Le tsunami d’adrénaline

20. juin 2012
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L’Euro a lieu en ce moment. Partout dans le monde, des fans acclament leurs équipes. Un énorme gaspillage de ressources provenant des surrénales, comme le montre notre modélisation.

Il s’agissait d’une étude géniale. Pendant la Coupe du Monde de football en Allemagne en 2006, le docteur Ute Wilbert-Lampen analysa, avec ses collègues, quelques données simples et réalisa quelques calculs statistiques peu compliqués. Le tout fut récompensé par une publication dans le New England Journal of Medicine (2008; 358:475), dans laquelle les munichois montrèrent que le risque d’avoir un événement cardiaque grave est deux fois plus élevé quand des matchs de football ayant un fort impact émotionnel sur le public sont diffusés à la télévision.

Il est évident que cette relation a quelque chose à voir avec les réactions physiologiques de l’organisme au stress. Et maintenant, ce tsunami d’adrénaline revient, coulant comme une boisson énergétique collective sur tous les pays ayant une équipe qui prend part à cet évènement en Pologne et en Ukraine.

Mais de quelles quantités d’adrénaline parlons-nous vraiment ? Les chiffres exacts sur la sécrétion d’adrénaline par les glandes surrénales dans des situations stressantes sont rares, et en général la variabilité hormonale interindividuelle est importante. Il est connu que la concentration d’adrénaline dans le sang au repos de situe en dessous de 100 ng / l. Il a également été décrit que parfois, en période de stress aigu, elle peut augmenter d’un facteur dix.

Une finale équivaut à ce qui est nécessaire pour l’ensemble des personnes allergiques

Il y a des choses qui sont prévisibles. 100 ng/l dans, disons, six litres de sang circulant correspond à 600 nanogrammes maximum d’adrénaline au repos. Si nous supposons maintenant que le stress le plus fort qui peut gâcher la vie d’un fan de football est un tir au but avec des conséquences dramatiques, alors, en réaction, la concentration d’adrénaline sera décuplée. Cela signifie que nous serions à 1000 ng/l, soit, respectivement, à 6000 nanogrammes pour six litres de sang. Ainsi la glande surrénale, pour atteindre ce niveau, devrait secréter 5400 nanogrammes, soit 5,4 microgrammes d’adrénaline.

Maintenant, la demi-vie de l’adrénaline est de une à trois minutes. De manière générale les réactions au stress induit par le football durent un peu plus longtemps. En conséquence, toutes les trois minutes environ 3000 nanogrammes sont de nouveau secrétées pour maintenir le niveau hormonal. Si on considère 30 minutes de stress intense, puis le temps supplémentaire, plus les tirs au but, ou autres, alors nous aurions besoin de 5400 nanogrammes de sécrétion initiale majorée de 10 x 3.000 nanogrammes, qui totalisent 35 400 nanogrammes, soit 35,4 microgrammes pour chaque fan pour maintenir la concentration sérique au cours de cette demi-heure.

En se basant sur l’existence de 320 millions de fans de football fébriles en Europe, il y aurait donc, sur tout le continent, environ onze kilogrammes d’adrénaline sécrétés à cause d’un tir au but. Ce qui peut être comparé à la dose de 2 mg par seringue de plus de 5 millions de kits d’urgence pour les personnes souffrant d’allergies. En d’autres termes, toute personne qui abandonne son poste de télévision pour la finale ne réduit pas seulement son risque d’événements cardiaques de plus de moitié, il peut également affronter une fois de plus son voisin qui lui donne des boutons.

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1 commentaire:

Dr Philipp Graetzel, comme application immédiate de votre généreuse idée, les chercheurs pourront mettre en place le concept  » don d’adrénaline ». On pourra organiser des campagnes de « don d¿adrénaline » au cours des sports très spectaculaires et populaires comme le football pour sauver des millions de patients en choc anaphylactique.
Par ailleurs, Il est dit de la cortisone, l’hormone du stress. Le taux de cortisone a t-il été évalué dans l’étude du docteur Ute Wilbert-Lampen pour le corréler au niveau de stress?
Il est d¿usage courant, des injections de glucocorticoïdes dérivés de la cortisone associée aux bronchodilatateurs dont l¿adrénaline dans les états de choc anaphylactique.
Et le « don de cortisone » !

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