De nouvelles armes de précision contre le cancer

21. février 2008
Share article

Un nouveau procédé en oncologie a fait, fin janvier, l'effet d'une petite bombe : des médecins de la clinique universitaire de Magdebourg ont utilisé pour la première fois un IRM à champ magnétique intense dans la lutte contre le cancer.

L’idée semble être prometteuse : utiliser des techniques micro-thérapeutiques parallèlement aux méthodes classiques comme la chimiothérapie ou l’opération. Dans cette méthode, le médecin utilise des procédés d’imagerie pour pouvoir introduire de petits instruments dans le corps des patients et les placer directement dans la tumeur. Ils agissent là de manière très précise – par ex. en traitant les tumeurs par irradiation ou par introduction de chaleur. La grande précision des interventions micro-thérapeutiques permet d’épargner les tissus périphériques lors du traitement. C’est une méthode qui n’est pas vraiment nouvelle mais qui a fait ses preuves.

Des opérations de haute précision sur le cancer

On est allé beaucoup plus loin à Magdebourg . L’IRM d’un tout nouveau genre permet d’accéder librement au patient – fait déterminant pour les interventions – et ouvre ainsi la voie aux travaux synergétiques. Jens Ricke, Directeur de la clinique de radiologie et de médecine nucléaire à la clinique universitaire de Magdebourg, explique le principe : "Grâce à son mode de construction ouvert, il nous permet, à nous médecins, un accès libre au patient, cela étant nécessaire aux opérations".

On a alors pu voir en direct ce qui attend les chirurgiens à l’avenir. Les médecins ont pu démontrer la puissance de ce formidable appareil en procédant à une curiethérapie, pratiquée autrefois par scanner. Les résultats sont notoires : le procédé peut détruire localement des tumeurs et des métastases.

Á Magdebourg, la curiethérapie interstitielle est utilisée comme radiothérapie par une source radioactive sous forme de capsule introduite par voie percutanée. Les médecins de la clinique de radiologie et de la clinique de radiothérapie utilisent ensemble le procédé avant tout pour la sclérose des métastases qui se sont formées dans le foie, le poumon ou le ganglion lymphatique. "D’autres études montrent aussi des résultats prometteurs pour le traitement des tumeurs primaires des cellules du foie, du rein et de la voie biliaire" entendait-on dire à Magdebourg. À l’avenir, l’IRM pourrait être considéré comme l’œil du chirurgien à la place de la traditionnelle tomodensitométrie.

Il s’agit d’un travail de précision

Sous anesthésie locale et contrôle par image, le radiologue place tout d’abord des cathéters à un endroit précis de la tumeur. Ils permettront de pouvoir injecter dans le corps des gélules chargées en iridium 192 radioactif après une minutieuse planification dosimétrique des médecins radiothérapeutes. Après son placement et la planification de radiothérapie, l’iridium 192 libère une radiation précise et forte pendant quelques secondes dans la tumeur. C’est du jamais vu en raison des images précises à l’intérieur du corps : la radiation d’une grande précision épargne les tissus alentours. Sans IRM, la méthode pourrait être appliquée de la même manière mais elle serait beaucoup moins exacte et induirait plus de radiations pour le patient.

Des interventions de ce genre s’opèrent depuis peu et en première mondiale à la clinique universitaire de Magdebourg à l’aide de l’IRM ouverte à champ intense présenté officiellement maintenant. Les scientifiques de Magdebourg sont persuadés que de nouvelles interventions chirurgicales verront bientôt le jour dans le cadre du projet de développement que la clinique de radiologie et de médecine nucléaire ont mis sur pied avec Philips, le constructeur du scanner à résonance magnétique, et parallèlement aux procédés micro-thérapeutiques connus. Pour eux, ce n’est maintenant qu’une question de temps …

0 note(s) (0 ø)
Non classé

Comments are exhausted yet.

Langue:
Suivre DocCheck: