Mise à jour sur les opioïdes : une image pas si monstrueuse

19. avril 2016
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Même après plusieurs années, les opioïdes réservent encore de bonnes surprises. Les effets secondaires tant redoutés ne sont pas toujours présents. Toutefois, les patients souffrant de douleur glissent souvent dans le traitement à long terme. De nouveaux médicaments pourraient résoudre de nombreux problèmes.

Les médecins et les pharmaciens utilisent souvent très prudemment les analgésiques opioïdes chez les patients très âgés multi-morbides. Plusieurs études ont récemment montré que les risques sont plus faibles que prévu. L’accent est mis sur les personnes qui souffrent de douleurs non-liées à des tumeurs. Cela inclut aussi la douleur aiguë et la douleur chronique non liée au cancer (CNTS) dans les maladies du système musculo-squelettique.

Une thérapie avec du cœur

Les médecins injectent des opioïdes chez les patients souffrant d’une crise cardiaque, mais pas uniquement comme remède contre la douleur et l’anxiété. De tels composés diminuent également l’activation sympathique, et la charge cardiaque s’en trouve réduite. Cependant, des études plus anciennes ont fourni des preuves que le clopidogrel, le prasugrel ou le ticagrelor pourraient être affectés dans leur action. Afin de fournir des faits clairs, Etienne Puymirat de l’Université Paris Descartes a analysé des données du Registre Français des syndromes coronaires Aigus [Paywall]. Sur environ 2400 personnes avec infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST (STEMI), 453 avaient reçu des opioïdes aux urgences. Leurs taux de complications, mais aussi leur survie à un an, ne diffèrent pas de groupe de contrôle sans de tels analgésiques. Puymirat n’a trouvé aucune preuve d’effets négatifs en cas de dose habituelle.

La douleur et la chute

L’examen des opioïdes dans les CNTS est aussi positif. Erin E. Krebs de Minneapolis VA Health Care System a voulu savoir dans quelle mesure les opioïdes peuvent être utilisés pour l’analgésie chez les personnes âgées avec des douleurs dans le dos, dans les hanches ou les genoux [Paywall]. Ils ont évalué les données l’Osteoporotic Fractures in Men Study. Sur 6000 hommes de plus de 65 ans, 2902 souffraient de douleurs qui pourraient être attribuées à des maladies des muscles ou du squelette. Pour l’analgésie, les médecins ont prescrit des opioïdes à 309 patients. Sur la période de plus de neuf ans de suivi rapporté, 2 413 personnes subirent au moins une chute. Après correction d’autres facteurs, tels que la consommation d’alcool, l’âge, l’IMC et la DMO, Erin E. Krebs est arrivé à une conclusion surprenante. Dans les groupes avec et sans opioïdes, les patients sont tombés aussi fréquemment. Des différences significatives n’apparaissent pas, contrairement à ce qui était attendu. Les scientifiques avaient quelques années plus tôt dans une méta-analyse mis en garde contre la prise de psychotropes [Paywall]. Même si l’étude actuelle a des limites méthodologiques, en particulier en ce qui concerne le nombre relativement faible d’événements, elle donne plus de liberté aux médecins dans leur prescription.

Tout roule

La constipation induite par les opioïdes donne actuellement moins de maux de tête aux médecins. En fonction de la dose et la durée du traitement, jusqu’à 95 pour cent des patients en sont affectés. Les laxatifs n’ont pas toujours l’effet désiré. Avec le Naloxégol, un antagoniste oral des récepteurs opioïdes périphériques est maintenant disponible. Le médicament présente un effet de premier passage rapide et n’inonde pas le SNC. Dans le programme d’étude KODIAC financé par le fabricant, les patients prenant des opioïdes vont à la selle après 7,6 heures. Sous placebo, ce temps était de 41,1 heures.

Bien attrapé

Malgré les bonnes conditions pharmacologiques, il reste des sceptiques. Cela est dû à une étude scandinave. Andreas Mellbye de l’hôpital universitaire St. Olav, Trondheim, a évalué la prescription des opioïdes grâce au registre central norvégien. 417 000 patients ont reçu de tels médicaments en raison de douleurs non liées au cancer. Dans presque un cas sur dix, selon Mellbye, il s’agit d’une médication chronique, on parle alors de plus de 180 doses journalières par an. Ce groupe a été observé en détail par les chercheurs sur la douleur. En six ans, 47 pour cent ont reçu un traitement opioïde continu. Plus d’un quart nécessite de façon permanente les médicaments. Dans ce cas, il y avait des augmentations de dose allant jusqu’à 120 pour cent. Parmi tous les patients prenant des opioïdes en permanence, presque un sur trois avait besoin régulièrement de benzodiazépines ou de substances Z. La proportion augmentait régulièrement.

Puissance qui vient du corps

De toute évidence, les opioïdes présentent encore des inconvénients dans la pratique. James E. Zadina de la Tulane University School of Medicine, New Orleans, a récemment trouvé des moyens possibles de résoudre ce dilemme. Il a réalisé un rapport sur un dérivé de la molécule endogène appelée endomorphine [Paywall]. Son médicament expérimental, lors des essais sur les animaux, a des propriétés analgésiques équivalentes à la morphine, sans conduire à ses effets indésirables. Lorsque les rongeurs prenaient le médicament, Zadina n’a observé ni dépression respiratoire, ni altération de leurs habiletés motrices. Lors de l’étape suivante, les tests ont évalués le potentiel addictif. Les animaux pouvaient obtenir en appuyant sur un bouton d’autres doses d’endomorphine. Encore une fois, le médicament eu des résultats nettement meilleurs que ceux de la morphine. On verra au cours des prochaines années si ces résultats prometteurs peuvent être reproduits lors des essais cliniques.

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1 commentaire:

Merci pour ces nouveautés dans le développement et l’usage des opioïdes.

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