Clinique discount : petite fièvre au meilleur prix

20. juillet 2012
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Diagnostic et traitement dans un supermarché ? Dans de nombreux pays, le concept est connu depuis longtemps, le but étant de fournir des soins abordables sept jours sur sept. L’Europe rattrape son retard avec un fournisseur en Finlande.

Beaucoup de gens connaissent ce problème : une fois de plus, on a travaillé du matin au soir, avec la gorge de plus en plus irritée, mais on n’a pas eu le temps d’aller chez le médecin. Puis la fièvre arrive, bien sûr, le vendredi après-midi. Pour les personnes affectées, il n’y avait jusqu’à maintenant que les cabinets médicaux de garde. Depuis longtemps, les horaires de consultation des médecins ne correspondent plus à nos modes de vie – c’est une niche commerciale dans d’autres pays industrialisés.

Oui, nous sommes ouverts !

Aux États-Unis il y a depuis plusieurs années des cliniques discounts dans les supermarchés et les pharmacies. Là, des infirmiers spécialement formés ou des assistants médicaux traitent des pathologies aigües non compliquées, depuis celles concernant la zone ORL, en passant par celles de la peau et des yeux jusqu’à celles des tractus digestif et génito-urinaire. Les politiciens ont une relation très ambivalente avec les fournisseurs de ces services : ils aiment voir ces prestations médicales – peu chères et disponibles sept jours par semaine. En fait, les études montrent que, par exemple, une visite pour une otite dans une clinique discount coûte 59 $, tandis qu’une consultation dans un cabinet médical coûtera 95 $. Ce coût, dans un cabinet de garde, est de 135 dollars américains, et, au service des urgences hospitalières, il est même de 184 dollars américains.

Pas cher – mais bon ?

Beaucoup se demandent, toutefois, si la qualité de ces cliniques « walk-in » correspond à la norme des cabinets médicaux – une critique qui n’est pas nécessairement fondée sur des faits : Andrew J. Sussman, président et chef de l’exploitation de « MinuteClinic », cite une ancienne étude des « Annals of Internal Medicine ». Les conclusions de cette étude indiquaient que les traitements dans les cliniques discounts correspondent à ceux des cabinets médicaux sur la base de critères de qualité, mais étaient significativement meilleurs que dans les services d’urgence. « De nombreuses publications internationales ont mis en doute cette haute qualité » dit Ron Liebkind, directeur du marketing de la chaîne finlandaise de cliniques Laastari. Une étude récente menée par Christine K. Cassel, American Board of Internal Medicine, montre plusieurs avantages des cliniques discounts, en terme d’accès, coût, qualité, coordination, soins, suivi des patients et communications. Selon Liebkind, « je pense que les faits sont plus importants que la spéculation ». Mais qui est traité dans les cliniques discounts ?

Femme et aisée financièrement

Dans l’étude RAND, les scientifiques ont observé attentivement les groupes cibles. Le résultat : les femmes consultent plus fréquemment les cliniques discounts que les hommes. Elles appartiennent souvent à des groupes à revenus moyens et élevés, ont tendance à ne pas souffrir de maladie chronique et se trouvent surtout dans le groupe 18-44 ans : en pleine ascension professionnelle, les heures d’ouverture, sept jours par semaine, souvent du matin jusqu’à tard le soir, sont appréciables. Ce succès des Etats-Unis s’est maintenant propagé à l’Europe.

Bien pris en charge dans le grand nord

Laastari (en français « pansement »), un fournisseur de services de santé en Finlande, s’est également spécialisé dans le traitement des pathologies aiguës communes. Une situation gagnant-gagnant claire : les cliniques discounts promettent « un accès rapide et facile aux services de santé pour les personnes modernes occupées », selon Liebkind. « Le système de santé devient ainsi plus efficace et peut se concentrer sur les défis futurs tels que le traitement du nombre croissant de maladies chroniques ». Les cas faciles demandent ainsi moins de ressources en termes de médecins ou d’hôpitaux. Les clients recevront également une aide rapide et personnalisée pour les maladies simples.

