Intolérance à l’histamine : la maladie du gouda


4. mars 2013
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L’intolérance à l’histamine (HIT) ne se présente pas tout le temps comme une maladie isolée. Un argument : le corps ne peut pas réagir contre un transmetteur biogène incompatible. Depuis 2012, l’intolérance à l’histamine a ses propres lignes directrices.

L’intolérance à l’histamine n’est pas une véritable allergie au sens traditionnel. Il n’y a aucune réaction antigène-anticorps, mais le corps ne peut pas dégrader suffisamment l’histamine exogène capturé. Dans le vin rouge, le fromage vieilli, les saucisses, les tomates, la choucroute, des quantités considérables d’histamine sont présentes. Le chef de file de ces produits est le thon. Chez les patients, la consommation de ces aliments conduit à une réaction entérale due à l’histamine.

La pathogenèse n’est pas claire

L’activité de l’enzyme dégradant l’histamine, la diamine oxydase (DAO) dans l’intestin est inhibée et ainsi l’histamine est moins dégradée par ce processus. Un autre procédé de dégradation de l’histamine est la méthylation par l’histamine N-méthyltransférase (HNMT). Les effets qui en découlent sont des maux de tête, des problèmes circulatoires, des troubles digestifs et des éruptions cutanées. En plus de l’histamine, la sérotonine est une autre amine biogène. Elle est retrouvée entre autres dans les noix, les bananes et les ananas. C’est ce qui est jusqu’à présent compris dans la pathogenèse supposée.

Aliment contenant de l’histamine
Poissons (comme le thon, le maquereau, les anchois, le poisson en conserve)
Saucisse (tels que saucisses, salami, jambon)
Légumes (comme les choux, les épinards, tomates)
Alcool (par exemple, le vin rouge, champagne, vin blanc, bière)
Ces aliments aussi contiennent des amines biogènes : chocolat, noix, œufs, lait, ananas, papaye, fraise.

Le test de l’HIT n’est pas un hit

Jusqu’à présent, il n’existe pas de paramètres objectifs pour la détection de l’intolérance à l’histamine. Il est vrai que les taux plasmatiques d’histamine, la méthylhistamine dans l’urine et l’activité DAO dans le sérum peuvent être mesurés, mais les valeurs ne permettent pas de conclusions définitives. Des essais par provocation avec 0,75 mg/kg de poids corporel de chlorhydrate d’histamine ne sont pas non plus valides, certains volontaires sains y répondant positivement. Dans ce travail de casse-tête médical, une maladie inflammatoire de l’intestin, la maladie cœliaque, les troubles de l’assimilation des hydrates de carbone ou de « vraies » allergies alimentaires devraient être considérées comme un diagnostic différentiel.

HIT-liste

Le Prof. Dr. Reinhart Jarisch, un allergologue de Vienne, dénonce les aliments suivants comme responsables d’intolérance à l’histamine :

  1. Boissons alcoolisées
  2. Fromage (surtout fromages à pâte dure comme l’emmental)
  3. Chocolat
  4. Salamis et autres saucisses et saucissons secs pouvant être conservés
  5. Noix
  6. Tomates (= Ketchup = pizza avec de la sauce tomate)
  7. Fraises, agrumes (pas la vitamine C)
  8. Choucroute
  9. Épinards
  10. Poisson

La teneur en histamine des aliments peut varier fortement en fonction de leur maturité, la durée de stockage et le type de transformation. Ainsi, on trouve, par exemple, dans l’emmental une teneur en histamine comprise de <0,1 à 2000 mg / kg. Dans les boissons alcoolisées, le problème ne vient pas de l’alcool, mais des impuretés qui libèrent de l’histamine. Du vin rouge ou du champagne stocké dans des fûts (soufre ?) est plus susceptible de créer une intolérance à l’histamine que le vin blanc en cuve en acier. Sur demande, les vignerons donnent la teneur en histamine de leur vin.

Le syndrome du restaurant chinois aussi célèbre. Son existence réelle en est discutable. Pendant longtemps, une réaction épidermique après une visite dans un restaurant chinois était considérée comme une allergie au glutamate. Ce n’est probablement pas une véritable allergie, mais le glutamate agit comme un inhibiteur de la dégradation de la DAO. Une autre théorie pourrait être que la sauce de poisson ou la sauce soja soit un déclencheur. Habituellement, la teneur en histamine diminue par la cuisson des aliments. La sauce de soja est une exception : la teneur en histamine déjà élevée augmente encore. Les sauces foncées, en particulier, ont des niveaux élevés d’histamine. Et dans la préparation de certaines sauces comme le shoyu des flavones de fermentation apparaissent et inhibent l’histidine décarboxylase. Le résultat est que l’histamine libérée n’est plus dégradée.

