Virus Zika : le tour du monde en 80 moustiques

25. janvier 2016
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Durant de longues années, le virus Zika est resté assoupi, peu remarqué par la science. Actuellement, il cavale de pays en pays. Et l’innocuité décrite précédemment est aussi derrière nous. Le temps d’une réévaluation est nécessaire.

Sénégal, 2008. Brian Foy et Kevin Kobylinski, entomologistes à l’Université d’État du Colorado, ne savaient pas ce qui leur arrivait. Après avoir réalisé des recherches, ils souffrirent de maux de tête, enflure des articulations et éruptions cutanées. Les symptômes ne correspondaient à aucune infection virale connue – principalement en raison de l’évolution plutôt peu grave. Un an plus tard, Foy et Kobylinski rencontrèrent par hasard Andrew Haddow, qui fait des recherches comme virologue à l’Université du Texas. Il paria sur le virus Zika et trouva des anticorps correspondant dans le sang de ses patients. Selon Haddow cette maladie sporadique sévit en Afrique depuis 50 ans, sans que le monde scientifique ne s’y intéresse particulièrement.

Vers de nouveaux rivages

Pendant ce temps, la situation a fondamentalement changé. Depuis huit ans, de plus en plus de personnes en Asie du Sud et dans les îles du Pacifique tombent malades. Selon les autorités sanitaires, en Polynésie française entre 2013 et 2014, quelque 30 000 personnes ont été touchées, soit un résident sur dix. Grâce à la Coupe du Monde de football du 12 Juin au 13 Juillet 2014, les agents pathogènes ont atteint le Brésil [Paywall]. À la mi-mai 2015, le ministère de la Santé a confirmé des cas suspects dans plusieurs provinces du pays. En Juillet, 40 cas étaient confirmés en laboratoire, et au début Décembre, 739. Le virus Zika conquit peu de temps après la Colombie et le Panama. Au début de Novembre, il y avait déjà 110 infections confirmées. Duane Gubler, directeur du «Programme sur les maladies infectieuses émergentes » à l’Université Duke-National University de Singapour attend tôt ou tard des foyers dans le sud des États-Unis et en Europe du Sud.

Petit et méchant

Il a utilisé la propagation des moustiques du genre Aedes, les principaux vecteurs du virus Zika. L’agent pathogène lui-même ressemble à des flavivirus connus comme la dengue, le virus du Nil occidental, la fièvre jaune ou le virus de l’encéphalite japonaise B. Après une période d’incubation de douze jours, les patients souffrent de la tête et de douleurs articulaires, de fièvre, de frissons et un sentiment général de maladie. Des exanthèmes maculopapulaires et une conjonctivite sont des symptômes typiques. L’infection disparaît souvent d’elle-même ; de nombreux cas sont asymptomatiques.

Mais les apparences sont trompeuses. Au Brésil, il y a eu une augmentation des microcéphalies congénitales chez les bébés à naître. Les scientifiques soupçonnent un lien entre les infections pendant la grossesse et des malformations du système nerveux central. De plus, ils ont trouvé dans le sang et les tissus des bébés des indices du virus Zika. Du point de vue du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), il manque des éléments de preuves, cependant, la causalité est considérée comme très probable. Les autorités ne veulent pas attendre d’explication. Actuellement, 25 000 soldats ont été envoyés dans le nord du Brésil pour décimer Aedes aegypti. Mais on peut mettre en doute que cette mesure ait un grand succès. Chaque flaque d’eau, chaque étang, chaque vieux pneu de voiture contenant de l’eau sont un terrain fertile pour les parasites. Les chercheurs travaillent sur des moustiques stériles transgéniques ou essayent de supprimer la transmission de virus avec des bactéries Wolbachia.

En savoir plus

Les moustiques ne sont qu’une partie du problème, comme en témoignent d’autres études. Didier Musso, un virologue à l’Institut Louis Malardé, Tahiti, a examiné 593 échantillons de donneurs de sang. Avec la méthode ELISA, il a trouvé dans 80 pour cent de tous les tests des anticorps contre le virus de la dengue, le virus Zika, le virus de l’encéphalite du Japon B ou le virus du Nil occidental. Les médecins exigent maintenant de superviser soigneusement la médecine transfusionnelle dans les pays concernés et d’examiner plus en détail la transmission. Comment Musso l’a découvert, un rapport non protégé peut, dans certains cas, également conduire à une infection. Des chercheurs ont réussi à détecter le virus dans le sperme. On entre alors dans un nouveau territoire, comme l’a montré une recherche dans PubMed. À la mi-Décembre, il n’y avait pour « Zika » que 214 publications alors que pour « dengue », il y en avait 14 700. Afin d’identifier toutes les nouvelles infections statistiquement, les experts de l’OMS ont décidé d’utiliser un code réservé pour les urgences, CIM-10. Immédiatement, U06 a représenté la maladie du virus Zika et U06.9 la « maladie du virus Zika, sans précision ». Tous les changements, jusqu’à nouvel ordre, concernent à la fois la CIM-10-OMS et de la CIM-10-GM. Voici le contexte : l’Organisation mondiale de la santé, selon ses déclarations, ne classe pas le VIH, la tuberculose, le paludisme, la dengue ou la grippe comme ayant les plus grands risques du point de vue épidémiologique mais la fièvre Ebola et de Marburg, le MERS, le SRAS, ainsi que la fièvre Zika. Tous les agents pathogènes ont le potentiel de déclencher à tout moment de nouvelles épidémies, écrivent les virologues. Les voyageurs doivent connaître les mesures de protection et emporter avec eux des vêtements clairs couvrant le corps et des répulsifs avec diéthyltoluamide (DEET). Il n’existe actuellement pas de vaccin. Il est conseillé aux femmes enceintes d’éviter, si possible, la région.

18 note(s) (4.28 ø)
Études, Médecine

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