A la recherche du cerveau perdu

24. octobre 2007
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Un homme sur 4 et une femme sur 5 sont victimes d'un accident vasculaire cérébral (AVC). Dans 85 % des cas, un thrombus en est la cause. La thrombolyse permet d'éliminer 60 % des caillots sanguins anormaux qui obstruent le flux sanguin. Ce pronostic est cependant moins bon pour les diabétiques.

En France, une personne a une attaque cérébrale toutes les 4 minutes. Dans les pays industriels occidentaux, l'attaque cérébrale est non seulement la 3ième cause de mortalité mais aussi la maladie qui conduit le plus souvent à une invalidité durable. L'occlusion d'une artère cérébrale réduit, en très peu de temps et de manière critique, la circulation sanguine du cerveau et provoque la dégénérescence irréversible des tissus nerveux. Dans la prise en charge initiale des accidents vasculaires cérébraux, la thrombolyse intraveineuse se révèle être le traitement de premier choix dans les 3 heures suivant le début des symptômes. Elle est administrée par voie intraveineuse avec le recombinant du tissu plasminogène activateur (rTPA). Une dose de 0,9 mg/kg est recommandée, la dose maximale de 90 mg ne devant pas être dépassée. 10 % sont donnés en bolus, le reste par perfusion au-delà d'une heure. Plus vite le patient peut bénéficier d'une thérapie thrombolytique, mieux c'est.

De nouvelles études montrent que la thrombolyse est efficace

Des neurologues et radiologues d'Innsbruck ont mené de nouvelles études qui montrent quels facteurs sont déterminants pour le succès de la thérapie. Dans plus de 60 % des cas, l'artère cérébrale bouchée peut être réouverte. Le groupe de travail neuro-vasculaire de la Clinique universitaire de Neurologie a publié une étude en collaboration avec le service clinique de Radiologie II dans le journal spécialisé "Neurology" où 100 patients ayant eu un AVC avaient été traités par lyse avec un rTPA. L'étude consistait à vérifier si l'occlusion avait bien été éliminée par cette thérapie et voir quel résultat clinique avait pu être observé 3 mois après la recanalisation. La thérapie a été évaluée avant et 24 heures après la lyse grâce à diverses méthodes d'imagerie médicale. Cette série de test était la plus grosse de ce genre sur des patients non sélectionnés.

Les diabétiques ne sont pas à la même enseigne

L'évaluation des données des divers groupes de patients a fait avant tout apparaître un résultat très clair : alors que le taux moyen de réouverture complète ou partielle des vaisseaux était de 66 %, les vaisseaux avaient pu être réouverts chez seulement 9 % des diabétiques. Les résultats sont nettement plus mauvais pour les patients diabétiques. Ils sont visiblement en rapport avec les troubles de leur système de coagulation dans lequel un grand nombre de facteurs procoagulants sont en suractivité. "Nous supposons que le fort taux d'inhibiteurs des activateurs du plasminogène 1 (PAI-1) joue un rôle étant donné que cette molécule annule directement l'action du rTPA", explique le Neurologue Dr. Martin Furtner. "Dans les études précédentes avec lyse sur des patients avec infarctus, on a pu prouver que le fort taux de PAI-1 chez les diabétiques était une fois de plus en cause dans les mauvais résultats." Pour les 20 à 30 % des patients avec AVC souffrant de diabète, l'espoir repose aujourd'hui dans le développement de médicaments thrombolytiques d'un nouveau genre n'agissant pas sur le plasminogène. Dans les études internationales, on travaille déjà d'arrache-pied à l'implémentation de telles substances.

La lyse apporte des résultats durables meilleurs

Les scientifiques d'Innsbruck ont pu également démontrer que la recanalisation est la meilleure variable explicative d'un bon résultat après 90 jours. Les patients dont les vaisseaux cérébraux ont été débouchés ont pu à nouveau au moins mener une vie autonome. Les résultats sont durablement meilleurs pour des attaques cérébrales moins graves, pour de jeunes patients et pour ceux qui ont pu avoir une thérapie à temps. La thrombolyse a donné de beaucoup moins bons résultats pour les occlusions longues qui ont déjà commencé au niveau de la carotide et par conséquent aussi de moins bons résultats durables.

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