Frustration pour les rendez-vous – non merci

Une niche commerciale que les cabinets établis actuellement ne couvrent que partiellement : les patients, aux États-Unis, se plaignent qu’ils n’avaient pas de rendez-vous à court terme, et que, malgré un premier rendez-vous pris, il y avait un long temps d’attente pour la suite. Pas pour les cliniques discounts : elles se trouvent généralement dans des endroits facilement accessibles comme les centres commerciaux ou dans les pharmacies, avec un stationnement facile inclus. Les patients n’ont pas besoin d’un rendez-vous, mais peuvent être traités du lundi au dimanche, les cliniques sont généralement ouvertes de dix à douze heures par jour. Il y a aussi la transparence des prix : chaque consultation est à un prix forfaitaire de 45 €, les vaccinations coûtent 25 €. La proximité de pharmacies garantit que les prescriptions peuvent être obtenues immédiatement – ce qui est particulièrement important dans les maladies aiguës.

Thérapie avec iPad et SMS

Les cliniques discounts comme Laastari s’appuient sur des workflows et des technologies évoluées : sur site, les infirmiers reçoivent le patient et réalisent un entretien de 15 minutes sur les symptômes ainsi que l’historique des affections médicales. Toutes les données numériques sont envoyées via iPad afin d’être examinées par un médecin. Si des médicaments sont prescrits, un collègue envoie en ligne la prescription électronique à la pharmacie d’à côté. Le patient reçoit un message SMS avec des informations supplémentaires. « Nous apprécions la communication entre tous les membres de l’équipe de soins de santé », dit Liebkind. « Cela signifie utiliser la haute technologie et développer nos systèmes de dossiers de patients, de sorte que toutes les informations puissent être trouvées rapidement et avec précision. » Les employés des cliniques discounts sont enthousiastes: « Notre système est tout simplement génial. Je n’avais jamais utilisé un iPad », explique Anne Kantola, une infirmière de Laastari. « Mais dès le début, l’utilisation a été très intuitive ».

Un défi pour les programmeurs

Pour l’application iPad, beaucoup de réflexion fut nécessaire : elle devait être conviviale, facile à utiliser rapidement, et la protection des données ou d’autres facteurs de fiabilité étaient importants. Les développeurs interrogèrent les médecins et les infirmiers de Laastari, afin de mieux comprendre leurs besoins dans la pratique quotidienne. Le résultat a été une application comprenant les processus essentiels tels que l’enregistrement, le diagnostic et les médicaments, ainsi que de potentiels avertissements. En plus du personnel qualifié, la technologie est une base essentielle de Laastari. Ainsi équipée, la chaîne s’élargit désormais également à la Suède.

Le réseau se développe

Une perspective pour l’Allemagne? « Nous pouvons travailler avec n’importe quel hôpital », a déclaré Ron Liebkind. Néanmoins, les besoins individuels de chaque pays sont pris en compte – une question de mentalité. Dans certains pays, les cliniques discounts sont plus largement acceptées, tandis que, dans d’autres, on préfère les médecins de famille. Liebkind a des projets : « Nous construisons une chaîne de cliniques internationales, qui peuvent être installées partout » – à condition qu’elles soient acceptées.

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1 commentaire:

Le concept  » retails clinics » est louable dans la mesure où ces cliniques comblent temporellement et spatialement le vide laissé par les structures médicales conventionnelles. Elles ne devraient en aucun cas se poser la question de la qualité de leur intervention ,devant répondre aux normes d’installation et de bonnes pratiques médicales et infirmières; mais plutôt l’étendue de leur champs médical d’intervention qui ,au demeurant, devrait se limiter aux petits soins, d’intervention et de conseils de santé communautaire. A cet effet, une liste réglementaire d’actes médicaux et infirmiers devrait être établie comme il est de pratique pour les médicaments OTC (over the counter ).

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