Obésité : ces régimes sans graisse

23. mars 2016
Share article

Moins de glucides, moins de gras, ou plutôt moins de viande ? Les régimes populaires se comptent par douzaines. Du point de vue scientifique, les preuves d’efficacité restent limitées. Demander aux patients leurs habitudes à long terme permet aussi d’éliminer les kilos.

L’Organisation mondiale de la Santé, l’OMS, indique que plus d’un demi-milliard de personnes sont en surpoids. Les personnes concernées ingèrent trop de nourriture énergétique par rapport à leurs besoins quotidiens. En plus des facteurs environnementaux tels que les emplois de bureau, le peu de temps libre et la gourmandise, les gènes jouent un rôle central. Des mutations dans FTO ou TRIM28 avec régulation épigénétique sont associées à l’obésité. Mais cette information n’aide pas les personnes souffrantes actuellement. Si la valeur de l’IMC est supérieure à 40 ou 35 en combinaison avec d’autres maladies, les experts conseillent la chirurgie bariatrique. À part cela, il existe toujours d’innombrables programmes de régime. Un aperçu des publications récentes montre ce que les scientifiques pensent.

Faible en glucides bat Faible en gras

Longtemps la graisse était considérée par les gourous des régimes comme le méchant par excellence. Les protéines ou les glucides semblent être plus adaptés aux régimes grâce à leur densité d’énergie nettement plus faible. À long terme, les régimes à faible teneur en matières grasses n’ont pas obtenu le résultat désiré, ont découvert Deirdre K. Tobias et Frank B. Hu, Boston. Ils permettent une différence de 5,41 kilogrammes avec un régime standard. Mais avec un régime faible en glucides, les sujets perdent 1,15 kg de plus qu’avec un régime alimentaire faible en gras.

Lydia A. Bazzano et Tian Hu, La Nouvelle-Orléans, obtiennent dans une étude randomisée, contrôlée comparative avec 148 sujets des résultats similaires. Aucun participant n’avait de maladies antérieures. Ils ont été assignés au hasard dans deux groupes. Les régimes pauvres en glucides contenaient au maximum 40 grammes de glucides par jour. Dans le programme faible en lipide, un maximum de 30 pour cent de l’énergie devait être composé de matières grasses. Un objectif spécifique en calories n’existait pas. L’adhésion de 80 pour cent au bout de douze mois dans les deux groupes était relativement élevée, ce qui était dû à des contacts réguliers avec les médecins et les nutritionnistes. Après cette période, les régimeurs volontaires avaient perdu 5,3 kg de poids sous régime faible en glucides, mais seulement 1,8 kg sous celui faible en gras. Des différences significatives n’ont pas été observées par les scientifiques dans les niveaux de LDL, mais pour la protéine C-réactive et les triglycérides. Sur la base des scores de risque de Framingham, ils ont constaté que les programmes à faible teneur en glucides sont associés à un risque cardio-vasculaire significativement plus faible.

Des rangées de cartons rouges

Renée Atallah, Montréal, a examiné de près quatre programmes populaires, à savoir les régimes Atkins, Zone, Weight-Watchers et South Beach. Douze essais contrôlés randomisés ont été analysés. Par rapport au groupe de contrôle avec des recommandations générales ou des régimes alternatifs, seul le régime Weight Watchers marque des points. Cependant, de nombreux sujets ont repris une partie de leur poids perdu, à savoir 3,5 à 6,5 kg, deux ans après le début. Dans une étude comparative, le régime Atkins Fared se démarque, tandis que d’autres évalués plutôt mal cette forme de diète. Dans l’ensemble, Atallah n’a pas trouvé de favori.

Avantage sans viande

Quant à savoir si les régimes végétariens réduisent le poids du corps, il n’y a jusqu’à présent rien de clair. Ru-Yi Huang de Taiwan et Jorge E. Chavarro de Boston ont essayé donc de faire la lumière sur une méta-analyse. Dans les bases de données de publication, ils ont trouvé douze essais contrôlés randomisés avec 1.151 participants avec différents concepts de régime. Celui qui se nourrit comme un végétarien perd une moyenne de 2,02 kg de plus que les sujets chez lesquels la viande et le poisson étaient sur le menu. Les formes de vie végétaliennes pures ont laissé de côté un autre 2,52 kg par rapport aux lacto-ovo-végétariens. Ceux qui ont compté les calories et la consommation d’énergie avaient 2,21 kg de moins sur les hanches. Sans restriction calorique, il n’y avait que 1,13 kg. Huang et Chavarro pensent qu’un mode de vie végétarien pourrait faciliter l’amaigrissement. Toutefois, la méta-analyse ne fournit pas des conclusions à long terme.

Objectif sur le long terme

Les experts considèrent peu les panacées présumées comme le jeûne à intervalle, les régimes de désintoxication, la diète paleo ou le régime HCG. Dans un communiqué, la Société allemande de nutrition (DGE) a critiqué plusieurs de leurs faiblesses. D’une part, le manque de preuves scientifiques pour l’effet désiré. D’autre part, elles ne parviennent pas à faire changer les patients sur leurs habitudes à long terme.

16 note(s) (3.88 ø)

Comments are exhausted yet.



Langue:
Suivre DocCheck: