Traiter les blessures façon Terre du Milieu

20. novembre 2007
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Qui a dit que le cinéma rendait seulement gros et paresseux ? Balivernes ! Depuis que Frodon s'est mis en route du pays des hobbits vers Mordor sur les écrans de cinéma, les médecins traitent mieux les blessures de leurs patients. Explication : un laser scanner qui a animé le répugnant Gollum.

Les médecins effectivement profitent maintenant d'au moins une des techniques utilisées dans les studios d'animation du régisseur Peter Jackson : c'est un scanner numérique maniable pour le contrôle des blessures. Aux U.S.A., les autorités d'agrément FDA ont même délivré il y a peu de temps une autorisation provisoire pour cet appareil nommé "Silhouette Mobile". Il est aussi en ce moment soumis à la certification ISO en Europe, plus pertinente. Pourtant chaque chose en son temps. Lorsque Peter Jackson filma les célèbres paysages de Nouvelle-Zélande pour les besoins du "Seigneur des anneaux", il remarqua dans le voisinage une entreprise appelée Applied Research Associates ayant pris comme raison sociale le nom ARANZ en rapport avec le sigle "NZ" sur la plaque d'immatriculation des voitures néo-zélandaises. ARANZ avait développé un scanner laser mobile qui fut mis sur le marché plus tard par l'entreprise américaine Polhemus sous le nom de Polhemus FastSCAN. Cet instrument ressemble à un mélange entre une longue-vue et un pistolet à eau et sert à numériser immédiatement des objets en trois dimensions. Le clou de cette technologie est que, grâce à la technique laser, les propriétés de la surface de l'original peuvent être filmée – de façon différente des prises de vue numériques traditionnelles -, ce qui à la fin conduit à des animations beaucoup plus précises. C'est ce qui a convaincu le créateur de WETA, l'entreprise qui réalisa les animations du Seigneur des anneaux : grâce à la technique laser, des modèles de cire représentant les créatures du film pouvaient être reconstitués numériquement avec une incroyable précision, à partir de toutes perspectives imaginables, et en peu de temps.

Regard dans les abîmes des blessures

Et quelle est la relation avec la médecine ? Pas mal de choses ! La maison-mère ARANZ a poursuivi le développement de cette technologie, non pas pour le cinéma, mais comme appareil médicale sous le nom Silhouette Mobile. Une filiale propre a même été crée pour ce fusil laser médical : ARANZ Medical. Ses ingénieurs ont rendu cet appareil encore plus petit, plus maniable et l'on couplé finalement à un ordinateur de poche avec caméra numérique – l'instrument mobile pour filmer les blessures ne livre pas seulement des images comme le fait une caméra numérique banale mais fournit aussi des mesures quantitatives, notamment sur la profondeur de la blessure et sur l'état de la peau. Les cliniciens sont enthousiastes : "L'appareil rend possible une documentation très efficace, rapide et précise de la blessure", nous dit par exemple le Dr. Michael Moore, président du centre de recherche sur les blessures à Dunmore en Pennsylvanie. "Les résultats sont reproductibles et parce qu'il est portable, cet appareil est idéal pour une clinique de la blessure mais aussi pour des consultations à domicile". Il va presque de soi qu'un appareil numérique mobile avec la possibilité de quantification des blessures se prête à une utilisation pour la télémédecine. ARANZ a entretemps introduit le Silhouette Mobile dans les discussions de nombreux congrès internationaux. Cet appareil est aujourd'hui vendu aux U.S.A.

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