Dépistage anonyme de la syphilis sur le Net

28. janvier 2008
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Amsterdam, ambiance libertine : les hollandais tentent de prendre en main le problème croissant des maladies vénériennes à l'aide d'un portail Internet. Cet outil utilisé anonymement conduit déjà à un diagnostic précoce de la syphilis et à des thérapies rapides. Un exemple réussi pour la santé publique.

Le problème est évident : celui qui mène une vie libertine et qui attrape une maladie vénérienne ne va en général pas directement voir son médecin. Beaucoup de temps peut s'écouler jusqu'à ce que le malade se raisonne et décide de montrer l'efflorescence à l'endroit sensible. C'est la même chose à Amsterdam : depuis 1998, le nombre des infections syphilitiques serait passé de 35 à l'époque à près de 300 cas par an, explique Rik Koekenbier du service santé d'Amsterdam à la conférence Mednet 2007 à Leipzig. Que faire ?

Le dépistage de la syphilis sans contrainte est bien accepté

Les hollandais se sont lancés dans un projet très pragmatique dont l'analyse vient d'être publiée : "Nous nous sommes demandés comment faire pour que plus d'homosexuels fassent un test de dépistage de la syphilis", nous dit Koekenbier. La réponse est un site Internet interactif dont on fit la promotion sur les sites Internet consultés par la population nocturne d'Amsterdam et notamment la communauté homosexuelle. Le site fonctionne de la manière suivante : les visiteurs se donnent un surnom qui leur permet de télécharger des instructions. Ces instructions leur indiquent l'adresse de 7 laboratoires où ils peuvent se rendre pour faire un test de dépistage de la syphilis de manière anonyme. Les résultats sont ensuite délivrés quelques jours plus tard sur Internet et peuvent être consultés par les personnes concernées à l'aide de leur surnom et d'un mot de passe fournit avec les instructions. Si le test est positif, il est recommandé au malade de consulter un médecin au plus vite afin d'entreprendre un traitement.
La clinique spécialisée sur les MST d'Amsterdam, qui connait bien la procédure de dépistage via Internet, est indiquée en premier en tant qu'interlocuteur. Ce qui n'empêche pas le malade d'aller consulter tout autre médecin traitant les maladies vénériennes. "Nous avons eu 20.000 visites sur le site en l'espace de quelques mois. Près de 1 000 personnes ont téléchargé les instructions et une personne sur 10 a fait le test de dépistage", explique Koekenbier. Presque tous ceux qui ont fait le test ont aussi consulté les résultats en ligne. Le test était positif dans 14 des cas et 10 d'entre eux sont allés à la clinique MST. Les 4 autres personnes ont consulté un autre médecin. Nous n'avons cependant pas pu le vérifier du fait de l'anonymat du système.

Celui qui fait des tests fait souvent partie des populations à risque

Koekenbier souligne le fait que le service santé d'Amsterdam serait satisfait du déroulement de ce projet. Il serait important de noter qu'environ la moitié des personnes testées positif se seraient trouvées à un stade précoce de la maladie. Ce serait le double de ce qui a pu être observé en temps normal à la clinique spécialisée sur les MST. Ce qui tendrait à prouver qu'il est plus facile de suivre la procédure en ligne que d'aller voir directement un médecin. L'efficacité de la procédure est également remarquable : le test était positif pour une personne sur 7 – c'est beaucoup plus que lors d'examens habituels de dépistage de la syphilis. Le portail semble donc attirer des candidats à risque. Forts de cette expérience avec Syfilistest.nl, les hollandais ne veulent pas en rester là : ils aimeraient proposer d'autres portails pour d'autres maladies sexuellement transmissibles telles que la chlamydiose, la gonorrhée et le SIDA. Un nouveau portail est déjà prévu à ce sujet. Il doit être lancé prochainement.

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