Y a-t-il un médecin dans l’avion ?

22. août 2017
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Les urgences médicales dans les avions en vol sont rares, mais l’augmentation de l’âge des passagers et leurs problèmes de santé préexistants vont probablement les faire augmenter dans le futur. Comment les compagnies aériennes peuvent-elles s’y préparer ? Et que doit-on savoir lorsqu’on apporte son aide à bord en tant que médecin ?

Tout médecin peut être confronté à cette situation : une annonce en cours de vol indique une urgence médicale à bord, et demande des passagers ayant des connaissances médicales pour apporter leur aide. Bien que les incidents potentiellement mortels sont rares sur les vols, il s’agit de défis importants pour l’équipage et les volontaires. En effet, l’équipement technique et le personnel disponible sont totalement différents de l’équipement de base des urgences d’un hôpital.

Le nombre de passagers des compagnies aériennes augmente dans le monde entier. Ainsi, en 2016, environ 3 milliards de personnes ont voyagé sur des vols commerciaux. Des études récentes montrent qu’entre 14 000 et 40 000 passagers ont souffert d’une urgence médicale. Dans environ sept à 13 pour cent des cas, l’urgence a conduit à une escale non prévue de l’avion. Et environ 0,3 pour cent des patients décèdent en raison de cette urgence.

De plus en plus de personnes prennent l’avion avec des problèmes de santé préexistants

Ces chiffres pourraient encore augmenter dans les années à venir, en partie parce que de plus en plus de personnes âgées et de personnes ayant des problèmes de santé prennent l’avion. « La question des urgences médicales pendant les vols deviendra de plus en plus importante dans les années à venir », explique le professeur Dr. Jochen Hinkelbein, président de la Société allemande de médecine aérospatiale (DGLRM) et médecin urgentiste à l’Université de Cologne (Allemagne).

Cependant, il n’existe aucune ligne directrice qui définisse les mesures pour se préparer à une urgence médicale à bord et qui traite de ces situations d’urgence. En outre, l’incidence, les causes et les conséquences de ces situations d’urgence ne sont pas encore systématiquement recensées. « Il s’agit d’une information importante pour déterminer l’équipement médical d’urgence approprié à bord et créer des programmes de formation efficaces pour l’équipage ainsi que formuler des recommandations pour faire face aux situations d’urgence à bord, » écrivent Hinkelbein et son équipe. « Nous demandons donc la création urgente d’une base de données internationale centralisée, dans laquelle seront systématiquement enregistrées les urgences médicales pendant les vols. »

Un équipement spécifique à bord fait souvent défaut

Selon une étude, les causes les plus courantes d’urgence en vol sont un collapsus circulatoire ou une instabilité circulatoire (présyncope), les deux représentent 37 pour cent des incidents. En deuxième position viennent les troubles respiratoires (12 pour cent), tels que l’essoufflement, suivi des nausées et des vomissements (9,5 pour cent). 8,5 pour cent des patients ont été suivis à l’hôpital après l’incident, la plupart du temps pour des soupçons d’accident vasculaire cérébral, des troubles respiratoires ou des problèmes cardiaques. Dans une autre étude dans laquelle des médecins spécialisés en médecine aéronautique ont été interrogés, les maladies cardiovasculaires (40 pour cent) et les symptômes neurologiques (18 pour cent) étaient les principales causes des urgences sur les vols.

À bord d’un avion, il y a un équipement minimum pour les urgences médicales et l’équipage doit avoir reçu une formation concernant certaines situations d’urgence spécifiques, comme le définit en Europe l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). À bord, il doit y avoir une trousse de premiers secours et dans les avions avec plus de 30 sièges, une « trousse médicale d’urgence » doit être disponible. Cependant, il n’est pas précisément détaillé ce que ce kit doit contenir. Aux États-Unis, il est obligatoire de transporter un défibrillateur et de l’adrénaline pour la prise en charge des chocs circulatoires dans la trousse d’urgence médicale, mais en Europe, il n’y a pas de telles règles.

Les équipements supplémentaires pour les urgences peuvent varier considérablement d’une compagnie aérienne à l’autre. Ainsi, une étude réalisée par les équipes de recherche travaillant avec Hinkelbein a démontré que même si toutes avaient l’équipement minimum requis à bord, parmi les 13 compagnies aériennes allemandes étudiées, seulement quatre avaient un défibrillateur et seulement sept étaient équipées d’une trousse d’urgence médicale élargie. « Dans l’ensemble, les équipements des compagnies aériennes pour les urgences médicales sont conformes aux lois », dit Hinkelbein. Cependant, la plupart des compagnies aériennes n’ont pas un matériel suffisant pour traiter certaines situations d’urgence spécifiques selon les directives médicales habituelles, indiquent les chercheurs, comme par exemple pour effectuer une réanimation cardio-respiratoire lors d’une une crise cardiaque aiguë.

De nouvelles lignes directrices : des mesures pour un arrêt cardiaque

Un des incidents rares mais grave qui peut survenir en vol est un arrêt cardio-vasculaire aigu : bien qu’il représente seulement 0,3 pour cent des urgences médicales pendant les vols, il est responsable de 86 pour cent des décès. Un groupe de travail du DGLRM autour de Jochen Hinkelbein a développé une ligne directrice qui recommande aux compagnies aériennes des mesures pour faire face à un arrêt cardiaque à bord. Les chercheurs les ont présentées début Juin lors de la conférence Euroanaesthesia à Genève. Il est maintenant prévu de contacter directement les compagnies aériennes et de les convaincre d’ajouter ces aspects dans leur manuel d’interventions d’urgence.

Les directives comprennent les mesures suivantes:

  • Tous les avions doivent être équipés d’un défibrillateur, ou au moins d’un appareil à ECG.
  • L’équipage doit régulièrement (idéalement tous les six mois) réaliser une formation en secourisme qui comprend une formation en réanimation cardio-pulmonaire.
  • L’équipement d’urgence et son emplacement doivent être indiqués pndant les annonces de sécurité avant le vol.
  • Après un arrêt cardiaque (présumé), l’équipage doit demander une assistance médicale le plus rapidement possible par l’intermédiaire d’une annonce.
  • Si possible, la réanimation cardio-pulmonaire doit être effectuée par deux personnes.
  • Une fois que le patient a récupéré une circulation spontanée, l’avion doit atterrir sur l’aéroport le plus proche.

Autres urgences : réactions allergiques graves et crise d’asthme

En plus des maladies cardiaques, l’asthme et les allergies peuvent conduire à des urgences médicales pendant les vols, par exemple lors d’une crise d’asthme ou une réaction allergique grave. « La fréquence de ces incidents est inconnue. Mais nous craignons que cette question n’ait pas encore reçu toute l’attention nécessaire », selon une équipe de recherche internationale dirigée par Mario Sánchez-Borges du Centro Médico Docente La Trinité à Caracas (Venezuela). Ainsi, les études estiment que deux à quatre pour cent des problèmes médicaux lors des vols sont dus à des allergies. Les conditions particulières au cours d’un vol, en particulier la faible teneur en oxygène et la faible humidité dans la cabine, pourraient favoriser les crises d’asthme ou les réactions allergiques.

Il est donc important de détecter l’incidence des urgences allergiques et liées à l’asthme ainsi que de mettre en place des moyens de les prévenir et de les traiter dans de futures études. « En outre, les passagers à risque et les compagnies aériennes devraient être équipées pour prendre les mesures nécessaires afin de prévenir de telles situations d’urgence et les traiter correctement », ont souligné Sánchez-Borges et son équipe. Jusqu’à présent, l’équipement présent dans l’appareil pour traiter ces situations d’urgence est limité.

De nombreuses compagnies aériennes ont en effet maintenant mis en place des stratégies pour faire face à de tels incidents. Cependant, il n’y a à ce jour aucune mesure normalisée pour toutes les compagnies aériennes. « Des recommandations fondées sur des données probantes devraient être élaborées en coopération avec des médecins spécialisés », ont déclaré les chercheurs dirigés par Sánchez-Borges. Il faudrait ainsi conserver dans la trousse d’urgence des corticostéroïdes, des antihistaminiques et des agonistes bêta-2 pour le traitement des crises d’asthme aiguës.

À quoi doit-on faire attention lorsqu’on propose son aide ?

Les médecins ne devraient pas hésiter à fournir une assistance médicale en cas d’urgence à bord, même si une telle situation peut être une contrainte importante. « Il faut savoir que cette aide peut améliorer considérablement l’issue des situations d’urgence », dit Hinkelbein. « Vous devez fournir une aide dans tous les cas. » Normalement, aucune conséquence négative ne peut être reprochée aux volontaires. « Le risque d’être tenu pour responsable en cas de problème est presque impossible », dit le scientifique. « Il existe différentes lois pour la protection des personnes portant secours à bord. »

Les personnes prêtes à fournir une assistance médicale pendant un vol peuvent s’informer avant le départ des médicaments et équipements médicaux présents à bord. « En cas de situation d’urgence, le médecin volontaire doit d’abord demander où se trouve le matériel », dit Hinkelbein. « Il est également utile de présenter un document l’identifiant comme médecin. »

Durant le processus, le volontaire devrait communiquer régulièrement avec le commandant de bord, lui donner des informations sur l’état du patient et le conseiller au cas où une escale non prévue serait nécessaire. Mais la décision finale revient au commandant de bord.

