Mise à jour : la pandémie de Zika zigzague

28. juin 2016
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Le virus Zika continue de conquérir le monde. Ainsi des experts de l’OMS considèrent que l’Europe du Sud est aussi en danger. Ils espèrent l’obtention de meilleurs diagnostics et des vaccins innovants. Mais il faudra encore du temps pour que cette situation d’urgence soit sous contrôle.

Le virus Zika continue de conquérir le monde. Ainsi des experts de l’OMS considèrent que l’Europe du Sud est aussi en danger. Ils espèrent l’obtention de meilleurs diagnostics et des vaccins innovants. Mais il faudra encore du temps pour que cette situation d’urgence soit sous contrôle.

En Amérique centrale et du Sud, le virus Zika se propage presque sans barrière. Plus de 1,5 millions de personnes ont été infectées depuis 2015. Récemment, plus de 150 scientifiques ont appelé dans une lettre ouverte à déplacer les Jeux Olympiques d’été de 2016. Déjà au début du mois de Mars, Daniel R. Lucey et Lawrence O. Gostin, tous les deux de Washington, ont évoqué dans un rapport spécialisé [Paywall] la menace de propagation à d’autres pays tropicaux. Peu de temps après, les experts de l’OMS ont créé des comités d’urgence et ont constaté l’« ampleur de l’urgence en santé publique avec une portée internationale ». Mais la crise est loin d’être terminée. D’autres mauvaises nouvelles ont suivi.

L’Europe partiellement à risque

Zsuzsanna Jakab, directrice de l’OMS pour l’Europe, indique dans une récente déclaration que des infections de Zika sur notre continent devraient être observées au plus tard cet été. De plus, en Août, des milliers de personnes se rendront aux Jeux Olympiques de 2016 et propageront des vecteurs lors du vol de retour.

Selon Jakab, Madère et la côte de la mer Noire de la Géorgie ainsi que la Russie sont particulièrement vulnérables. Pour 18 pays méditerranéens comme la France, l’Italie, l’Espagne, la Croatie, la Grèce et la Turquie, le risque est considéré comme « modéré ». Actuellement, les autorités locales combattent uniquement des vecteurs tels que les moustiques de la fièvre jaune et les moustiques tigres asiatiques. Mais ils prévoient également de mieux informer les citoyens. Comme des publications récentes le montrent, ce type d’informations ne se limite pas à l’utilisation des répulsifs ou des conseils sur les vêtements appropriés.

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Propagation du virus Zika dans le monde. Source: Khamar / Wikipedia

Faire avec le Zika

Les médecins ont signalé au cours des dernières semaines à de multiples reprises des cas de transmission sexuelle du virus. Un cas allemand a été décrit à l’Institut Robert Koch de Berlin. Le patient a été infecté dans les Caraïbes et a contaminé sa femme par des relations sexuelles non protégées. Elle est tombée malade deux semaines après son partenaire sans n’avoir jamais visité de régions critiques.

Les transfusions sanguines sont aussi une source supplémentaire de risque. Pour cette situation, il y a eu principalement des cas individuels rapportés. La nécessité actuelle est de mieux diagnostiquer les infections.

Mieux mesurer

Actuellement, les médecins posent le diagnostic en particulier grâce aux ARNs viraux. En Amérique centrale et du Sud, ils utilisent six tests PCR développés par le passé. Mais qu’en est-il de leur fiabilité ? Est-il possible de détecter l’ARN viral, même à des concentrations très faibles ? Quelle est la sensibilité des systèmes d’analyse aux différentes souches de virus Zika, et les résultats sont-ils comparables entre eux ? Le Professeur Dr. Felix Drexler et le Professeur Dr. Christian Drosten ont récemment soumis à un examen minutieux les tests PCR. Ils travaillent au Centre allemand de recherche sur les infections et à l’Université de Bonn.

Sans diagnostic sérologique approfondi, il se pourrait que 20 à 80 pour cent des patients reçoivent des diagnostics erronés, écrivent Drexler et Drosten. Certains systèmes ne sont pas suffisamment sensibles et d’autres détectent seulement certaines souches. Les anticorps ne peuvent être utilisés pour le diagnostic qu’après huit jours.

Les scientifiques craignent que de nombreuses infections par le virus ne soient pas détectées du tout : une situation fatale pour les femmes enceintes. Il est maintenant clair que des malformations du cerveau du fœtus sont liées au virus Zika. Une équipe dirigée par Patricia Beltrao-Braga de l’Université de Sao Paulo a pu montrer dans des expériences animales que le virus Zika cause un retard de croissance intra-utérin. Michael Diamond de l’University School of Medicine de Washington à St. Louis a constaté que les virus prolifèrent initialement dans le placenta avant de s’étendre au cerveau du fœtus.

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Les scientifiques ont démontré dans le modèle murin comment le virus Zika touche le fœtus. Source: Miner et al, 2016, Cell.

Une raison de plus pour optimiser les systèmes de diagnostic. Par conséquent, des chercheurs allemands ont présenté deux tests PCR optimisés. Ils indiquent aussi des possibilités d’étalonnage avec des ARNs de synthèse. Les acides nucléiques créés en laboratoire contiennent différentes régions cibles pertinentes de l’ARN viral. Drexler et Drosten ont mis très tôt leur publication à la disposition de l’OMS pour atteindre le plus de collègues possibles. Ils proposent aussi leurs protocoles d’étalonnage et de test gratuitement dans le monde entier. En parallèle, les médecins espèrent le développement d’un vaccin.

En attendant le vaccin

Le ministre de la Santé du Brésil Ricardo Barros a rapporté récemment que le rythme de développement est plus rapide que prévu. Des laboratoires de l’Université du Texas et de l’Instituto Evandro Chagas de Pará au Brésil coopèrent étroitement. Après seulement neuf mois, soit en Novembre, Barros planifie la mise en place des premiers tests sur des singes et des souris. Il pensait dans un premier temps à douze mois de délai pour arriver à ce stade. Au plus tard en 2018, le vaccin devrait être disponible sur le marché. Mais pour le moment, les patients, mais aussi les habitants des régions vulnérables, n’ont pas grand-chose pour se défendre.

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