Herpès : en premier lieu, lubrifier

7. mai 2013
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Neuf personnes sur dix sont touchées par lui : le virus de l’herpès simplex (HSV). Si l’hôte est infecté une fois, le virus demeure à l’état latent pour la vie dans les cellules nerveuses. Quelles mesures thérapeutiques peuvent donc être prises ?

Actuellement, il y a huit souches connues des virus de l’herpès humain, qui sont divisées en trois sous-familles. Celle de type 1 (HSV-1) est généralement responsable de l’herpès labial, rare mais de plus en plus commun est le HSV-2, longtemps considéré uniquement comme agent de l’herpès génital. En Allemagne, environ 88 pour cent des adultes sont porteurs d’anticorps contre le HSV-1. Chez 20 à 40 pour cent des concernés, on observe la réactivation du virus suite à des infections récurrentes par l’herpès. Le virus de l’herpès est très attaché à nous : une fois l’hôte infecté, le virus reste pour la vie à l’état latent dans les cellules nerveuses, en dépit des anticorps formés. Il y a une consolation : une fois la 35ème année passée, les récurrences sont généralement rares.

Et encore une phase

Lorsque nous remarquons une démangeaison, une brûlure ou une douleur, il est généralement trop tard. L’infection s’étend en sept phases :

  1. phase prodromique : douleurs, démangeaisons, brûlures, sensation de picotement sur la peau intacte. Ne se produit pas chez tous les patients.
  2. phase érythémateuse : la peau rougit.
  3. phase papillaire : papules douloureuses apparaissent.
  4. phase vésiculaire : les papules se gonflent en cloques remplies de liquide (vésicules). La sécrétion contient des millions de virus et elle est très contagieuse par contact.
  5. phase d’ulcération : rupture et fusion des vésicules, forme douloureuse, plaies suintantes.
  6. phase d’encroûtement : formation très irritante des croûtes,
  7. phase de guérison : guérison de la rougeur et de l’enflure résiduelles sans laisser de cicatrices

Selon les sources de la littérature, ces étapes peuvent être partiellement résumées en cinq phases. Cela peut être grave, si, lors de l’infection initiale, l’agent pathogène migre et déclenche une méningo-encéphalite herpétique.

Le stress fait fleurir les cloques

La nausée, le rhume, la fièvre, les rayons UV, les menstruations… les déclencheurs de l’herpès labial sont variés. Cependant, les déclencheurs particulièrement importants sont le stress et la fatigue, des études récentes le démontrent également de manière impressionnante. Dans une étude française il a été constaté que, chez près de 60 pour cent des 2056 patients, ces deux facteurs sont des déclencheurs des récidives herpétiques. Les gens stressés ont deux fois plus de risque d’avoir des boutons de fièvre labiaux que les personnes détendues. Les hormones de stress adrénaline et noradrénaline ainsi que le cortisol augmentent le taux de réplication virale. En outre, les transmetteurs du stress inhibent l’activation des macrophages par l’interféron et la migration des cellules tueuses naturelles. De plus, la reconnaissance spécifique et la destruction des cellules infectées par le virus par cytotoxine et apoptose sont réduites.
Dans une étude pilote, les psychologues Pfitzer et Clark de l’Université de Tübingen étudièrent l’efficacité de la thérapie par l’hypnose contre les infections récurrentes d’herpès labial. Après cinq séances de thérapie, l’herpès était significativement moins fréquent et moins intense que dans le groupe témoin. Vraisemblablement, la raison de cette réussite se trouve dans la réduction du stress par l’hypnose.

Feuilles, huiles, racines comme tueuses de virus

Dans la presse non-spécialiste circulent des dizaines de remèdes-maison. Même une pâte d’ail faite maison est recommandée. Mais savoir si les composés soufrés des désinfectants ou l’absence de baiser, conséquence de l’infection, conduit au succès, n’est pas mentionné. Le dentifrice est également discutable. Même s’il dessèche et peut agir comme désinfectant doux, un effet virustatique n’est certainement pas détectable. Les croûtes peuvent en effet disparaître avant, mais cela peut aussi favoriser la colonisation par d’autres bactéries.

