Tolérance à la douleur : le courageux athlète

5. septembre 2012
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La perception de la douleur est individuelle, mais il semble que les athlètes soient souvent très « courageux » face à la douleur. En fait, le sport change la tolérance à la douleur, selon une étude menée à l’Université de Heidelberg.

Les athlètes ont une plus grande tolérance à la douleur que les personnes moins actives. Ils atteignent le seuil de la douleur, voire le dépassent, pour atteindre leurs objectifs. Même s’ils sont blessés, certains d’entre eux n’en semblent que plus motivés. Comment est-ce possible ? On soupçonne qu’ils perçoivent différemment la douleur et par-dessus tout la gèrent différemment de la plupart d’entre nous. Ceci est confirmé par une méta-analyse récente des études sur le sujet.

Les athlètes ont beaucoup d’endurance

Jonas Tesarz et des collègues de l’Université de Heidelberg étudièrent les études récentes dont ils disposent sur le sujet pour réaliser une méta-analyse. Les études sur la perception de la douleur des athlètes n’avaient pas donné de résultats cohérents et étaient parfois même contradictoires. Cela serait dû aux différentes mesures de tolérance à la douleur et au seuil de douleur des athlètes par rapport aux témoins normalement actifs. Les sports exercés par les athlètes étaient des sports d’endurance, des sports de balle et des sports motorisés. Au total, 15 études ont été finalement prises en compte avec près de 900 participants disponibles, dont douze études qui examinaient la tolérance à la douleur et neuf le seuil de la douleur. 568 athlètes étaient des personnes qui s’entraînaient au moins six heures par semaine. La sensibilité à la douleur était testée par des méthodes comme le maintien de la main sous l’eau froide ou le pincement des doigts.

Les athlètes avaient une tolérance à la douleur plus élevée que chez les témoins. Mais l’« étendue de la résistance » dépend aussi du sport pratiqué. Les athlètes d’endurance possédaient de manière uniforme une tolérance à la douleur modérée. Les sportifs pratiquant des jeux de ballon avaient généralement la plus haute tolérance douleur, ce que certains joueurs de football peuvent parfois avoir plus de mal à montrer. Mais les résultats varient considérablement d’une personne à l’autre.

Supporter la douleur : une thérapie ?

On ne sait pas pourquoi la tolérance à la douleur est différente entre les athlètes d’endurance et les sportifs jouant aux sports de ballon. Les athlètes d’endurance ont peut-être des profils physiques et psychologiques plus semblables alors que les joueurs de sports collectifs sont souvent très différents. Aucune différence n’a pu être discernée dans le seuil de la douleur. Elle est définie comme l’intensité minimale pour qu’un stimulus soit perçu comme douloureux. Ainsi, les athlètes ressentent la douleur à partir du même niveau que les gens normalement actifs.

La conséquence de cette étude est que l’exercice régulier est associé à une augmentation significative de la tolérance à la douleur. D’un point de vue clinique, ces conclusions sont particulièrement importantes pour les patients souffrant de douleur. De nombreuses études ont déjà montré un effet positif de l’exercice sur les patients ayant des douleurs. Cela pourrait conduire à l’amélioration de la qualité de vie et de la fonction concernée sans une amélioration des scores de douleur. Peut-être devrait-on se concentrer, pour la thérapie par le mouvement chez ces patients, à développer des stratégies d’adaptation à la douleur dans le but d’en influencer la tolérance plutôt que de ne reconnaître que l’influence directe du seuil de douleur.

Cependant, il faudrait dans un premier temps déterminer la relation exacte entre l’activité physique et la modification des modalités de perception de la douleur, dans lesquelles, selon Tesarz, des facteurs psychologiques et neurobiologiques des processus pourraient être identifiés comme jouant un rôle. L’observation selon laquelle la perception de la douleur peut être modifiée par le sport est probablement une approche prometteuse pour une gestion de la douleur non-invasive chez les patients souffrant de douleur chronique – avec peu d’effets secondaires.

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3 commentaires:

Les sportifs en général et les sportifs des jeux collectif en particulier (football, rugby) sont en proie fréquemment à des chocs physiques (coups de poing, de pied, de coude, des chutes au sol), blessures, des égratignures, des déchirures musculaires, de microfractures¿ L¿expérience douloureuse est le quotidien du sportif. Il va de soi, d¿un esprit darwinien, que les sportifs s¿adaptent à la sensation de la douleur. La volonté de vaincre une partie, de rester au jeu pour maintenir son poste ou créer coute et coute une différence sportive sur fonds de concurrence intra-équipe, amène les sportifs à repousser les limites de la douleur. Si le seuil de perception est le même, le seuil de tolérance varie selon l¿expérience douloureux de chaque individu.
La différence de la tolérance à la douleur entre le groupe sport d¿endurance et le groupe sport collectif se perçoit, à mon avis , au niveau de l¿expérience douloureuse et l¿adaptation douloureuse acquise : les sportifs du football subissent régulièrement plus de chocs douloureux ; par conséquent, ils tolèrent mieux la douleur que les sportifs individuels, que les non sportifs (exclus les rhumatiques chroniques, les drépanocytaires, les épileptiques, qui ont une expérience douloureux atroces !).
En résume, il existe une base neurobiologique modulant la tolérance à la douleur. Les endorphines naturelles sont un exemple des neurohormone régulatrices

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Mme Nadia MIR
Mme Nadia MIR

Bonjour,

je trouve très bien ce type d’article. Coridalement

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infirmière referente douleur martine pascal
infirmière referente douleur martine pascal

j’aime cet article

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