S1 et connaissances empiriques ?

En 2012, des directive S1 publiées par la Société allemande d’allergologie et d’immunologie clinique (Association DGAKI) reconnurent l’HIT comme une maladie, mais dont la pathogénèse est incertaine. « La preuve scientifique de la relation postulée est limitée, une détermination fiable du diagnostic en laboratoire n’existe pas », la déclaration donne à réfléchir. Sur la base des informations actuellement disponibles, chez l’homme – par opposition au modèle animal -, les concentrations de DAO dans le sang ne permettent aucune conclusion sur l’activité de l’enzyme de DAO dans l’intestin grêle. Le terme « intolérance à l’histamine » a été inventé en référence à la notion d’intolérance au lactose. Jusqu’à présent, toutefois, aucune des études prospectives contrôlées n’a démontré une déficience d’enzyme et/ou d’activité enzymatique comme étant de manière certaine une cause de l’intolérance à l’histamine ingérée par voie orale.

Thérapie en trois étapes

Les lignes directrices recommandent la mise en place d’un suivi des symptômes sur environ six à huit semaines et un régime en trois étapes. La phase de carence de 10 à 14 jours sert à la réduction substantielle des symptômes.

  • Au cours de la période de carence, il faut consommer uniquement des aliments sans histamine. L’alcool, les produits fumés à base de viande, certains types de poissons (le thon, le maquereau et les sardines) ainsi que le fromage sont éliminés de l’alimentation.
  • Dans la phase de test suivante, les aliments riches en histamine sont successivement réintroduits dans le régime alimentaire, et permettent de déterminer ainsi les compatibilités individuelles. En cas d’échec du régime alimentaire, les bloqueurs de H1 ou H2 peuvent être utilisés pour tester des thérapeutiques. « Il est concevable dans une approche pragmatique de traiter les patients présentant une suspicion d’intolérance à l’histamine sur une courte période avec des antagonistes des récepteurs H1/H 2 pour vérifier si les symptômes changent », recommande la directive.
  • Pour la phase III, le régime permanent des recommandations diététiques globales individuelles doivent être données. C’est alors seulement que les seuils personnels sont déterminés par titrage avec du chlorhydrate d’histamine (à deux heures d’intervalle, 0,5, 0,75 et 1,0 mg / kg).

Les médicaments contre la toux inhibent la DAO

De nombreux médicaments inhibent les enzymes dégradant l’histamine. Dans la fiche du médicament, c’est indiqué de manière bien cachée par « peut déclencher des crises d’asthme » ou « peut causer des réactions cutanées/des rougeurs ». Une information explosive est que de nombreux médicaments qui sont utilisés par les asthmatiques inhibent la DAO et d’autres enzymes.

Médicaments inhibant la DAO
Acétylcystéine Halopéridol
Ambroxol Metamizol
Aminophylline Métoclopramide
Amitriptyline Naproxène
Ciprofloxacine Noscapine
Docéine Produit de contraste aux rayons X
Diazepam Verapamil
Diphenhydramine

Alimentation ? Conseil !

Les auteurs des lignes directrices demandent aux médecins de fournir aux patients des conseils spécialisés sur leur nutrition. Cela permettrait d’éviter que les patients ne suivent un régime qui n’a pas été réalisé de manière scientifique, « conduisant à une restriction inutile de la qualité de vie. » D’autres études devraient clarifier jusqu’à quel point l’alimentation peut effectivement créer des changements biologiques ou dans quelle mesure la force de la composante psychologique dans le cadre des conseils donnés par les spécialistes entre en jeu. Les données incohérentes sur les amines biogènes dans les aliments rendent plus difficile les recommandations pour la mise en place du diagnostic et la détermination des interventions thérapeutiques.

On recherche en vain dans les lignes directrices des thérapies alternatives ou complémentaires. Beaucoup de médicaments orthomoléculaires, ou de suppléments nutritionnels, promettent une amélioration. Dans les études observationnelles, les vitamines C, B6 et les minéraux comme le zinc, le calcium, le cuivre, le magnésium et le manganèse ont été jugés être de possibles promoteurs de la DAO. Un produit se trouvant sur le marché contient de la diamine oxydase et quelques vitamines en combinaison fixe. Malheureusement, là aussi, il manque des données valides provenant d’études.

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