L’envolée de la médecine aérospaciale

21. février 2008
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Des enquêtes menées au Japon, en Allemagne et aux États-Unis montrent qu'environ 60% des personnes de moins de 50 ans souhaiteraient entreprendre un voyage dans l'espace. Pour que ce tourisme commercial de l'univers puisse se développer, il faut cependant que la médecine réagisse dès à présent : des médecins de l'espace mènent dans le monde entier, des travaux de recherche donnant des résultats parfois impressionnants - ils sont souvent utilisés pour des applications complètement terrestres.

Beaucoup se souviennent encore aujourd’hui de la 11ième campagne de vols paraboliques du Centre de recherche aérospatial allemand (DLR) qui eu lieu entre le 20 et le 30 novembre 2007. Les chercheurs autour de Hanns-Christian Gunga, Professeur à l’Institut pour la Physiologie à l’hôpital de la Charité à Berlin et porte-parole du Centre pour la médecine aérospaciale, a tenté de caractériser les effets de l’apesanteur sur l’organisme humain à bord d’un Airbus A-300 ayant pour nom de code "Zéro-G". Pour cela, l’équipe employa un système de mesure non-invasif qui enregistrait. à l’aide de capteurs, les données du système cardio-vasculaire parallèlement aux changements dans la régulation thermique du corps. Après trois jours de vols et 30 paraboles, les 6 candidats avaient accompli leur travail et servi la médecine. Les mesures devraient se poursuivre en avril 2008 et une expérimentation de l’Institut de pharmacologie et toxicologie clinique de la Charité est prévue pour cette année.

60 jours de pause forcée

Des expériences de ce genre sont habituelles en médecine aérospaciale. Ces expériences rencontrent de plus en plus d’adeptes. La Charité à Berlin cherchait récemment "des candidats de la région de Berlin et Brandebourg" qui étaient prêt à passer 60 jours au lit contre rémunération. Le bénéficiaire était le Centre de recherche sur les muscles et les os (ZMK) au campus Benjamin Franklin de l’université de médecine de la Charité à Berlin et menait la 2nde étude nommée Berliner BedRest (BBR 2). Le projet initié par l’European Space Agency (ESA) et le Centre de recherche aérospatial allemand (DLR) fait partie du programme spacial de préparation aux vols vers Mars de 2027.

On sait depuis longtemps que les muscles s’atrophient et que les os perdent de leur densité en apesanteur. Avec le début du nouveau millénaire, les chercheurs européens de l’espace semblent avoir redécouvert le potentiel de la recherche clinique traditionnelle. Ainsi les 60 jours de repos au lit prescrits servent à simuler l’iapesanteur qui entraîne une perte de masse musculaire, hydrique et osseuse sur la durée chez les cosmonautes dans l’espace. Un appareil d’entrainement spécial vibrant, le Space – Galileo, stoppe l’atrophie musculaire. Mais en quoi ces connaissances peuvent-elles être utiles aux médecins exercant sur Terre ?

En mai 2007, la Charité justifiait à raison la nécessité des avancées de la recherce spaciale : "les résultats de l’étude devraient aussi fournir des réponses concernant certaines maladies terrestres comme le diabète, les maux de dos chroniques, l’ostéoporose et les faiblesses musculaires".

Toutes jambes devant

Les résultats des tests et les développements de la recherche spaciale sont en effet aussi utiles aux médecins et aux techniciens médicaux de la planète bleue. Par exemple, l‘Institut pour les problèmes de biomédecine (IMBP) a développé la tenue de réhabilitation "Regent". Ce vêtement bleu est un "mélange entre une tenue sportive, dessous sexys avec baudrier", comme on l’entendait dire à l‘ESA lors de la présentation de la nouveauté à MEDICA 2005. L’autre particularité : ce vêtement développé par l‘IMBP est utilisé sur des patients épileptiques ou atteints de Parkinson ou encore ayant une attaque d’apoplexie.

Une invention de l’entreprise Weyergans High Care AG basée à Düren a également fait sensation il y a 5 ans. L’entreprise spécialisée sur les thérapies futuristes présentait une "pompe vasculaire contre les problèmes de circulation sanguine et les congestions veineuses dans les jambes". Dans cette forme de thérapie, le patient est placé dans un tube jusqu’à l’abdomen. La partie basse du corps est finalement traitée avec une alternance de pressions et surpression. Les techniciens médicaux enthousiasmés expliquent : "la pompe vaculaire fonctionne comme un coeur extérieur pour la moitié basse du corps". On a pu en effet observer que non seulement la circulation sanguine était meilleure, mais aussi que les tuméfactions des veines et les varices disparaissaient.

Le médecin Siegfried Schink de la Clinique de réhabilitation Fallingbostel a démontré que les médecins avant tout profitent des adaptations techniques de la médecine aérospaciale au quotidien. Plus de 100 patients avec des problèmes de circulation ont consenti à être introduit dans un tube les jambes en avant où on produisait une pression normale et une surpression à intervalles réguliers. Effet surprenant de la méthode provenant de la médecine de l’espace : la circulation sanguine des candidats s’est améliorée. Ce procédé semble convenir tout spécialement aux diabétiques de notre chère bonne vieille Terre.

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