« Toute personne qui apporte son aide dans un avion doit savoir qu’une situation d’urgence est en règle générale gérable, mais que les possibilités de prise en charge sont souvent limitées », a déclaré Hinkelbein. « En fin de compte, tout le monde devrait apporter son aide, autant qu’il est possible dans cet environnement peu familier. »

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9 commentaires:

Cynthia Raquel BAYON
Cynthia Raquel BAYON

Bonjour,
En tant qu’ambulancière diplômée avec 22 ans d’expérience dans les urgences préhospitalières et le sauvetage, j’avoue que je ne sais pas si je suis perplexe ou en colère en vous lisant…
L’urgence sanitaire dans un avion serait-elle donc réservée à des médecins dont la plupart ne savent pas gérer ce genre de situations ? Soit…

N’est-il pas navrant de lire que, pour certains, la peur vous tenaille plus que l’envie d’aller aider une personne en détresse ? Dans mon milieu, on n’hésite pas, c’est notre job. Donc, à moins qu’on m’en empêche, j’irai, même morte de trouille. Dans ce cas, la remarque du Dr SCHMITZ me paraît pertinente : exiger une réquisition du pilote me semble le plus simple. Après, si le pilote ne veut pas vous la donner, adressez-vous au patient ou à sa famille. Jamais on ne pourra vous reprocher d’être intervenu sur une urgence sanitaire selon vos compétences. Par contre, si vous ne faites rien ou un geste délétère pour le patient, là, oui, on pourrait vous le reprocher. Cela dit, si vous ne savez pas, faites comme tout le monde : demandez de l’aide!

Si vous intervenez, la seule chose dont vous avez vraiment besoin, c’est d’un peu de courage, de bon sens et de vos deux mains. Tout le reste, ou presque, vous pouvez le trouver dans l’avion. Il y a assez de personnes malades pour avoir le produit que vous cherchez, ou un équivalent.
Petit plus : achetez-vous un pulsoxymètre de poche! Aujourd’hui, vous en avez pour 20 euros et ça vous aide pour tout, sans parler de l’effet « salvateur » que ça a sur tout le monde : vous, parce que vous vous libérez la tête pour penser un instant et, le patient, parce que vous lui faites un geste… « médical ».

Si vous ne connaissez rien de l’urgence sanitaire, aujourd’hui, on trouve sur internet, la plupart des algorithmes et protocoles décisionnels utilisés dans le préhospitalier ou, pourquoi ne pas (re)faire un simple cours de secourisme ? Apprendre ce qu’est un A-B-C, un score de Glasgow ou de Cincinatti, comment met-on une personne en PLS, ou comment fait-on un massage cardiaque, une défibrillation… Et, en dernier recours si vous avez shunté tout ce qui précède, tout simplement demander s’il n’y a pas un ambulancier ou un infirmier urgentiste dans l’avion ? :-)

Comme dit le dicton, « Seul, on va plus vite (quoique…); à plusieurs, on va plus loin (sûrement). »

P.S. Et je ne parle même pas du programme « Doctors on board » de Lufthansa…

#9 |
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Dr Jean-Marie Siquet
Dr Jean-Marie Siquet

In fine,le plus utile pour le médecin est décrit dans les commentaires par le confrère Smitz.
Je confirme, pour l’avoir constaté,la pauvreté du matériel mis à disposition…un désert.

#8 |
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Invité
Invité

sur la Thai
j’avais pris 2 antihistaminiques pour dormir
au 3 e appel je me lève
nous sommes 3 un uro américain ( en 1ere qui avait bu un verre) , un dermato anglais/thai et moi ORL belge.
le patient un français: douleur dans la poitrine
on s’est regardé tous les 3 on a opté pour un travail collaboratif, je traduisais, l’anglais aussi et l’américain traitait.
aucun matériel a bord, on a fait appel au micro pour les médicaments spécial angor et de l’aspirine, l’ambulance l’a embarqué a l’atterrissage.
mon assureur m’a sermonnée
aucune assurance ne me couvrait
au grand jamais ne pas intervenir
le personnel navigant est formé au premiers secours
..
du coup je ne prends plus de somnifère dans l’avion
et j’attends bien qu’il y ait plusieurs appels
mais ne pas intervenir ça me parait impossible

#7 |
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Dr Eric SCHMITZ
Dr Eric SCHMITZ

