Grossesse : le stress génère des bébés pleureurs

20. septembre 2012
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Y a-t-il des facteurs qui déterminent si une mère mettra au monde un bébé pleureur ? Anna Sidor rechercha sur 300 dyades mère-enfant, si le stress psychosocial de la mère est associé à des pleurs excessifs persistants chez les bébés.

Voici un des résultats : les femmes ayant une grossesse non désirée ont un risque 12 fois plus élevé d’avoir un bébé pleureur. Les femmes enceintes ayant un stress social important ont un risque 5,5 fois plus élevé. Les premières semaines avec un nouveau bébé à la maison ne sont pas un pur bonheur pour tout le monde. Beaucoup de familles souffrent parce que leur bébé, dans les premiers mois de vie, pleure nettement plus que les autres bébés et se calme difficilement, voire presque pas. D’après la « règle de trois » de Morris Wessel, un bébé est un bébé pleureur lorsqu’il crie au moins trois heures par jour, au moins trois jours par semaine, pendant au moins trois semaines consécutives. La plupart du temps, les nouveau-nés pleurent moins à partir du quatrième mois. Chez les enfants qui pleurent excessivement, ces pleurs s’arrêtent souvent bien plus tard. En Allemagne, on estime que 21% des nouveau-nés sont des « bébés pleureurs » – parmi eux près de 40% des enfants ont des pleurs qui augmentent après trois mois.

Le Heidelberger Project recense les familles en situation de stress

Trouver quelles sont les aides disponibles pour les familles concernées est souvent difficile. Mais c’est différent dans la Hesse, le Bade-Wurtemberg et la Sarre en Allemagne : là-bas, le projet « Personne ne passe entre les mailles du filet » (Keiner fällt durch’s Netz), sous la direction du psychanalyste et psychiatre d’Heidelberg, le professeur Manfred Cierpka, s’occupe des familles en situation de stress, de manière à ce qu’elles obtiennent une aide dans la première année de vie des enfants – aide incluant par exemple une formation des parents et des visites régulières d’une sage-femme-conseillère familiale.

Dans ce projet, les chercheurs ont voulu savoir si le stress psychosocial de la mère peut être associé à un bébé de cinq mois qui pleure trop. Les mères eurent au départ une visite par des collaborateurs étudiants formés – à ce moment, les bébés avaient en moyenne 18,5 semaines. L’enquête auprès des mères comprenait, entre autres, des entrevues personnelles et des questionnaires qui devaient être remplis par les intéressées. Les mères qui furent classées comme ayant un stress élevé
(taux HBS supérieur à 20) selon l’échelle de stress d’Heidelberg (HBS) furent incluses dans l’étude. Ces mères furent à nouveau interrogées quand leurs bébés étaient âgés de quatre et cinq mois.

Les chercheurs identifièrent les paramètres suivants :

Relativement peu de bébés pleureurs selon l’étude – pourquoi ?

Dans cette étude, 4,2% des bébés ont été affectés par des pleurs persistants – ils pleurent encore énormément dans le cinquième mois de vie. Selon les estimations des auteurs, la prévalence ponctuelle devrait être d’environ 8%. Les auteurs suggèrent que ce résultat pourrait être lié à la sensibilité relativement faible de mères touchées : comme les mères socialement stressées sont moins sensibles à leur bébé, elles peuvent plus facilement ignorer leurs enfants et ainsi répondre « non » à la question sur les pleurs. En outre, la règle de Wessel est un critère relativement restrictif pour les pleurs excessifs de l’enfant.

Grossesses non désirées – un lien avec les bébés pleureurs ?

Parmi les stress sociaux importants durant la grossesse, on retrouve les stress de longue durée chez la mère, les grossesses primaires non désirées, la dépression, les conflits de couples non résolus, les conflits avec la famille, les événements critiques de la vie et le stress en milieu de travail. Le risque qu’un bébé pleure trop au cinquième mois de vie était multiplié par 13 en cas de grossesse non désirée. Bien que seulement deux pour cent des femmes ayant désiré leur grossesse indiquent que leur enfant pleure trop, la situation était de 19,4% de femmes lors d’une grossesse non désirée (χ&sup2; (1, 284) = 22,40, p <0,001). Les stress sociaux chez la femme enceinte augmentent ce taux de 17 fois. Il est supposé que l’hormone maternelle du stress, le cortisol, traverse le placenta et affecte le cerveau de l’enfant à naître, le système nerveux autonome est ainsi activé et affecte l’axe HHS (hypothalamo-hypophyso-surrénalien). En outre, des pleurs excessifs peuvent plus tard se transformer en troubles du sommeil ou d’autres troubles du comportement.

La consultation est importante

L’étude montre donc comment des stress durant la grossesse peuvent déjà prédisposer à des problèmes chez le bébé. Par conséquent, les mères devraient être informées correctement pendant la grossesse sur les possibilités d’aide. Par exemple, les accompagnantes à la naissance, appelées « doulas », peuvent soutenir la femme enceinte et l’aider à surmonter ses peurs et insécurités. De plus, des programmes d’aide émotionnelle ou des sages-femmes-conseillères familiales peuvent aider les parents stressés. Il serait souhaitable, bien sûr, que le projet « Personne ne passa à travers le filet » soit étendu à toutes les régions allemandes.

19 note(s) (3.84 ø)

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4 commentaires:

Le caractère de la mère influent des fois et inévitablement sur la progéniture: une mère cholérique aura parmi ses enfants un cholérique, une mère stressée mettra au monde un enfant turbulent… ces sont des liens que la conscience collective a établit il y a belle lurette.Maintenant , aux esprit cartésien de produire les chiffres et d’établir les bases neurobiologiques d’un tel phénomène caractérologique héréditaire.

#4 |
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Dr Michel MATHIS
Dr Michel MATHIS

Ouin…

#3 |
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Docteur Anne-Christine LUTZ BAVEREL
Docteur Anne-Christine LUTZ BAVEREL

Bonjour,

Le questionnaire utilisé sur les pleurs, alimentation et sommeil est-il validé et peut-il (s’il ne l’est pas déjà)être traduit en Français ?

Cordialement,
Dr LUTZ BAVEREL

#2 |
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Dentiste

C’est tellement évident ! Mais il faut une vraie étude scientifique pour le confirmer. Bravo

#1 |
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