Extrait de feuilles de mélisse

Grâce au dépistage antiviral avec des extraits de plantes, plus d’un millier de plantes ont été identifiées comme ayant des propriétés anti-virales. Les composés phénoliques tels que les saponines, les anthranoïdes comme l’aloémodine et l’hypericine, les flavonoïdes comme la quercétine, les acides phénoliques tels que l’acide rosmarinique et les tanins en sont juste une petite sélection. Dans une autre étude randomisée de Koytchev, Alken et Dundarov, 66 patients avec au moins quatre épisodes d’herpès par an furent traités avec un baume aux extraits de feuille de mélisse (Lomaherpan ®). Les sujets devaient utiliser la crème pendant cinq jours, quatre fois par jour. Les auteurs reconnaissent la préparation d’une efficacité significative. D’autres études de Wölbling et al. montrèrent que la crème de mélisse raccourcit le temps de guérison de l’épisode herpétique et prolonge l’intervalle sans récidive de façon significative.

L’huile d’arbre à thé

Dans une étude randomisée, contrôlée par placebo, sur20 patients souffrant de poussées d’herpès, l’effet de l’huile d’arbre à thé fut étudié. Dans le groupe verum, un gel d’arbre à thé à 6% fut utilisé, et le reste reçut une préparation placebo. Jusqu’à l’apparition de la ré-épithélisation, il se passa neuf jours dans le groupe ayant utilisé l’huile contre 12,5 dans le groupe placebo. En raison du petit nombre de patients, on ne peut certainement pas parler de test significatif. On peut également se demander si l’étude peut utiliser le terme de « contrôlée par placebo ». L’huile de théier a une odeur si forte que le gel placebo peut certainement être identifié immédiatement. De plus, le risque relativement élevé d’allergie à l’huile de théier n’en fait réellement pas une tête de liste pour le soin de l’herpès.

Rhubarbe et sauge contre aciclovir

Dans une étude comparative de substances randomisée, Büechi testa l’effet de l’aciclovir, de l’extrait de sauge ou de l’extrait de sauge et rhubarbe (Phytovir ®) sur 145 patients atteints d’herpès labial. Une autre étude avec extrait de rhubarbe contre antiviral fut annulée en raison de l’effet insuffisant des produits phytopharmaceutiques. L’étude débuta par un dépistage à l’institut de virologie à l’Université de Zurich. Les feuilles de sauge et la racine de rhubarbe montrèrent ainsi un effet antiviral contre le HSV-1. La rhubarbe avec des anthranoïdes et des tanins était plus puissante que les feuilles de sauge avec des huiles essentielles et des tanins. La combinaison de la rhubarbe et de la sauge (chacun 23 mg d’extrait / g), dans l’étude, fut aussi efficace que la crème aciclovir.
Le temps moyen de formation de la croûte et le temps de guérison ne sont pas significativement différents dans les trois groupes. Le temps de guérison était de 7,6 jours pour la crème à la sauge, 6,7 jours pour la crème rhubarbe-sauge et 6,5 jours pour la crème aciclovir. Les patients dans le groupe aciclovir étaient moins enflés, et lors de la deuxième visite de suivi, les sujets rhubarbe-sauge et les sujets utilisant la sauge seul de manière équivalente avaient moins de douleurs. Lorsque l’on compare l’aciclovir contre la rhubarbe-sage, aucune différence significative ne fut trouvée. De par le traitement des patients atteints du SIDA, il est connu que la combinaison de différents composés est plus forte que la monothérapie.

Antiviraux

Les standards thérapeutiques recommandés dans les lignes directrices de l’ABDA pour l’automédication sont les analogues nucléotidiques aciclovir et penciclovir, tous deux disponibles sans ordonnance. Ils inhibent l’ADN polymérase et la réplication virale du virus de l’herpès. Les deux médicaments agissent même lorsque le virus a déjà pénétré dans la cellule. La durée de la maladie est réduite d’environ un à deux jours et la formation de croûtes est accélérée. Les pommades sont appliquées toutes les deux à quatre heures avec un coton-tige. Le patient doit être informé de se laver attentivement les mains après traitement pour éviter la propagation du virus.

Après 10 ans de stagnation sur le marché des anti-viraux tueurs d’herpès, le Docosanol, alcool saturés à chaîne longue, fut approuvé en 2008. Il est autorisé pour le traitement de l’herpès labial en phases 1 et 2. Comme mécanisme d’action, il est estimé que le Docosanol inhibe la fusion entre les virus à enveloppe lipidique et la membrane plasmique, empêchant ainsi leur absorption intracellulaire et leur réplication. Lors d’une analyse conjointe de deux essais, le délai médian de guérison sous Docosanol fut de 4,1 jours contre 4,8 jours pour le placebo (différence 17,5 heures). La même chose s’applique pour les symptômes d’accompagnement tels que les douleurs, les fourmillements, les brûlures, qui se calment une demi-journée plus tôt, selon une étude de SACKS, SL et coll. : Le Arzneitelegramm (a-t 2008; 39: 58-9) remarqua des défauts majeurs dans la conception de l’étude et donna une note négative : statistiquement, une différence par rapport au placebo ne peut être observée que dans une seule des deux études individuelles. Trois études négatives non publiées supplémentaires jettent un doute tel que même les maigres avantages documentés pourraient être une coïncidence. Nous ne recommandons pas le Docosanol. Il peut également être utilisé sans ordonnance une pommade à l’analogue du depyrophosphate foscarnet-sodium. Dans le cadre d’une utilisation hors AMM, elle est aussi parfois utilisée pour les boutons de fièvre. Dans une ancienne comparaison contrôlée par placebo de Lawe et al. avec 143 patients, une préparation de 3% n’eut pas d’effet détectable sur le temps de guérison.

Zinc par voie orale pour la prophylaxie

Les sels de zinc tels que le sulfate de zinc ou l’histidine de zinc inhibent aussi la pénétration du virus dans les cellules hôtes à travers le zinc dissocié. Ils favorisent également la cicatrisation des plaies en faisant sécher les ampoules. Cet effet ne doit pas être confondu avec celui de la crème ou du baume de zinc. Dans ces compositions pharmaceutiques, le sel de zinc est présent à une concentration plus élevée, cependant, que l’oxyde inorganique. Cela affecte la déshydratation physique, mais il ne se dissocie pas, et n’a donc aucune propriété virustatique. Dans une étude de Femiano et al., l’influence de l’administration de 2 x 22,5 mg de sulfate de zinc par jour sur l’incidence de la maladie fut analysée. Des patients ayant plus de 6 attaques herpétiques par an étaient inclus. Les sujets reçurent deux fois par an pendant deux mois une cure de zinc. Après un an, il y eu une réduction des attaques à un nombre de 3, la durée de la maladie par épisode fut réduite, D’autres études révélèrent également que le gluconate de zinc et le lactate de zinc sont efficaces contre HSV 1 et 2.
Une approche orthomoléculaire est faite par une thérapie orale avec de la lysine. L’acide aminé se comporte comme un antagoniste de l’arginine, qui favorise la croissance du virus de l’herpès. La lysine remplace l’arginine dans le système de transport commun à travers la paroi intestinale. Le virus inclut par erreur la lysine dans ses structures d’ADN, ce qui arrête sa croissance. Dans une étude réalisée par Griffith, Norins et Kagan, l’effet prophylactique de 312 à 1200 mg de lysine sur l’herpès labial fut étudié. La fréquence et la durée des épisodes furent raccourcies.

Dégénérescence sous bulle

Comme produit médical approuvé, il existe aussi des pansements contre l’herpès. Ils couvrent les cloques et agissent selon le principe de la cicatrisation humide par occlusion. Les boutons de fièvre stressent aussi le patient sur le plan psychique, ce qui favorise une nouvelle infection. Un effet cosmétique le dissimulant pourrait ainsi théoriquement contrer un nouvel épisode.

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1 commentaire:

Florence LIMOUNI
Florence LIMOUNI

Perso j’utilise l’EMLA (mélange prilocaïne – xylocaïne) dès les 1ères sensations de brûlures, la poussée est moins forte et la guérison plus rapide. Aucune étude alors pas médicalement prouvé toutefois l’action bactériostatique et antivirale des anesthésiques locaux semblent démontrée ?! Le plus, l’effet analgésique de la pommade rend la poussée beaucoup moins désagréable.
Florence LIMOUNI de Compiègne

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