Alors, à la vôtre !

21. février 2008
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L'année commença bien. On annonçait au Danemark que l'alcool en association avec un style de vie sain peut faire baisser le risque de maladies cardiaques; à Cambridge, qu'une consommation modérée d'alcool peut, entre autres, faire augmenter l'espérance de vie. Ce n'est pas vraiment une consolation pour les personnes atteintes d'une fibrose ou d'une cirrhose du foie. Mais une nouvelle provenant de San Diego donne espoir...

Il y a 6 ans, des scientifiques de l’université de Californie San Diego (UCSD) déclaraient avoir réussi à identifier une protéine responsable de la fibrose ou de la cirrhose. De plus, ils avaient publiés une méthode permettant d’arrêter la cicatrisation inhérente ou bien la multiplication des tissus conjonctifs. Ils en apportèrent la preuve par des expérimentations sur des souris ayant une fibrose du foie. À l’époque, ces résultats entretenaient l’espoir de pouvoir un jour développer une thérapie pouvant freiner la maladie. Mais une nouvelle provenant du groupe de recherche autour du Dr. Martina Buck nous fait penser que l’on peut espérer plus : la fibrose du foie peut être non seulement freinée mais aussi guérie. Les Californiens pensent que ce résultat pourrait être un point de départ éventuel pour guérir l’hépatite virale, la stéatose hépatique, la cirrhose, la fibrose pulmonaire ou les brûlures.

Les cellules stellaires déclenchent la surproduction

Chez les patients atteints d’une fibrose, des tissus conjonctifs malades apparaissent dans le foie par exemple. Les cellules stellaires en sont responsables : au stade pathologique, elles produisent d’énormes quantités de fibres de collagène. En temps normal, le collagène est chargé de guérir les plaies. Mais trop de collagène produit l’effet inverse, c’est-à-dire la cicatrisation du tissu. Au stade final, c’est la cirrhose. Selon l’UCSD, la cirrhose du foie entraîne la mort de 14 000 personnes par an en Allemagne et de 800 000 dans le monde. Les coupables : entre autres les virus de l’hépatite B ou C ou bien une forte consommation d’alcool. Il n’était jusqu’à présent pas possible de guérir de cette maladie. On s’occupe pour le moment de guérir les souris de San Diego mais Buck et ses collègues espèrent que leurs recherches pourront aider les personnes atteintes d’une fibrose du foie, étant donné que la même protéine est responsable de la formation des fibres de collagène chez ces malades.

Blocage de la protéine RSK

La formation du tissu de cicatrice pu être arrêtée en bloquant la protéine RSK. Un peptide fut injecté pendant un certain temps dans la cavité abdominale des souris ayant une fibrose du foie. Après 3 à 4 mois environ, les cellules stellaires arrêtèrent la production de collagène et les cellules saines du foie se reconstituèrent. "Il y a 6 ans, nous avons trouvé un moyen d’empêcher ou d’arrêter la cicatrisation excessive lors d’expérimentations animales," déclarait Martina Buck. "Notre dernière trouvaille prouve que nous sommes en mesure de réparer les dommages". Il va cependant s’écouler encore un certain temps avant que l’on ne puisse appliquer le traitement sur l’homme. L’attachée de presse de l’école de médecine de l’UCSD répondait à ceci : "Aucun traitement médicamenteux n’a encore été développé jusqu’à présent et nous sommes encore loin des expérimentations sur l’homme."

Une pilule contre les dommages au foie graves ?

Une équipe de recherche de l’université de Newcastle en Grande-Bretagne semble être plus avancée sur le sujet. Les scientifiques autour du Professeur Chris Day annoncèrent en 2006 qu’un médicament déjà disponible et peu coûteux serait en mesure de résorber une maladie du foie grave. La base de leurs expérimentations animales était un médicament traitant normalement l’arthrite ou l’entérite. Si la thèse des chercheurs anglais passe le cap des études cliniques, on pourrait théoriquement préserver les alcooliques de la mort, même s’ils continuent de boire. Cela ne pose bien évidemment pas seulement un problème d’éthique. Pour le Professeur Day, la pilule serait malgré tout une solution potentielle rendant superficielle la transplantation du foie chez les alcooliques. Il y a là un vrai problème éthique. Cependant, il va s’écouler encore un certain temps avant que la pilule soit au point, disaient les scientifiques il y a 1 an et demi. Depuis, on a plus entendu parler de la pilule magique. Des bloggeurs commentent ironiquement les déclarations de l’UCSD : "Seules les cellules cérébrales ne peuvent pas être remplacées" et "Bientôt l’ivrogne finira ses jours comme idiot".

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