Les cosmétiques les plus nocifs du marché

8. août 2017

Par rapport à la réglementation sur les médicaments, celle concernant les produits cosmétiques, les produits capillaires et les soins de la peau est très peu précise. Des dermatologues américains rapportent qu’il y a de plus en plus de plaintes concernant des effets secondaires inquiétants. Mais en dépit des risques connus, ces produits restent souvent sur le marché.

Des cheveux plus forts, une peau sans pores apparents et moins de rides : de nombreux consommateurs de produits cosmétiques sont courtisés avec des promesses grandioses. Des scientifiques américains ne se sont pas fiés à ces arguments publicitaires. Ils rapportent qu’il y a de plus en plus d’événements indésirables dus à des ingrédients nocifs.

Le nombre de plaintes a doublé

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Dr. Steve Xu © Northwestern University

Dr. Steve Xu, un dermatologue de la Northwestern University Feinberg School of Medicine, a analysé les plaintes des consommateurs concernant les produits cosmétiques. Son analyse a porté sur le marché américain, mais la plupart des produits critiqués sont également disponibles en Europe.

Bien que la Food and Drug Administration (FDA) a enregistré plus de 5000 plaintes entre 2004 et 2016, il s’agit probablement de la partie émergée de l’iceberg, selon Xu. Comme il l’a découvert, leur nombre a doublé entre 2015 (706) et 2016 (1 591). Avec un chiffre d’affaires global de 430 milliards de dollars par an et des millions de produits différents, ces statistiques des experts de la FDA ne sont pas convaincantes.

Les plaintes les plus courantes dans la base de données concernent les produits de soins capillaires, les produits de soins de la peau ou les tatouages. Les amines aromatiques sont présentes dans de nombreuses colorations. Même les encres utilisées pour les tatouages ​​contiennent des colorants nocifs.

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Augmentation du nombre de problèmes connus causés par les produits cosmétiques. Le chiffre réel est inconnu. © JAMA

Les produits demeurent souvent sur le marché en dépit de risques connus, ce qui conduit à des querelles juridiques. « La FDA n’a pas autant de pouvoir pour retirer des cosmétiques du marché que pour retirer, par exemple, des produits pharmaceutiques ou des dispositifs médicaux », écrit Xu. « Il est difficile d’obtenir le retrait des produits cosmétiques nocifs des rayons des supermarchés (…) Si cela avait été un médicament, la situation serait différente. »

Alopécie due à un conditionneur

Ainsi, un cas a été très discuté. En 2014, les toxicologues de la FDA ont envoyé une lettre au fabricant de cosmétiques Chaz Dean, Inc. et à la société de marketing direct Guthy-Renker à cause de 127 plaintes de consommateurs. Dans la ligne de mire, il y avait les produits « WEN by Chaz Dean Cleansing Conditioner ». Durant leurs recherches, les services administratifs ont découvert que les deux sociétés avaient déjà reçu 21 000 plaintes de consommateurs. Les personnes concernées se plaignent surtout d’irritation du cuir chevelu et d’alopécie. Néanmoins, la gamme de produits est toujours disponible. « Trois ou quatre personnes peuvent peut-être avoir tort. Mais il est difficile d’ignorer 21 000 cas », selon les scientifiques.

Les lois américaines ne donnent à la FDA aucune autorité pour obliger les fabricants de cosmétiques à soumettre les données de sécurité (« safety data »). Au lieu de cela, les services administratifs doivent prouver qu’un produit est nocif lorsqu’il est utilisé correctement. D’autres investigations sont en cours à la FDA et au tribunal.

Selon les médias américains, plus de 200 femmes dans 40 pays ont lancé un recours collectif pour engager la responsabilité du fabricant. D’un point de vue scientifique, on ne sait pas exactement quel ingrédient peut causer la perte des cheveux. Dans l’acte d’accusation, il est indiqué que les cheveux et follicules sont détruits par « une substance corrosive ».

Cosméceutiques critiqués

Cependant, de nombreux groupes de produits sont risqués. Xu met particulièrement en garde contre ce qu’on appelle les cosméceutiques. Ce sont des produits cosmétiques contenant des ingrédients biologiquement actifs (Pharmaceuticals). Non seulement ils agissent dans les couches supérieures de l’épiderme, mais passent aussi à travers la barrière de la peau.

Tous les effets et les propriétés toxicologiques des agents doivent être bien caractérisés. En dépit de nombreux articles les concernant, la démarcation avec les médicaments n’est pas toujours claire. Concernant le Dexpanthenol, par exemple, que doit-on mettre en avant : la cicatrisation des plaies ou les soins de la peau?

De nouvelles molécules entrent dans la catégorie des cosméceutiques. Voici quelques exemples tirés de l’énorme variété disponible :

  • des agents antimicrobiens tels que l’acide azélaïque, l’acide salicylique, le clotrimazole
  • des antioxydants tels que l’acétate de vitamine C et de vitamine E ou le coenzyme Q10
  • des molécules anti-inflammatoires, tels que l’acide alpha et gamma-linolénique, le panthénol, ou les extraits d’Aloe vera
  • des substances retardatrices de démangeaisons tels que l’urée ou l’allantoïne
  • des molécules qui activent les facteurs de croissance : les rétinoïdes, les vitamines, les extraits d’échinacée
  • des peelings sur la base d’acides de fruits ou d’acide salicylique
  • des phytohormones comme les isoflavonoïdes
  • des molécules permettant la formation du collagène, tels que les dérivés de vitamine C
  • des molécules ayant des propriétés raffermissantes, tels que les extraits de fragon (petit houx), de marron d’Inde et de prêle

Et le Dr Steve Xu conclut : « Bien que cette catégorie de produit cosmétique n’est pas explicitement examinée dans la publication, elle est à l’origine d’un nombre croissant de problèmes aux Etats-Unis. »

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Pharmaceutique


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