Un tigre dans la région du Chianti

23. octobre 2007
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Il y a toujours plus de nouvelles sortes d'animaux et de plantes qui débarquent en Europe et ramènent des maladies jusqu'à présent inconnues dans ces pays. Alors que, sur d'autres continents, de plus en plus d'espèces animales rares disparaissent, 160 personnes du Nord de l'Italie ont été récemment contaminées par une malade tropicale du fait d'un minuscule " insecte prédateur " : le moustique tigre.

Depuis début juillet, au moins 160 personnes de la région de Ravenne au Nord de l'Italie ont été touchées par la maladie tropicale Chikungunya. Elle provoque de la fièvre, des maux de tête et des douleurs articulaires qui peuvent durer des mois. Le porteur de l'infection virale, le moustique asiatique tigre du genre Aedes, est à vrai dire originaire de l'Afrique de l'Est et de l'Ouest, de l'Asie du Sud et de l'Inde. En 2005, il a déclenché l'une des plus grosses épidémies de Chikungunya dans les pays de l'Océan indien après 2 décennies de repos.

Aujourd'hui l'Italie et demain l'Europe entière ?

Le moustique tigre a été vu pour la première fois en 1979 en Albanie et onze ans plus tard en Italie. Sa présence a pu être prouvée dans douze pays européens jusqu'à présent. Andreas Krüger, scientifique de l'armée à l'Institut de médecine tropicale Bernhard Nocht , déclare que les infections locales ont l'air de se limiter au Chikungunya. Dans son bulletin épidémiologique actuel, l'Institut Robert Koch évalue le risque de transmission dans les régions du Nord de l'Europe avant tout comme faible mais ne peut cependant pas l'exclure. D'autres maladies tropicales pourraient également arriver en Europe. Le même moustique transmet par ex. la fièvre dengue, beaucoup plus dangereuse.

Le Chikungunya est la plupart du temps inoffensif

Même si un patient âgé est décédé des suites du Chikungunya, la maladie tropicale n'est pas mortelle en général. Après un temps d'incubation de 3 à 7 jours, une fièvre grimpante, des maux de tête, une conjonctivite, des douleurs musculaires et articulaires pouvant en partie persister pendant des mois se manifestent rapidement. Un exanthème ou des rougeurs peuvent apparaître, de même que des pétéchies et des saignements de nez. Selon l'Institut Robert Koch, la fièvre est rarement hémorragique et les cas mortels sont peu fréquents. L'évolution est asymptomatique. Le traitement est purement symptomatique étant donné que l'on sait qu'il n'existe presque aucun remède contre les virus.

Le changement climatique va de pair avec les mutations d'espèces

Cet été, les températures grimpantes et l'humidité en Italie ont constitué apparemment des conditions idéales de vie pour le moustique tigre. Les conditions climatiques changeantes peuvent aussi être responsables de l'arrivée en Europe du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo par des tiques. La maladie était jusqu'à présent répandue en Asie, Afrique, Europe du Sud-Est et au Moyen-Orient. En dehors des tiques, les animaux familiers représentent le plus grand réservoir d'agents pathologiques. Le paludisme est un autre danger potentiel. Il est apparut de manière isolée il y a 50 ans dans les régions côtières de l'Allemagne.

39 agents pathogènes en 40 ans

L'Organisation mondiale de la santé (WHO) met également en garde contre de nouvelles épidémies dans son rapport sur la santé dans le monde. Comme autre cause, l'OMS voit la croissance de mobilité des hommes et ainsi le déplacement d'agents pathogènes. 39 agents pathogènes ont été découverts en l'espace de 40 ans, parmi lesquels le virus du SIDA et le virus Ébola. Ils encouragent une collaboration internationale afin d'assurer la santé mondiale. Mis à part ces nouvelles maladies, il ne faut pas négliger non plus les épidémies connues et répandues telles que le Choléra.

Les autres sont plus touchés que nous

Malgré tout et avant tout, nous les Européens, ne sommes probablement pas menacés par les épidémies. Nous pouvons en tout cas espérer que des actions seront mises en place rapidement si la situation est critique. Les Italiens ont aussi pris des mesures préventives en tuant toutes les larves de moustiques tigres – vraisemblablement trop tard selon les critiques. Les plus touchés sont toujours et avant tout les pays en voie de développement qui manquent aussi bien de moyens financiers que d'infrastructures nécessaires pour pouvoir venir à bout des épidémies.

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