude. Si le rayonnement UV chronique était maintenu assez longtemps, on aboutit à la formation de spinaliomes chez tous les animaux. Conney suppose par conséquent que la caféine a plutôt un effet préventif, mais ne peut pas arrêter la croissance d’une tumeur déjà existante. Le chercheur considère comme tout à fait possible que la caféine devienne à l’avenir un élément des crèmes solaires. Cette question ne peut cependant pas être étudiée dans les laboratoires, mais seulement au cours d’études cliniques.

Un café pour mettre de bonne humeur

Conformément à un rapport des « Archives of Internal Medicine » le café pourrait protéger les femmes des dépressions. Dr. Michel Lucas de la Harvard School of Public Health de Boston reconnut dans une analyse du « Nurses Health Study » que les femmes qui consommaient de trois à quatre tasses de café par jour montrèrent un risque relatif autour de 15 pour cent plus faible de déclarer une dépression, par rapport aux femmes qui buvaient moins d’une tasse par semaine. La consommation de café des infirmières de Nouvelle Angleterre, qui fut analysée de façon permanente depuis 1980 en fonction de leurs habitudes de vie, fut mise en relation avec les diagnostics ultérieurs de maladie dépressive. Une corrélation inversement proportionnelle à la dose en ressortit : plus les infirmières consommaient de café, moins les dépressions furent diagnostiquées dans leur futur. Cette relation dose-effet ne fut observée que lors de l’association avec du café contenant de la caféine. Les boissons décaféinées ne montrèrent aucun effet « protecteur ». Au bout du compte, chez les consommatrices de café de la plus haute catégorie (550 mg de caféine par jour) le taux de maladie diminua de 20 pour cent (risque relatif : 0,80 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,68-0,95) par rapport aux femmes avec la plus faible consommation de caféine (<100 mg/jour). Une recommandation thérapeutique ne peut pas être dérivée de manière certaine de cette étude. La caféine est sans aucun doute la substance psychoactive la plus fréquemment consommée dans le monde entier. Savoir si elle peut toutefois à long terme permettre d’éclaircir l’esprit des patients atteints de dépression est une question ouverte. Des études thérapeutiques n’ont jamais été mises en œuvre et les résultats d’études d’observation prospectives sont rares.

Le café protège des oublis

Trois à cinq tasses de café par jour sont, conformément à une étude à long terme finno-suédoise, la prescription secrète contre l’Alzheimer et la démence due à l’âge. Déjà en 2009, des scientifiques de l’université finlandaise de Kuopio avec des collègues du Karolinska-Institut à Stockholm et de l’institut national pour la santé à Helsinki s’engagèrent sur les traces de l’effet de la caféine sur la santé. L’équipe de recherche détermina grâce à un questionnaire quelle était la consommation de café des 1400 personnes de l’étude. L’étude montra que les buveurs de café d’âge moyen souffraient plus tard moins souvent de démence et de la maladie d’Alzheimer. Les scientifiques constatèrent le plus faible risque chez les buveurs de café qui consommaient tous les jours trois à cinq tasses. « Les processus pathologiques qui conduisent à la maladie d’Alzheimer se manifestent peut-être déjà des décennies avant que la maladie ne puissent être cliniquement détectée », dit la responsable de l’étude Milia Kivipelto de l’université de Kuopio.

C’est la quantité qui fait tout

« On ne peut toutefois pas dire comme çà que la consommation de café est toujours saine », avertit l’Univ. – Prof. Dr Veronika Somoza, professeur de biofonctionnalité des produits alimentaires à l’université de Vienne. « Cela dépend de la quantité. On devrait avoir une consommation modérée de trois -au maximum quatre- tasses de 150 millilitres par jour, pour éviter efficacement les effets négatifs de la caféine. » Avec cette consommation, un plus faible risque de déclarer des diabètes de type 2, ainsi que la maladie d’Alzheimer ou certains types de cancer de la prostate ou de l’intestin a été démontré. « L’accent est toutefois mis sur la diminution des risques. Le café n’offre pas de protection contre ce genre de maladie. Pour des raisons de santé le café décaféiné serait le meilleur », complète Somoza. « On a ainsi les effets de protection par exemple contre les diabètes de type 2, et on évite toutefois en même temps les conséquences négatives possibles sur le système nerveux central, ainsi que, par exemple, l’augmentation de la fréquence cardiaque. »

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4 commentaires:

La caféine- médicament a montré ses limites. Quant au café à caféine, il ne peut être que naturellement bénéfique! Pour dire, que des fois, les substances purifiées sont d’une insécurité d’emploi supérieure aux extraits bruts. Ces derniers contiennent d’autres substances pharmacologiquement potentialisatrices, apportant d’autres vertus (antioxydants, vitamines, minéraux …), modérant la brutalité de la molécule principale de la drogue. En voulant mieux faire que la nature, on en faire fait pire.
Depuis la nuit des temps, les effets du café sont connus du commun des mortels: active l’éveil, la vigilance, la mémoire,l’humeur, défatiguant…..

#4 |
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Monsieur Frederic Studzinski
Monsieur Frederic Studzinski

Comme pour tout, c’est le dosage qui est important . C’est la dose qui fait le poison ou le » médicament  » !

#3 |
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DOCTORAT D ETAT DE MEDECINE RACHID BELMIMOUN
DOCTORAT D ETAT DE MEDECINE RACHID BELMIMOUN

…bonne nouvelle: etre accro au café peut etre bénéfique!!! en plus ce breuvage magique( jaime bien le café allongé « américano »bon compagnon de bureau depuis mes gardes de carabin) peut libérer d’autres éventuelles addictions nocives …une cafetière expresso ds un cabinet médical serait tendance!!!!!!..merci pour l’article fort instructif et qui conforte l’effet antioxydant du café…

#2 |
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Pharmacienne

très interessant !

#1 |
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