Dépression lors de la défibrillation ?

4. juin 2012
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La technologie des défibrillateurs implantables a évolué ces dernières années dans la mesure où les fausses alertes ne se produisent maintenant que rarement. Pourtant, les patients qui ont une décharge électrique qui les surprend plusieurs fois par an sont souvent sujets à l’anxiété et la dépression.

En fait, le patient peut dormir tranquille. En effet, dans sa poitrine il y a son sauveteur qui a été mis en place par le chirurgien cardiaque. Le petit générateur d’impulsions de courant couplé à un capteur approprié détecte les arythmies ventriculaires et fournit un choc en cas de signaux d’alarme précis, permettant au cœur de battre de nouveau normalement. DAI est synonyme de défibrillateur automatique implantable qui permet de protéger son porteur de l’infarctus.

Toute cette électronique sophistiquée n’aide cependant pas contre la peur logée dans l’esprit du porteur. Les soucis tournent non seulement autour de la menace d’une crise cardiaque, mais aussi sur la crainte de la décharge qui est souvent tout à fait inattendue, en moyenne deux fois par an. Et ce n’est pas toujours le rythme cardiaque anarchique qui est à blâmer pour l’impulsion du DAI, il s’agit parfois d’un faux déclenchement. Plus les électrodes se déchargent souvent, plus le patient se sent en situation d’insécurité. Puis-je encore conduire ? Qu’en est-il du sport? Est-ce qu’un champ électrique autour de moi peut alerter mon DAI ?

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Comme toucher une prise électrique

Les premiers défibrillateurs implantables ont été introduits sur le marché en 1985. Contrairement aux thérapies pharmacologiques, ils n’avaient pas d’effets secondaires et de problèmes d’intolérance. De nombreuses études montrèrent à la fois une baisse de la mortalité ainsi que la prévention de maladies coronariennes et la suppression de maladies cardio-vasculaires telles que les tachycardies ventriculaires ou les vibrations ventriculaires. En Allemagne il y a environ 40.000 porteurs de DAI, et des centaines de milliers dans le monde. De nombreux dispositifs combinent maintenant aussi défibrillateur et fonction de stimulateur cardiaque en cas de problèmes cardiaques à un stade avancé. Cependant, cette technologie n’est pas donnée : un dispositif de DAI-CRT (thérapie de resynchronisation cardiaque) coûte environ 35.000 US $.

Toutefois, des électrodes et des câbles défectueux ou un capteur hypersensible créent aussi des décharges qui n’auraient pas été nécessaires. Les patients rapportent des expériences similaires à toucher une prise de courant domestique ou une clôture électrique. Alors que les quatre cinquièmes des porteurs se portent bien avec l’appareil, le reste a du mal à s’habituer à cette nouvelle situation. Ceux qui ont subi cinq ou plus chocs par an sont particulièrement à risque. La dépression et l’anxiété sont les symptômes les plus courants d’une telle exposition. Parfois cela peut devenir une véritable psychose.

Le DAI sape le moral

Il n’y a pas que la crainte de l’impact à l’intérieur du corps. Quelques patients ont signalé un sentiment d’impuissance et de contrôle interne étranger par ce générateur dans la poitrine. L’incertitude a un impact sur la vie quotidienne. Les victimes se retirent et limitent les contacts. À la dernière réunion annuelle de l’American Heart Association, une communication a indiqué la limitation de la vie sexuelle, en particulier chez les jeunes porteurs de DAI. Enfin, il n’y a pas que le cœur du patient qui est malade, mais aussi la famille : le partenaire ou les membres de la famille ont intérieurement la crainte d’un choc. D’ailleurs, cette crainte est dans une certaine proportion plus importante que celle du patient lui-même, selon une étude américaine de 2007.

Du point de vue technique, les fabricants font un effort important pour diminuer autant que possible le nombre de fausses alarmes. Cela inclut le contrôle à distance de l’appareil (rapport DocCheck). Les médecins doivent en même temps que l’implantation vérifier l’état de santé moral de leur protégé, car uniquement avec ce type de problèmes psychiques, le taux de mortalité devient supérieur à celui des patients mentalement stables. En Allemagne, la Kerckhoff-Klinik à Bad Nauheim, par exemple, a pris l’initiative de proposer des soins psychologiques pour ces patients.

Jochen Jordan a élaboré un guide pour cela. Les patients qui ont connu plus de cinq chocs dans les douze mois ou plus de trois chocs au cours d’un seul et même épisode devraient donc être revus pour trouble post-traumatique. Les options de traitement comprennent une psychothérapie intensive quotidienne ainsi qu’une information exacte sur le fonctionnement du DAI, qui est censé sauver la vie et non être vécu comme une bombe à retardement. Les antidépresseurs, la relaxation active et la prise de parole dans les groupes d’entraide font aussi partie de la panoplie à disposition du psycho-cardiologue.

Moins d’accidents de voiture que la normale

Dans une petite étude, Jordan examina 21 patients atteints du SSPT qui avaient connu jusqu’à 70 chocs au cours d’un épisode. La psychothérapie aida 13 d’entre eux à guérir du syndrome de stress, 15 patients furent très satisfaits des mesures prises. Celui qui considère le petit appareil sur son cœur non comme un fardeau mais comme une assurance contre la mort par arrêt cardiaque peut vivre dans de nombreux cas presque sans restriction. Le taux d’accidents de voiture chez les porteurs de DAI en prévention secondaire est de 3,4 pour cent par patient et par an, ce qui est même plus bas que dans la population générale. Les personnes pratiquant un sport ne doivent pas avoir peur d’un taux plus élevé de fausses alarmes. Comme Matthias Wilhelm de l’Hôpital universitaire de Berne en fait état, un effort raisonnable conduit même à une fonction cardiaque sensiblement améliorée. L’exercice régulier permet également de lutter contre la dépression et permet au patient de mieux dormir.

6 note(s) (3.67 ø)
Chirurgie, Médecine, Psychiatrie

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