Musicothérapie : Quoi de neuf dans les oreilles ?

4. juin 2012
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Elle calme, elle bouge, elle pénètre dans le cerveau - la musique. Il n’est donc pas étonnant que de plus en plus de scientifiques obtiennent des succès en utilisant la thérapie par la musique dans le cadre de diverses maladies.

Certains pleurent en écoutant Beethoven, pour d’autres, c’est Bon Jovi qui a cet effet, mais presque tout le monde est sur la piste de danse lorsque Queen est joué. La musique touche les gens. Si notre chanson favorite passe à la radio, tout va bien pendant cinq minutes. La musique a un accès direct aux émotions, elle fait partie de l’histoire de la personne. Toutes les personnes ont un sentiment pour la musique, mis à part dans quelques rares cas de maladies neurologiques. Toute personne qui crée elle-même de la musique peut même modifier son cerveau. Chez les musiciens professionnels, des particularités peuvent être observées sur les scanners du cerveau : le corps calleux qui relie les deux hémisphères est ainsi beaucoup plus épais chez eux. La différence est encore plus évidente s’ils ont appris jouer d’un instrument dans la petite enfance.

Une preuve: la musique peut aider à guérir

Ces effets de la musique intéressent aussi les médecins depuis un certain temps. Parce qu’il y a de plus en plus de preuves que la musique peut aider à guérir. Des travaux systématiques de synthèse récents montrent que les gens souffrant de différentes maladies pourraient avoir un bénéfice en écoutant de la musique, en chantant ou même en en jouant. Parmi ces maladies, on trouve l’autisme, la dépression, la schizophrénie, les lésions cérébrales et un grand nombre d’autres maladies. 30 études ont été réalisées uniquement sur le thème du cancer, regroupant plus de 2.000 sujets. Pour certains, il faut jouer de la musique, pour d’autres l’entendre est suffisant. Dans les deux cas, la conclusion était la même : la musique est susceptible d’améliorer l’anxiété, l’humeur, la douleur et la qualité de vie.

La thérapie par la musique peut sans doute aussi avoir des succès dans le cadre de maladies mentales – bien sûr à dose correcte. Dans une revue, les scientifiques autour de Christian Gold du Grieg Academy Music Therapy Research Centre de Bergen analysèrent quinze études représentant un total de 300 patients. Les deux tiers environ souffraient de psychose, un tiers étaient déprimé. Au cours de la musicothérapie, les patients jouèrent divers instruments, chantèrent, écrivirent des paroles improvisées et réfléchirent sur leur contenu. Les auteurs de l’étude montrèrent que la musicothérapie peut avoir un effet important et significatif sur les symptômes généraux tels que la dépression, l’anxiété, ou induire une certaine motivation si elle est utilisée régulièrement. Il faudrait à peu près entre 16 et 40 heures de thérapie, selon les auteurs de cette étude.

Air de danse irlandaise dans la salle d’opération

D’autres études suggèrent que les autistes peuvent devenir communicatifs avec l’aide de la musique. Chanter en groupe peut aider les patients atteints d’Alzheimer à diminuer les agressions, à récupérer des souvenirs et à développer un soutien émotionnel. La façon dont les gens réagissent à la musique dépend aussi de la mélodie. Ainsi, le neuro-scientifique allemand Stefan Kölsch passe à ses patients avant et pendant les opérations chirurgicales des morceaux musicaux joyeux tels que l’ « Allegro » du quatrième Concerto Brandebourgeois de Bach ou un air de danse irlandaise. La musique calma le patient, la concentration de cortisol, l’hormone du stress, diminua et ils avaient besoin de moins d’anesthésique comme le propofol.

Un genre très différent de musicothérapie fut récemment testé chez les patients atteints d’acouphènes. Le groupe de Christo Pantev de l’Université de Münster passa une à deux heures de la musique préférée des sujets pendant environ un an, tous les huit jours. Mais d’abord, ils filtrèrent toute la gamme de fréquence autour de la tonalité de l’acouphène. Les patients ne peuvent plus percevoir une fréquence sonore particulière à cause d’une déficience auditive. Le problème consiste en ce que ces personnes croient toujours entendre le son manquant lorsque le cerveau traite les fréquences adjacentes. La musicothérapie devrait contribuer à annuler la mauvaise connexion dans le cortex auditif au niveau du cerveau. Les premiers résultats des chercheurs sont prometteurs, au moins pour diminuer l’acouphène.

Acouphène : produire un son semblable

Ce procédé va maintenant être amélioré au cours d’un projet de recherche de trois ans à l’Université de Münster. Le Viktor Dulger Forschungsinstitut du Deutschen Zentrum für Musiktherapieforschung e.V. à Heidelberg a développé une thérapie similaire. En utilisant un synthétiseur, les chercheurs reconstituèrent des sons qui furent joués aux patients en fonction de leur propre acouphène. Grâce à la suite de tonalité personnelle, les cellules nerveuses hyperactives devraient se calmer et éliminer les connexions défavorables entre les neurones. D’autres expériences doivent montrer si ces méthodes répondent aux critères médicaux, fondés sur des preuves, et si les patients en tirent réellement un bénéfice à long terme.

6 note(s) (4.17 ø)
Médecine, Neurologie, Psychiatrie

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1 commentaire:

Quand je déprime ou que je suis névrosé, j¿écoute généralement de la musique. Quand mon pays, ma culture et mon village me manquent, j¿écoute des mélodies de mon terroir. Les sons musicaux préférés (my best of artist) me renvoient à des saisons particulières, à des époques de ma vie, à des souvenirs de joie, de tristesse, un voyage, un évènement, me rappellent certaines personnes que j’ai connues… un amour, un traitre ¿
Tout se passe comme si durant des instant d¿écoute musicale, l¿on sortait de son corps, et l¿on irait dans un monde imaginaire ou passé qu¿il soit paradisiaque ou infernal. Sortir un peu de son corps, c¿est là qu¿on s¿extirpe des souffrances de son corps telles les douleurs physiques et morales.
Certes, c¿est magique ! Mais il ya des bases neurochimiques qui soutiennent cela. C¿est à chercher. L¿effet est bien connu.
La musique peut apaiser des souffrances, à quelle dose ? La toxicité musicale (pollution sonore) n¿est pas des moindres ! Tonalité trop forte, longue durée d¿écoute, fréquence d¿écoute élevée qui au lieu de soigner des acouphènes, vont en générer, baisser l¿audition, troubler la mémoire, induire une accoutumance et une dépendance à la musique à la longue.
Tout est poison, seule la bonne dose fait la thérapie.
Merci Miss Nicole Simon pour le choix de cette thématique.

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