Mesure de la douleur : 2 MegaPain au compteur

9. février 2016
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Il s’agit d’un pan complet du travail clinique qui compte de plus en plus sur les techniques médicales informatisées. Néanmoins, il y a des douleurs qui vont au-delà de presque toutes les analyses automatisées. Diverses stratégies essaient de rendre la douleur mesurable, avec des résultats étonnamment bons.

Lorsqu’il s’agit de soigner par médicaments la douleur, les médecins et les infirmiers jugent toujours selon les déclarations subjectives des patients, parfois avec un questionnaire standardisé. Lorsqu’on en arrive aux questions légales et à la justice rendue au tribunal, l’IRM fonctionnelle est parfois utilisée. Elle est, cependant, à ce jour encore trop peu confirmée par des études et trop chère pour une utilisation sur les malades hospitalisés [Paywall].

Critères de douleur sous influence

Cela dépend toujours un peu de l’environnement et du médecin traitant que le patient reçoive une surdose d’analgésiques de manière inconsciente, qu’il doive un peu serrer les dents, ou que le responsable de la prescription puisse évaluer correctement les informations du patient. C’est en particulier difficile chez les jeunes enfants ou les adultes souffrant de problèmes de communication écrite et orale.

Bien qu’il y ait des indications de paramètres possibles associés au degré de douleur dans les lignes directrices, la recherche d’études prouvant ces indications aboutit généralement difficilement. La transpiration et la réduction résultante de la conductivité de la peau peut indiquer une douleur, mais plusieurs études ont montré que ce n’est pas un marqueur fiable [Paywall]. Cela dépend trop de la texture de la peau, de l’humidité ambiante et de la température. La situation est similaire pour d’autres changements dans le système nerveux autonome. Le pouls et la variabilité du rythme cardiaque dépendra, entre autres, des effets pharmacologiques, ainsi que de l’âge, du sexe et de la co-morbidité. Tout comme mesurer la dilatation des pupilles peut servir comme un signe de douleur, mais ce n’est pas adapté pour une mesure quantitative.

Douleur numérisée via EEG

Comme pour les méthodes d’imagerie, la dérivation spécifique de signaux de la douleur à travers l’EEG est relativement avancée. En 2011 Leslie Prichep et ses collègues du Medical College de la New York University ont publié une étude de faisabilité pour la détermination de la douleur par la mesure des ondes cérébrales chez les patients souffrant de douleurs chroniques. Les calculs mathématiques ont conduit les chercheurs à des régions sur la surface du crâne avec une expression particulièrement forte. Les données EEG correspondantes ont confirmé les images par résonance magnétique fonctionnelle et pointent vers les différents centres dans le cerveau qui sont fortement impliqués dans la sensation de douleur : le thalamus, le cortex somatosensoriel, l’insula postérieure et antérieure et une partie du cortex préfrontal et cingulaire. Lors du soulagement de la douleur, la force du signal est diminuée dans la dérivation de ces régions.

Une start-up a récemment exploité les connaissances du groupe de recherche à New York. « PainQx » veut offrir avec la licence de l’algorithme de l’EEG utilisé par les chercheurs de New York sur le cerveau une mesure de la douleur peu coûteuse d’ici quelques années. Le groupe cible est non seulement les médecins et les hôpitaux, mais aussi les centres de convalescence et les maisons de retraite, où les résidents ne peuvent pas toujours expliquer d’eux-mêmes correctement leur état. Et même la documentation de la douleur peu onéreuse ainsi créée lors des essais cliniques devrait inspirer les sociétés pharmaceutiques pour le développement de « PainQx ». Un dispositif mobile reçoit les données et affiche le résultat final, l’évaluation est effectuée de manière centralisée dans un centre de calcul basé sur un cloud (nuage de données informatiques).

En outre, une publication de l’année 2014 [Paywall] d’Inde a réitéré les espoirs de la jeune entreprise de Philadelphie. Elle voit dans l’analyse de certains signaux de l’EEG une bonne occasion de vérifier et d’ajuster la profondeur de l’anesthésie en anesthésiologie. Il y a encore dans la dérivation des ondes cérébrales périphériques des problèmes parce que les potentiels induits sont évalués à distance du lieu d’apparition. Des influences extérieures peuvent affecter ainsi facilement la précision des signaux enregistrés. Contrairement à l’analyse de l’EEG, les capteurs de magnétoencéphalographie mesurent le champ magnétique résultant d’une activité dendritique intracellulaire et peut donc permettre des dérivations plus directes. Cette méthode est techniquement très compliquée et n’est donc pas encore utilisée en routine à l’hôpital.

Analyse de l’expression prometteuse

Avec une méthode nouvelle et prometteuse, mais complètement différente, des chercheurs de San Diego ont essayé de mesurer la douleur chez les enfants. Ils se sont basés sur un système automatisé qui peut lire les émotions des expressions faciales, le « Facial Action Coding System ». 46 différents modèles anatomiques de mouvement donnent des indices quant à savoir si la personne est en colère, euphorique ou pensive. Le logiciel, relié à une caméra vidéo, peut tirer des conclusions sur la douleur possible au travers de l’abaissement des sourcils, les froncements de sourcils, le soulèvement des joues ou le pincement de la bouche. Le programme est maintenant assez rapide pour afficher instantanément l’état d’esprit, tout en offrant des résultats étonnamment précis. L’ordinateur détecte aussi l’humeur simulée mieux que les analystes des expressions du visage.

Dans la revue « Pediatrics », Jeannie Huang et ses collègues ont publié une étude sur 50 enfants âgés de cinq à dix-huit ans après une opération d’appendicectomie laparoscopique. Une caméra a enregistré les visages des patients lors des différentes visites peu de temps après la procédure et lors d’un rendez-vous de suivi trois semaines plus tard. Elle a donc enregistré la douleur chirurgicale persistante, ainsi qu’une douleur immédiate par pression sur la plaie. En comparaison avec l’échelle subjective des jeunes patients, la technologie vidéo a obtenu de remarquablement bons résultats dans la douleur aiguë et celle persistante. Les estimations du personnel soignant et des parents, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, ont également servi à évaluer la mesure de la douleur par technique optique. Alors que les infirmiers, contrairement aux parents, pouvaient bien évaluer si le patient souffrait de douleur lors de la visite, ces derniers étaient meilleurs pour évaluer l’importance de la douleur. Le personnel médical sous-estime souvent la douleur des patients qui lui sont confiés. L’analyse d’image par ordinateur est au moins équivalente aux meilleurs résultats obtenus par des observateurs humains.

Dix ans de souffrance

En moyenne, il faut dix ans pour que les spécialistes traitent les personnes de manière appropriée pour une maladie liée à la douleur. Il serait donc d’autant plus important d’avoir un outil de diagnostic des douleurs aiguës et chroniques approprié à portée de main pour les médecins et les infirmiers qui peuvent également l’utiliser à faible coût en routine. Cela est en particulier nécessaire quand le patient est incapable d’informer de manière intelligible son environnement sur son état. Actuellement un certain nombre de bonnes idées ont germé mais elles doivent attendre de passer les tests dans les cabinets sous la forme d’études à grande échelle. De nos jours, plus personne ne devrait se retrouver avec une forte douleur non traitée dans un lit d’hôpital. Tout comme les méthodes de traitement, les méthodes concernant le diagnostic devraient bientôt évoluer.

7 note(s) (4.71 ø)
Cardiologie, Médecine, Neurologie

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1 commentaire:

IL y a un système de mesure de la douleur fondé sur les variations de l’ECG et qui fonctionne

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