Extension de la gamme de produits sur le marché de la drogue

5. avril 2012
Share article

Le LSD est dépassé, la cocaïne et l’héroïne sont vieillottes, le SPICE est remplacé par le SPACE. L’observatoire européen des drogues de l’UE, l’OEDT, a récemment averti de l’apparition d’un « nombre record de nouvelles drogues ». L’année dernière, 41 nouvelles drogues ont été enregistrées, soit deux fois plus que d’habitude.

Un rapport a été réalisé sur les nouvelles tendances et formes de consommation des drogues, même si les esprits critiques indiquent parfois que cela donnerait ainsi des idées et aiguiserait la curiosité des consommateurs. Mais une chose est sûre : il n’y a qu’un professionnel informé qui peut reconnaître les symptômes précoces indiquant la consommation de ces nouveautés. Il n’y a pas que le nombre de nouvelles drogues qui est important, mais aussi la motivation du consommateur qui encourt le risque de les tester. Ce sont souvent le prix du marché et la disponibilité qui dictent cette motivation, c’est la seule limite sécuritaire. Les drogues sont réparties en trois classes : les analeptiques, les hallucinogènes et les sédatifs. Dans toutes les catégories, des nouveautés sont observées.

Le bureau fédéral de police criminelle et le commissaire des drogues du gouvernement fédéral, Mechthild Dyckmans, mettent en garde contre la consommation des soi-disant «euphorisants légaux». Les mélanges de substances déclarés par exemple comme étant des «sels de bain », «assainisseurs d’air» ou «mélange d’herbes », et annoncés comme une alternative prétendument légale aux drogues illégales, sont vantés. Ces produits, d’apparence innocente, contiennent en général des stupéfiants ou des substances chimiques agissant de la même manière et qui ne sont pas déclarés sur l’emballage coloré. Les consommateurs fument, avalent ou reniflent les produits à des fins stupéfiantes. « En se basant sur les données disponibles, nous devons mettre en garde contre l’utilisation abusive des produits appelés « Legal Highs ». Leur consommation est liée à un nombre incalculable de risques pour la santé» selon Mechthild Dyckmans. Ainsi, la consommation de produits « Legal-Highs » peut conduire à des intoxications parfois graves dont certaines sont mortelles. La plupart des jeunes consommateurs durent être pris en charge dans les services d’urgence des hôpitaux pour des insuffisances circulatoires, des évanouissements, des psychoses, des hallucinations, des dégradations musculaires et même des défaillances rénales imminentes, selon le BKA.

Sels de bain: tout sauf propres

Sur les sites internet accessibles au public, les consommateurs peuvent commander du « Mojo » : ce n’est pas une nouvelle sauce espagnole, mais des « sels de bain stimulants ». Plus loin, on est étonné par les prix : 120€ pour 5 grammes. C’est pareil pour « Ivory Wave ». Un nom commercial aussi accrocheur que le nom chimique est complexe : 2-β-carbomethoxy-3-β-(4-fluorophenyl)tropane, ou CFT en plus court. Ce dérivé de phenyltropane agit comme inhibiteur de la recapture de dopamine. Il augmente la concentration de la dopamine, un neurotransmetteur qui est actif dans le centre de récompense. Le CFT vous fait donc planer et vous maintien attentif en même temps. L’effet est semblable à celui de la cocaïne. Dans les « sels de bain » d’autres fournisseurs, du MDPV, un psychostimulant très actif, a également été identifié. La chaîne de télévision américaine CNN met en garde contre cette substance apparentée aux amphétamines dans les « sels de bain » et la compare au Crystal Meth. Les fabricants ne fournissent généralement pas de données sur la concentration des produits.

