Implants : attirer au lieu de forcer

21. mai 2012
Share article

Les implants doivent être rapidement mis en place dans la mâchoire et ensuite soutenir des contraintes importantes. Les spécialistes recherchent de nouvelles stratégies : les matériaux de surface attirent les cellules fabricant l’os, mais diminuent aussi le risque d’infections bactériennes.

Un regard en arrière : en 1965, Per-Ingvar Brånemark, en fait orthopédiste et chirurgien, implanta les premières broches en titane dans la mâchoire humaine. Au fil du temps, sa méthode a été de plus en plus perfectionnée. Près de 50 ans plus tard, les chercheurs testent spécifiquement les moyens d’améliorer l’ostéo-intégration, c’est à dire la coalescence des composants inorganiques à l’os, et maintenir les bactéries en échec.

La métallurgie rejoint la chirurgie

Tout commence avec le métal lui-même : par rapport au titane pur, les alliages avec six pour cent d’aluminium et quatre pour cent de vanadium (Ti-6Al-4V) ont des propriétés supérieures en termes de résistance à la rupture. Mais la surface aussi est cruciale : auparavant, les pièces étaient le plus lisse possible, mais maintenant les chirurgiens maxillo-faciaux utilisent des implants avec des bosses microscopiques. Il y a plusieurs raisons : contrairement à ce que tout le monde attendait, les bactéries colonisent bien moins facilement les structures avec des aspérités, alors que justement, elles monopolisent même les surfaces super-hydrophobes avec succès. Les couches d’oxyde poreux contiennent en supplément du fluorure, ce qui diminue fortement l’adhésion de souches importantes d’un point de vue clinique. D’autre part, faire de telles couches crée un environnement idéal pour les ostéoblastes, le constructeur des os. Maintenant, on recherche principalement à réaliser des coopérations interdisciplinaires.

Revêtement bioactif

Par exemple, les médecins et les scientifiques des matériaux du réseau « INNOVENT » cherchent à initier un processus d’oxydation avec du plasma et à fabriquer des implants en titane avec une surface bioactive poreuse de dioxyde de titane. Dans ce processus, la couche d’oxyde extrêmement fine mais naturellement présente se transforme en un revêtement de quatre micromètres d’épaisseur en céramique. De plus, si du calcium et du magnésium sont stockés, les cellules osseuses croissent plus facilement, comme le montra une étude préclinique : au cours d’expérimentations animales, des rats eurent divers implants. Le matériau bioactif montra une excellente résistance au cisaillement, le contact avec l’os était significativement meilleur. D’autres groupes de recherche travaillent aussi sur des revêtements organiques.

Plus d’os – moins d’infections

Le but de collègues sud-coréens était de développer de nouveaux implants qui attirent les ostéoblastes, mais en même temps de réduire le risque d’infections bactériennes. Les scientifiques fonctionnalisèrent ainsi des surfaces de titane avec de l’héparine, de la dopamine et de la gentamycine ancrées respectivement à la protéine morphogénétique osseuse 2 (Bone Morphogenetic Protein 2, BMP2). Le groupe de travail fut un succès, et pas uniquement pour améliorer le processus d’osteo-intégration. Souvent, les infections se traduisent par la perte de l’implant, cependant, ce revêtement spécial agit aussi contre cela. Une mince matrice de fibrinogène libérant du bisphosphonate a montré des caractéristiques similaires à la BMP2 sur un principe complètement différent : ces produits inhibent les cellules qui détruisent l’os, les ostéoclastes, et réduisent chimiquement la déminéralisation de l’os. Les bisphosphonates administrés par voie orale, comme par exemple ceux utilisés dans le traitement ostéoporose, se comportent différemment. Ils triplent la probabilité que les implants perdent en stabilité. Derrière cela se cachent des processus de remodelage au niveau du crâne, en particulier dans la mâchoire.

Du même moule

Mais le titane n’est pas le seul matériau pour les implants. Le zirconium, un parent chimique très proche, a d’autres atouts : grâce au dioxyde de zirconium, la racine artificielle et la prothèse peuvent être amenées en un seul morceau. Des collègues autrichiens étudièrent leurs propriétés dans une étude prospective. Les paramètres cliniques et radiologiques montrèrent ainsi une intégration de 95 pour cent – en dépit d’une mise en charge immédiate. Pendant ce temps, une étude clinique randomisée et contrôlée a été lancée pour confirmer ces informations.

Maintenant ou jamais

Quelles que soient les matières, les collègues discutent toujours de la question de savoir si, après une extraction dentaire, les implants peuvent être placés immédiatement dans l’alvéole d’extraction. Pour apporter des précisions, les données de 150 patients furent comparées rétrospectivement. Il s’agissait de 480 implants immédiats et 542 implants placés dans l’os matures – aucune différence dans la durée de vie des dents artificielles n’a pu être prouvée, sauf pour le placement immédiat dans le maxillaire postérieur. D’autres études se rapportent à la géométrie des dites pièces métalliques.

var dcmv = new DcMediaViewer(); dcmv.embed({« slider »:  » maknE5EJ_3KQgafCy1_aFQ », « view »: « max », « tooltips »: false });

Petit – mais aussi costaud ?

Pour les implants de petit diamètre, le nombre d’études n’est pas satisfaisant. Ces dispositifs médicaux sont particulièrement bénéfiques pour les patients ayant une masse osseuse fortement réduite. En outre, des interventions appropriées sont beaucoup moins onéreuses que dans l’approche classique. À l’heure actuelle, des collègues de la Harvard School of Dental Medicine, Boston, Etats-Unis, ont publié un travail d’analyse de la littérature sur le sujet. Ils ont pris des études concernant des implants allant jusqu’à 3,5 millimètres de diamètre, et des essais cliniques randomisés ainsi que des études de cohortes rétrospectives ou prospectives. Le suivi devait durer au moins cinq mois, et les informations des auteurs sur la durée de vie de ces produits médicaux étaient aussi importantes. Un total de 10 093 implants correspondait à tous les critères. Après avoir analysé les données, l’équipe a trouvé des valeurs similaires pour les modèles de petits implants et ceux de largeur standard. Mais si le diamètre est de moins de trois millimètres, les racines artificielles utilisables sont très limitées, que cela soit pour la fixation de prothèses complètes, ou pour de petites dents unitaires manquantes – mais selon les auteurs il s’agit d’« une manière efficace, une solution rentable pour les personnes âgées, pour réduire les problèmes de prothèse ».

Topless?

Les racines artificielles sous forme de vis dans la mâchoire sont seulement la moitié de la bataille – les prothèses en font également partie. Une percée a été récemment réussie à l’Otto-Schott-Institut de Céramique: avec des matériaux à base d’oxyde de magnésium, silice et alumine, les chimistes atteignirent une résistance cinq fois plus grande que celle des céramiques connues. Et l’apparence des dents normales doit aussi être parfaitement reproduite. Ce n’est possible que par la réalisation de répétitions de fusion et de broyage –au final de minuscules cristaux, jusqu’à 100 nanomètres, sont obtenus et permettent ainsi d’apporter à la fois la résistance et un aspect extérieur transparent très important. En implantologie moderne, l’esthétique et la qualité ont chacune leur place.

7 note(s) (3.86 ø)
Dentisterie, Médecine

Comments are exhausted yet.

1 commentaire:

Bonnes nouvelles pour les orthopédistes et les chirurgiens dentistes. Quant aux patients, ils peuvent espérer une application thérapeutique de ces amalgames attracteurs des ostéoblastes dans un futur proche.

#1 |
  0


Langue:
Suivre DocCheck: