Chirurgie traumatologique : Acier bat Titane

20. mars 2012
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Les implants en titane sont maintenant la norme en chirurgie traumatologique. Un des principaux arguments pour l’utilisation du titane est sa supposée meilleure biocompatibilité. Les implants en acier, eux, sont presque considérés comme des reliques de l ‘«âge de pierre ». Peut-être à tort.

Le titane est un métal très populaire et utilisé non seulement en médecine mais aussi dans la construction navale, aéronautique et automobile, pour ne citer que ces quelques applications. Les raisons de l’utilisation d’implants en titane dans le cadre de la chirurgie traumatologique, incluant celle de la colonne vertébrale, sont en particulier dues à sa biocompatibilité et sa résistance à la corrosion. Un autre avantage important est que des analyses en imagerie par résonance magnétique sont possibles sans aucun problème, ce qui est d’une importance considérable, par exemple pour les clips intracrâniens dans le cadre d’anévrismes en neurochirurgie.

Cependant, le point de vue selon lequel les implants en titane utilisés dans la fixation des fractures avaient une meilleure biocompatibilité et réduisaient les taux d’infection est basé principalement sur sa faible corrosion observée dans des études in vitro et in vivo, « mais pas sur des preuves cliniques », a déclaré le Dr Sebastian Weckbach de l’Universitätsklinikum Ulm. Les implants en titane auraient même plusieurs inconvénients tels qu’un risque accru
• en cas d’échec précoce de l’implantation et
• en cas de complications lors de chirurgies de révision ou de retrait du matériel. En outre, les coûts sont plus élevés.

Une comparaison indirecte des résultats cliniques

En collaboration avec ses collègues, Weckbach a donc analysé dans une étude rétrospective si les patients traités pour fractures ont plus besoin d’implants en titane plutôt que de plaques et de vis faites d’alliages d’acier. La question centrale de l’étude publiée récemment (« Der Unfallchirurg » -« Le chirurgien traumatologue ») était de savoir si les implants en titane sont plus souvent associés à des taux élevés de complications et de révisions dans le traitement de fractures périphériques. Pour cette étude, les données d’une équipe d’un centre de traumatologie aux Etats-Unis (« Denver Health Medical Center ») ont été évaluées. Dans cette étude étaient inclus tous les patients de plus de 15 ans présentant une fracture des extrémités et qui ont été traités par plaques d’acier ostéosynthétiques entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2010. Weckbach et ses collègues ont comparé ses résultats avec les données publiées sur les complications liées à la pose d’implants en titane dans le cadre d’indications et de sites de fracture identiques. Les données de 751 patients ont été analysées, parmi lesquels 774 fractures furent traitées avec 859 plaques d’acier.

De meilleurs résultats avec les plaques d’acier

Selon les chirurgiens traumatologues, le taux de complications chez ces patients était de 8, 01 pour cent (n = 62), le taux de révision chirurgicale de 5,16 pour cent (n = 40). Comme prévu, les taux de complications et de révisions étaient plus importants en cas de fractures ouvertes : en comparaison avec le taux de fractures fermées (7,4 et 4,3 pour cent), ils étaient de 16,4 et 13,5 pour cent. Dans l’ensemble, selon Weckbach et ses collègues, les résultats étaient meilleurs que les résultats publiés pour les plaques de titane avec des indications identiques.

Implants en acier : sûr et économiquement intéressant

La conclusion de Weckbach et de ses collègues est la suivante: «Compte tenu» des «multiples aspects négatifs associés aux propriétés des matériaux en titane et le manque de preuves en faveur de meilleures suites lors de l’utilisation d’implants en titane en traumatologie, il apparaît que l’hypothèse anecdotique et généralisée de l’infériorité des implants en acier par rapport à ceux en titane est incompréhensible et scientifiquement sans fondement ». Les implants en acier dans la fixation des fractures seraient donc une « alternative sûre et économiquement intéressante à l’utilisation généralisée des implants en titane en Europe centrale ». L’argument souvent donné du risque allergique accru avec les implants en alliage d’acier, en particulier le nickel, n’a pas convaincu Weckbach. En effet, dans ce contexte, il existe maintenant des implants en acier sans nickel.

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Et d’autre part, il a également été décrit pour les implants en titane des allergies croisées au nickel et des intolérances au cobalt, ce qui conduisit à des complications. En tout cas, les allergies aux implants semblent « encore manquer de données d’ensemble, à l’opposé des fréquentes allergies cutanées aux métaux » indiqua déjà en 2008 dans une déclaration sur ce sujet le groupe de travail interdisciplinaire allemand sur les allergies aux implants « Arbeitskreises Implantatallergie » composé de plusieurs associations professionnelles. En tout cas, on ne devrait pas parler précipitamment d’ « allergie » pour tous les patients chez lesquels un descellement aseptique de l’implant survient, souligne le Dr Heiko Meyer, spécialiste en orthopédie de l’Universitätsklinikum Magdeburg.

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