Des « engrais » comme entactogènes

Dans le groupe des analeptiques, on trouve également un engrais pour plante déclaré, la méphédrone. Aussi appelé méthadrone, un dérivé de la cathinone, c’est un produit synthétique qui est similaire à une substance du Kath. Elle doit être consommée fraîche, afin de produire son effet stimulant. La méthadrone est vendue sous forme de poudre blanche en format de 0,5 g dans des sacs verts. Elle maintient éveillé, améliore les performances et agit comme entactogène. Le consommateur n’est pas inhibé, est sociable, euphorique. Le 4-méthylmethcathinone (4-MMC), c’est le nom chimique exact, est soit sniffé soit avalé. Son effet est similaire à celui de l’ecstasy. Les ministres de la justice de l’UE ont décidé de mettre la méphédrone dans la liste des substances interdites et d’empêcher la vente de cette drogue festive aux risques incalculables. Malheureusement, il n’est pas possible d’intervenir si le consommateur ou le fournisseur sont sur des plates-formes internet basées à l’étranger. Si vous recherchez «acheter méthadrone » sur votre moteur de recherche, il va trouver rapidement des correspondances. Seuls deux clics pour entrer le numéro de carte de crédit et le facteur est involontairement transformé en passeur de drogue.

Ecstasy forte: M-CPP

La metachlorophenyl-pipérazine, ou MM-Cat, ou miaou-miaou, reste encore la drogue synthétique la plus largement utilisée sur le marché de l’ecstasy. La substance est habituellement ajoutée aux comprimés d’ecstasy en tant que relaxant et stimulant. Il s’agit d’une drogue synthétique qui est apparentée à l’antidépresseur non-tricyclique trazodine. L’agoniste de la sérotonine peut déclencher de l’anxiété et des crises de panique. En raison de l’effet émétique de la substance, elle est aussi mélangée avec du métoclopramide. Cet agoniste de la dopamine peut modifier de manière incontrôlée les effets de la drogue. La tendance du marché montre à quel point le problème des mélanges non désirés est important : un test, appelé « Eztest », est disponible pour identifier facilement dans les comprimés le M-CPP et les autres phénylpipérazines.

Le crocodile, ce n’est pas uniquement un bonbon

Un nouveau type de drogue vient de Russie. Pas chère, diabolique, facile à fabriquer. Codéine, phosphore provenant de l’abrasion d’allumettes et iode, la liste des ingrédients est courte, la liste des effets secondaires est longue. Le produit provenant de laboratoires amateurs porte le nom chimique de désomorphine, et a déjà une carrière infructueuse en tant qu’analgésique derrière lui. L’effet est similaire à celui de l’héroïne, mais les risques sont beaucoup plus élevés. Cette drogue porte le nom de scène de « crocodile » ou «krocodile ». Non pas parce qu’il est vert, mais parce que les consommateurs sont « bouffés de l’intérieur ». Les sites d’injection sont colorés en verdâtre, cela peut sans doute aussi avoir contribué à lui donner son nom. Un shoot coûte 100 roubles, équivalent à 2,50 €. Les produits les plus dangereux dans cette drogue sont les impuretés : le phosphore et l’antimoine de la tête des allumettes sont plus toxiques que le dérivé opiacé lui-même. De graves lésions de la peau et des tissus, des nécroses allant jusqu’au gangrènes ont été décrites. La désomorphine appartient, en Allemagne, aux anesthésiques non commercialisables.

Avec plus de quarante nouvelles substances, il est presque impossible d’avoir une vue globale sur ces produits pour les avocats, les médecins et les centre d’information sur les drogues. Les « utilisateurs » de ces produits postent leurs expériences sur différents réseaux. Méticuleusement, les nouvelles substances sont observées, répertoriées et testées. L’observatoire européen des drogues et des toxicomanies est engagé dans le catalogage de ces drogues. Très détaillé, scientifiquement valable, mais malheureusement, pas toujours à jour. Mais ça a le mérite d’être une bonne approche.

14 note(s) (3.93 ø)
Non classé

Comments are exhausted yet.

2 commentaires:

Dr Patrick Bacart
Dr Patrick Bacart

bonne info car sur le terrain les utilisateurs donnent des npm dont le médecin ignore bien siuvent la composition.

#2 |
  6

Excellent thème d’actualité.La meilleure façon de réduire la consommation des drogues, c’est de démanteler les gang. Tant que ces réseaux existeront, ils mettront tout en ouvre en faisant appel aux meilleurs chimistes, pharmacologues, biologistes pour synthétiser de nouvelles drogues. Le difficile combat contre les drogues, c’est leur identification.

#1 |
  0


Langue:
Suivre DocCheck: