Kama Sutra pour les patients cardiaques

20. avril 2012
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Les personnes qui ont une maladie cardiaque ne doivent pas se priver de sexe pour autant. En expliquant quelques précautions à prendre aux patients cardiaques, leur activité sexuelle peut-être (presque) sans limite. L’association américaine American Heart Association a publié un guide scientifique sur ce sujet.

Les patients cardiaques avec un risque cardiovasculaire élevé ou inconnu devraient subir une épreuve d’effort avant la reprise de l’activité sexuelle. Selon l’article, si le patient atteint une charge entre trois à cinq équivalents métaboliques (MET) sans se plaindre et sans anomalie de l’ECG, le sexe est alors sans danger. Des recommandations pour l’évaluation de l’aptitude à exercer une activité sexuelle pour différents groupes de patients cardiaques sont données ici. L’impact physique de l’activité sexuelle est classé comme modéré.

La charge énergétique à laquelle le système cardio-vasculaire est exposé est comparable à la montée d’un escalier sur deux étages ou une promenade à rythme rapide. Les patients atteints de maladie cardio-vasculaire qui ne sont pas essoufflés lors de ces activités physiques n’auraient, par conséquent, qu’un faible risque de manquer d’oxygène lors des coïts. Une pression artérielle systolique de plus de 170 mm Hg ou un rythme au-dessus de 130/minute n’est que très rarement dépassé – du moins pas chez les hommes par ailleurs normotendus ayant des rapports sexuels avec leur partenaire. En général, la charge associée à une activité sexuelle entre dans la gamme de trois à cinq équivalents métaboliques (MET), en fonction de l’âge, la condition physique et l’état de santé général. De plus, la pression artérielle et la fréquence cardiaque augmentent légèrement dans les 10 à 15 premières secondes durant l’orgasme, la phase la plus haute, et sont minimes durant les préliminaires.

Comme prévu, il y a un risque accru de complications cardio-vasculaires durant le coït. Le taux absolu d’événements est très faible, selon l’AHA, principalement parce que l’excitation ne dure habituellement que quelques secondes. Ainsi, une personne qui a déjà récupéré d’une crise cardiaque n’a donc pas de contre-indication pour l’amour physique. Une heure de sexe par semaine a augmenté le risque de ces patients de déclarer transitoirement un nouvel infarctus du myocarde ou de décéder de 10 pour un million à 20 à 30 pour un million de cas. Ainsi, cela représente moins de un pour cent de toutes les crises cardiaques et des cas de mort subite pendant les rapports sexuels. L’ « angine de poitrine d’amour » pendant les rapports sexuels ou dans les heures suivantes représente moins de cinq pour cent des crises d’angine de poitrine. Mais qu’en est-il pour chaque patient atteint de maladie cardio-vasculaire dans son individualité ?

Les recommandations concrètes pour le sexe

La publication récente de l’AHA aide à répondre à cette question. Des experts de diverses disciplines ont publié l’étude et les instructions avec de grandes sociétés médicales et ont abouti aux recommandations suivantes :

  • Avant que le patient atteint d’une maladie cardiovasculaire nouvellement identifiée puisse être à nouveau sexuellement actif, il devrait subir une anamnèse médicamenteuse attentive et un examen physique. Si le risque de complication cardio-vasculaire est faible, il n’y a pas de contre-indication pour le sexe.
  • Lorsque le risque cardio-vasculaire n’est pas faible ou pas connu, un test d’effort est recommandé. L’activité sexuelle n’est pas un problème si le patient réalise une épreuve d’effort d’au moins 3-5 MET, sans que ne surviennent angine, dyspnée excessive, modifications du segment ST ischémiques, cyanose, hypotension ou arythmies.
  • Les risques de complication cardio-vasculaire pendant les rapports sexuels peuvent être réduits grâce à la rééducation cardiaque et au sport.
  • Les patients atteints de maladie cardiovasculaire instable et/ou décompensée devraient s’abstenir d’activités sexuelles jusqu’à ce qu’ils soient stabilisés et traités de façon optimale. La même chose est vraie pour les patients souffrant d’affections cardio-vasculaires qui ont été causées par l’acte sexuel.
  • Les préoccupations au sujet des effets indésirables potentiels sur la sexualité ne doivent pas être une raison suffisante pour dispenser la prescription de médicaments cardio-vasculaires efficaces d’un point de vue symptomatique ou pronostique.
  • Les médicaments utilisés pour traiter la dysfonction érectile (inhibiteurs de la PDE-5) sont considérés comme sûrs dans le cadre des maladies cardiovasculaires stables. Les inhibiteurs de la PDE-5 sont cependant interdits si les patients prennent des nitrates. A l’inverse, les patients prenant un inhibiteur de la PDE-5, doivent attendre (en fonction de la substance) 24 à 48 heures avant de pouvoir prendre des nitrates.
  • Les femmes non ménopausées atteintes de maladies cardiovasculaires doivent utiliser par sécurité des contraceptifs et les risque de grossesses doivent être discutés.
  • Les femmes ménopausées atteintes de maladies cardiovasculaires ne doivent recevoir aucun œstrogène systémique dans le traitement de la dyspareunie.
  • Après un événement important, lors d’une maladie cardio-vasculaire nouvellement diagnostiquée et après l’implantation d’un défibrillateur, le thème du sexe doit être abordé dans le cadre de la consultation médicale.

Une vie sexuelle épanouie est un facteur important dans la qualité de vie des patients et dans leurs relations avec leurs partenaires, et pour la plupart des patients souffrant de maladies cardiovasculaires, il est utile d’avoir une vie sexuelle active. Cependant, il est recommandé pour les patients atteints de maladie cardio-vasculaire d’effectuer un historique médical complet et un examen physique avant. Chez les patients présentant des symptômes stables et une bonne performance durable, rien n’empêche l’activité sexuelle. Les patients présentant des symptômes instables ou sévères doivent d’abord être traités et stabilisés avant de se consacrer à des activités sexuelles.

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2 commentaires:

L’activité sexuelle est importante à plus d’un titre:
– c’est un facteur indéniable pour la bonne entente des couples sexuels, la stabilité des foyers familiaux, limitation des cas d’infidélités sexuels, moyen universel de naissance de progéniture
– c’est facteur indéniable de bonheur intérieur
– c’est une activité physique aux bénéfices sanitaires similaires à l’activité sportive comme moyen d’éducation cardiovasculaire et de prévention des risques cardiovasculaires.
Cette étude de American Heart Association (AHA) est une bouffée d’oxygène pour les cardiaques, un argumentaire scientifique pour les prescripteurs et conseillers de santé d’accompagner leurs patients cardiaques dans la quête ou reconquête de leur fantasme sexuel.
Dr STRAUSZ, vous faites bien de mentionner dans votre article, une interaction contre-indiquée entre les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (Sildénafil) et les nitrates d’isosorbide. Elle conduit à une hypotension brutale et profonde. Le délai de prise consécutive fixée entre 24-48H est à mémorisé et à surveiller dans les ordonnances médicamenteuses.

Dr SRAUSZ, merci pour le choix de cet article

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J ai trouyé que c est tres bon article mais est ce que l activitée sexuelle trop intense n a pas d incidence sur les problemes cardiaques tout en sachant que les medicaments erectiles ont des incidents et accident sur le coeur .

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