Des bulles contre le cancer

25. septembre 2007
Share article

Diagnostic et thérapie d'un seul coup ? Ce qui marche avec un cathéter marche plutôt bien sur les tumeurs cancéreuses. Petites bulles synthétiques et constructions d'or du nano-laboratoire donnent une meilleure visibilité aux ultrasonographies - et écrasent dans le même temps le tissu dégénéré.

Des petites bulles folles dans la veine. Quelques courbes plus loin, directement dans la tumeur, de grandes retrouvailles : des milliers de nano-bulles se rassemblent pour en former de plus grosses. Soudain, l'échographe retentit. La fête commence. Comme les micro-bulles servent d'agent de contraste, le médecin peut voir très précisément avec la sonde où elles se rassemblent et à quoi ressemble la tumeur. Une impulsion sonique d'une autre nature plus tard, les micro-bulles déversent dans le tissu de la doxorubicine visant à combattre la tumeur – exactement là où elle doit aller.

Les petites bulles délivrent de la "doxo pure"

Les nano-bulles sont de minuscules petites bulles constituées de polymères, donc de matières artificielles qui ressemblent à celles que les chirurgiens utilisent aussi comme matériel de suture. L'emploi de telles micro-bulles pouvant amener des agents thérapeutiques vers une tumeur n'est pas nouveau. Quelles soient amenées à exploser au bon endroit à l'aide d'impulsions soniques est également connu depuis un certain temps. Il était cependant jusqu'à présent difficile de mener une thérapie à 100% au bon endroit car il n'existait aucune possibilité de représenter en image la tumeur pendant et voire juste avant la nano-thérapie. La situation est en train d'évoluer. Ces nano-particules en combinaison avec des échographes améliorés permettent une imagerie médicale sans que les particules ne se séparent de suite. La secousse sonique qui libère l'agent thérapeutique est alors beaucoup plus précise. Des scientifiques de l'université d'Utah ont démontré avec des souris comment une telle nano-médecine duale peut fonctionner en pratique. Ils expliquent leurs expériences dans la revue spécialisée Journal of the National Cancer Institute : "Les nano-bulles ont été plus efficaces pour neutraliser la croissance de la tumeur qu'une thérapie avec doxorubicine seule", affirme Natalya Rapoport qui a conduit les expérimentations.

L'or fait pression…

Les travaux comme ceux-ci n'ont pas seulement lieu dans les états désertiques des États-Unis. À l'Institut Fraunhofer de St. Ingbert, les chercheurs travaillent également sur la nano-médecine duale – même si leur approche biologique est quelque peu différente. L'équipe autour du Dr. Robert Lemor ne mise pas sur les bulles mais sur l'or comme support dans le projet Adonis soutenu par l'Union Européenne. "Un des aspects intéressants de la nano-médecine est que les constructions qui sont utilisées pour diagnostiquer peuvent également être employées à des fins thérapeutiques quand elles sont au bon endroit", nous dit Lemor. Le scientifique accouple des anticorps qui luttent contre l'antigène prostatique spécifique (PSA) à des particules d'or. Car, comme le nom l'indique, le projet Adonis concerne le cancer de la prostate. Grâce aux anticorps, l'or parvient directement à la tumeur riche en PSA, et pratiquement pas autre part. Pour pouvoir utiliser cet or comme agent de contraste lors de l'ultrasonographie, il n'est pas malmené par une onde sonique mais par une impulsion laser brève. Il est ainsi réchauffé faiblement. Ce qui produit une onde de pression pouvant être prise en compte par l'échographe. Résultat : des reproductions haute résolution de la tumeur de la prostate à condition qu'un échographe spécialement développé soit utilisé.

… et donne du fil à retordre à la tumeur.

Autrement que pour les collègues en Utah, Lemor n'a pas besoin d'agent thérapeutique pour l'étape du diagnostic vers la thérapie dans son modèle. Une fois le diagnostic de l'ultrasonographie établit, les scientifiques de St. Ingbert " mitraillent " de manière très précise certaines zones de la tumeur avec d'autres impulsions au laser, cette fois un peu plus intenses. La chaleur produite conduirait alors à la destruction thermique du tissu cancéreux alentour. C'est du moins ce qui est prévu. Les expérimentations viennent tout juste de démarrer.

0 note(s) (0 ø)
Non classé

Comments are exhausted yet.

Langue:
Suivre DocCheck: