Risque cardiaque : avoir des regrets tardifs ? Inutile !

5. mars 2012
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Une personne qui décide de limiter les facteurs habituels de risque cardiovasculaire joue souvent la carte de la protection de sa santé. Mais cette protection est trompeuse chez les personnes d’âge moyen : selon des auteurs américains, le risque à cinq ou dix ans peut-être diminué, mais cela ne réduit pas le risque sur toute la durée de la vie.

L’obésité, le manque d’activité physique, le stress, le tabagisme et d’autres encore… Dans la prévention des maladies cardiovasculaires chaque facteur de risque qui peut être éliminé compte. Tant qu’aucun changement ou dommage physique n’est constaté, pas besoin d’agir – changer son opinion et faire évoluer son comportement vers un mode de vie sain est la meilleure garantie de longévité.

Ceci est faux – c’est l’opinion des cardiologues autour de Jarett Berry de l’University of Texas Southwestern Medical Center. Parce qu’en fait, l’approche actuelle en matière de prévention cardiaque est de déterminer le risque cardiaque à court terme. Il n’y a que peu d’études, comme par exemple une étude de 2006 avec les participants à l’étude de Framingham, qui font la lumière avec précision sur le risque à long terme. Des décisions prises au début de la vie pourraient avoir un impact majeur sur la suite et notamment en ce qui concerne le cœur. Les facteurs de risque au cours des premières années ou chez les personnes d’âge moyen ont un impact durant toute la durée de la vie, selon une analyse de différentes études publiée par le chercheur dans le New England Journal of Medicine.

Chaque facteur de risque compte

L’analyse de l’effet du risque cardiaque tout au long de la vie est basée sur les données de 18 études de cohorte recueillies dans le cadre du Cardiovascular Lifetime Risk Pooling Project. Les données font partie d’une enquête qui dura 50 ans. On recensa les facteurs de risque comme l’hypertension artérielle, le cholestérol, le diabète et le tabagisme chez plus de 250.000 personnes, hommes et femmes de 45, 55, 65 et 75 ans ainsi que leur statut en terme de maladies cardiovasculaires. Pour chaque catégorie d’âge, le risque était déterminé en fonction des évènements cardio-vasculaires.

Un profil de risque optimal fut défini comme par un taux de cholestérol ˂ 180 mg / dL, une pression artérielle ˂ 120/80 mmHg, le statut non-fumeur, et pas de diabète. Dans ce profil de risque optimal, à l’âge de 55 ans, le risque au cours de la vie (jusqu’à l’âge de 80 ans) de mourir d’une maladie cardiovasculaire est limité à 4,7 pour cent pour les hommes et 6,4 pour cent pour les femmes. Avec deux ou plus facteurs de risque, la probabilité de décès dû à une maladie cardiovasculaire monte à 29,6 pour cent chez les hommes et 20,5 pour cent pour les femmes. 3,6 pour cent des hommes et moins de un pour cent des femmes, s’ils n’ont pas de facteurs de risque, souffrent de maladie coronarienne ou ont une crise cardiaque non mortelle. Pour ceux qui ont deux ou plusieurs facteurs de risque, ces taux sont de 37,5 pour cent des hommes et 18,3 pour cent des femmes.

Qui n’a pas de facteur de risque?

La comparaison des risques à 45 ans est encore plus dramatique. Un homme de cet âge sans facteurs de risque, a seulement un risque de 1,4 pour cent de mourir d’une maladie cardio-vasculaire avant l’âge de 80 ans. Lorsqu’il y a deux ou plusieurs facteurs de risque, le risque augmente à 50 pour cent. Pour les femmes il est de 4,1 comparativement à 31 pour cent dans une situation similaire.

On considère dans la plupart des études que le risque à cinq ou dix ans correspond au risque à 50 ans en cas facteurs de risques faibles, critiquèrent les auteurs de l’étude. En effet, seule une légère augmentation des facteurs de risque tels qu’un taux de cholestérol légèrement plus élevé ou de l’hypertension artérielle peut augmenter le risque de manière significative. La plupart des participants à l’étude avaient au moins un facteur de risque.

En ce qui concerne la prévention des événements cardio-vasculaires, les résultats montrent que seule la prévention des facteurs de risque chez les personnes jeunes et d’âge moyen pourrait réduire considérablement les maladies cardiovasculaires. S’ils sont découverts et traités plus tard, à l’âge mûr, on ne peut plus que diminuer les risques et ainsi retarder les maladies.

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2 commentaires:

Le risque cardiovasculaire le moins prédictible et évitable reste le stress. Le stress est devenu le mal poplaire, recurrent et chronique du monde du travail.je dirai une pathologie psychosociale. L’impact du stress sur la santé et en particulier sur le système cardiovasculaire mérite des analyses profondes. Logiquement le stress entaine une accelaration du rythme cardiaque( tachyardie), des palpitations cardiaques et des spasmes vasculaires pouvant provoquer des crises cardiovasculaires aigues et chroniques à la longue. Quant aux diabètes, l’obésité, l’alcool , le tabac, la sédentarité comme facteur de risque cardiovasculaire , sont évitables et mîtrisables. Bravo aux chercheurs de l’étude Cardiovascular Lifetime Risk Pooling Project

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Dr Jean SURZUR
Dr Jean SURZUR

Il faudrait commencer tôt à apprendre à éviter les erreurs de comportement (à la maternelle ?) et pratiquer avant 15 ans un sport d’endurance pour « se faire un coeur » avec des coronaires « à haut débit ».

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