Sujet très complexe car il traite de la responsabilité pénale, de la responsabilité civile et de la responsabilité ordinale.
Vis à vis de l’ordre: où que l’on soit on dépend de l’Ordre auquel on est inscrit. Donc du code de déontologie belge. Et sur le plan déontologique: aucun discussion possible le médecin DOIT intervenir.
Responsabilités pénale et civile: Tout dépend de la nationalité de l’avion, du trajet et de la nationalité du patient.
Exemple1: Un vol sur Delta (US) de Miami (US) à New York(US) avec un passager US: tout relève du droit US. Et là ,comme dans la plmupart des pays anglo saxons on est libre d’accepter ou de refuser d’intervenir. Si l’on intervient, on bénéficie de la loi dite du « bon samaritain ». En d’autres termes, puisqu’il n’y a pas le relation contractuelle ( et donc pas de compensation financière telle que finir le trajet en first) le médecin bénéficie d’une immunité quant à ses responsabilité sauf faute intentionnelle.
Exemple 2: Le même vol mais le passager malade est japonais. Les lois japonaises s’appliquent au médecin en ce qui concerne la responsabilité civile.
Imaginons, le médecin qui décide que l’avion ne doit pas se dérouter et le patient décède. Les ayants droits japonais peuvent l’attaquer. Si en plus il a pris 3 vins blancs…
Exemple 3: Un vol Emirates de Frankfurt vers Johannesburg avec un passager anglais malade. Ca se complique surtout si vous avez pris un verre (vous êtes sur un avion des émirats…)

Mais me direz vous je suis assuré en RC professionnelle. Vérifiez un peu la territorialité de votre couverture. Vous êtes couverts pour votre pratique dans l’Union Européenne sauf réquisition d’urgence. Souvenez vous vous venez de décoller de Frankfurt sur un avion immatriculé et Emirats. Donc vous êtes « sur  » le territoire des Emirats. N’intervenez donc que si le commandant de bord ( le seul qui ait autorité) vous réquisitionne. Sinon: pas d’assurance!

Le problème est bien réel et certaines compagnies ont résolu le problème. A titre d’exemple, en s’inscrivant chez Lufthansa comme Médecin à bord. Voilà ce que Lufthansa écrit sur le sujet: « En tant que médecin traitant, vous bénéficierez d’une protection juridique : vous êtes personnellement couvert par une assurance responsabilité civile souscrite par la Deutsche Lufthansa AG, au cas où un passager soigné intenterait des poursuites à votre encontre. La préméditation n’est naturellement pas comprise dans cette assurance. Cette exonération de responsabilité s’applique aux médecins et secouristes compétents. »
Références pratiques: http://www.lufthansa.com/fr/fr/doctor-on-board

Sur les autres compagnies: exigez une réquisition du commandant de bord personnellement, sinon: pas d’assurance RC.

Voilà un petit résumé d’un exposé fait par une juriste du SPF Mobilté sur le sujet.

Eric SCHMITZ, médecin aéronautique.

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Invité
Invité

Médecin généraliste, Je suis intervenu plusieurs fois sur des vols longs courriers. Je n’ai jamais eu autre chose en remerciement de la part des compagnies aériennes qu’une simple lettre et le plus souvent rien. Les personnes à qui l’on porte assistance ne sont pas forcément agréables, il faut le savoir et s’en accomoder. Le comble aura été une intervention sur une grande compagnie françause, en première, pour le fils d’une hôtesse de l’air. Après une heure passée à m’occuper de lui j’ai dû rejoindre la classe éco où se trouvait mon épouse, sans qu’il nous soit proposer de terminer les 11 heures de vol restantes dans la première classe qui était pourtant vide…

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Dr van Issum
Dr van Issum

Cela m’est arrivé 2 x sur des longs courriers Qatar et British (super ! je suis ophtalmo) ! Dans les 2 cas , il s’agissait de détresse respiratoire avec douleurs retrosternales . Heureusemt , ils ont répondu à l’oxygène et asa. surveillance suivie le long du vol. Des angors instables probablement. Dans les 2 cas, il n’y avait pas d’ecg-ou défibrillateur ni medics.
Les compagnies dépendent donc du gentil médecin bénévole pour assurer leurs arrières . Ils n’ont jamais proposé que quelques miles pour remercier . Une bien triste pitance vu qu’ils dépendent de nous pour cette prestation . Peut on les facturer ( les compagnies pas les patients) ?

#4 |
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Invité
Invité

Est-on soumis aux lois du territoire survolé ?
Quid des eaux internationales ?
(voir la nationalité des bébés nés « en vol » …)
Les réglementations d’ordre intérieur aux compagnies aéronautiques sont-elles toutes semblables ? Y a-t-il un texte de l’IATA ( International Air Transport Association ) ?

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medecin Marco Salavracos
medecin Marco Salavracos

lors d’un vol sur la turkish j’ai du signer une décharge avant de m’occuper du patient souffrant ;est ce normal ?

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JFM
JFM

Apres 30 ans de chirurgie urologuique, mes compétences pour gérer une crise cardiaque ou un détresse respiratoire aigu, sont loin d’être à jour… peux-je être poursuivi par une faute médicale en cas d’erreur ?

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