L’iPod vous salue de tout coeur

25. septembre 2007
Share article

Voulez-vous impressionner vos patients ? Avez-vous déjà pensé à mettre leurs battements cardiaques sur leurs iPods ? Techniquement, aucun problème ; vous devez seulement prendre des précautions vis-à-vis des porteurs de stimulateurs cardiaques. Des cardiologues américains l'affirment du moins dans une nouvelle étude.

Aux États-Unis, l'iPod est devenu, pour les médecins, le deuxième symbole de richesse extérieure après le stéthoscope. Pas étonnant que tôt ou tard quelqu'un ait l'idée de les relier.

Mieux que n'importe quelle musique techno : son propre battement de coeur

Bien entendu, cela ne marche pas avec les stéthoscopes traditionnels. Mais leurs cousins numériques honteusement coûteux sont fortement demandeurs d'une liaison avec l'objet culte des babyboomers. L'entreprise Thinklabs s'est engouffrée dans cette niche et propose depuis peu son stéthoscope – le ds32a – avec un socle de connexion qui permet un échange de données facile avec l'iPod. Le prix fixé à 645 dollars américains est raisonnable si l'on tient compte du fait qu'un iPod nano de deux mégaoctets de mémoire est compris dans le prix. Celui qui achète plusieurs appareils en même temps pour sa clinique obtient même une réduction de 150 dollars. On a besoin d'un peu de fantaisie pour s'imaginer de possibles utilisations : imaginons une forte tête de huit ans, ayant une déficience cardiaque congénitale, attendant son tour chez le cardiologue pour un bilan de santé. Il s'évente avec son T-shirt tout en montrant sa mauvaise humeur. En quittant le cabinet, il brandit radieux les écouteurs de son iPod et compose à la maison, sur l'ordinateur, un rythme techno à partir de son propre souffle systolique sur équaliseur. Ce son va épater les copains et rendre le prof dingue. Et quand sa mère lui annonce un an après au petit-déjeuner "Tu as aujourd'hui un rendez-vous chez le docteur ", il répond aussitôt : "Celui avec le super stéthoscope ?"

IPod dérègle les stimulateurs cardiaques et fausse les mesures

Des cardiologues de l'université d'État du Michigan jouent cependant les rabats-joie en ce qui concerne la constellation iPod – cœur. Ils ont examiné les interférences possibles entre l'iPod et les stimulateurs cardiaques, comme le suggérait l'étudiant Jay Thaker qui a lui-même participé à l'étude. Il faut savoir que les parents de Jay sont tous les deux médecins, le père étant même électrophysiologue. Jay, qui veut bien évidemment faire des études de médecine, présenta les résultats de ses séries de tests menés avec 4 modèles différents d'iPod et sur 83 patients avec des stimulateurs cardiaques lors d'une session du Congrès de la Heart Rhythm Society en mai 2007 à Denver dans l'État du Colorado. Les stimulateurs cardiaques provenaient de différents fabricants. Parmi eux, il y avait des stimulateurs mono-chambre et double chambre. Les interférences étaient dans l'ensemble rares mais elles intervenaient. Un phénomène d'Oversensing est apparu chez 20 % des patients, des interactions avec la fonction télémétrie se sont produites chez 29 % des patients et la fonction pacer est tombée en panne de manière répétitive chez un patient. "Les interférences observées n'étaient certes pas dangereuses mais elles pourraient être interprétées à tort comme étant une fibrillation auriculaire ou une tachycardie ventriculaire", affirma Jay à Denver. Il rappelait que les porteurs de stimulateurs cardiaques n'étaient certes pas la cible classique pour l'iPod mais que leurs petits-enfants possédaient souvent un iPod et que les phénomènes observés pourraient avoir une importance.

Pertinent ? À la rigueur pour les junkies en chemise …

D'autres experts mettent en doute la pertinence de ces arguments. Dans les tests réalisés, les iPod ont été placés pendant 5 à 10 secondes à quelques centimètres du générateur de pulsations, un scénario qui, à la rigueur, pourrait se produire tant bien que mal si l'iPod est gardé dans la pochette gauche de la chemise. "Cela ne devrait pas avoir d'importance dans d'autres situations" déclara le Dr. Richard Trohman de l'université de Rush à Chicago lors de la Conférence. L'iPod n'est pas non plus le premier appareil de l'électronique de loisir créant des interférences avec les stimulateurs cardiaques. On voit souvent paraître des rapports sur les interférences avec les téléphones mobiles ; c'est d'ailleurs ce qui a poussé Jay à contacter les cardiologues de l'université de l'État du Michigan au sujet des iPods. Les pagers ont été également tenus responsables de produire des interférences dans les cliniques. Tout ceci a cependant une importance relative au sein du cabinet.

0 note(s) (0 ø)
Non classé

Comments are exhausted yet.

Langue:
Suivre DocCheck: