Diabète : sauvé par le scalpel

24. avril 2008
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Aussi bizarre que cela paraisse, cette thérapie est mondialement reconnue comme étant particulièrement prometteuse : l'utilisation du scalpel notamment permet d'éviter, entre autres, les amputations redoutées chez les diabétiques. La clinique de la faculté de médecine d'Hanovre est l'une des premières d'Europe à employer cette approche thérapeutique.

Les pronostics sont plus que sombres. Celui qui traite des patients atteints d’un diabète sucré sait que, dans 30 à 50% des cas, une neuropathie se développe. On sait également que cette atteinte des nerfs due au diabète provoque finalement, après des sensations de brûlures extrêmes et une baisse considérable de la sensibilité au niveau des mains et des pieds, la perte complète de la sensibilité de protection. C’est la cause principale du syndrome du pied diabétique, qui n’est jusqu’à présent pas vraiment curable, et qui entraîne par an France environ 10 000 amputations du pied, de la cuisse et du bas de la jambe. Le terrible pronostic ne s’arrête malheureusement pas là : plus de 30% des diabétiques décèdent des suites d’une amputation du bas de la jambe en l’espace de 2 ans.
C’est ce qui devrait changer prochainement. A. Lee Dellon, Professeur enseignant la neurochirurgie et la chirurgie plastique à l’université Johns Hopkins à Baltimore, a développé une méthode thérapeutique tout simplement sensationnelle : il prend son scalpel quand il veut éviter l’amputation à l’un de ses patients diabétiques. Son approche thérapeutique repose sur une décompression préventive des nerfs des jambes au niveau de 3 passages étroits : la tête du péroné, le dos du pied et le tunnel tarsal derrière le tibia.

Une marche triomphale mondiale

La condition préalable à cette opération permettant de sauver des membres est la mise en évidence d’une neuropathie causée par une compression des nerfs de la main ou de la jambe et un niveau de glycémie et une circulation sanguine des jambes adéquates. Un appareil de sensibilité (PSSD) tout spécialement conçu détermine l’intensité de la neuropathie à l’aide de mesures du seuil de perception et de la discrimination de 2 points. L’opération, considérée pendant longtemps comme aberrante, est aujourd’hui souvent la dernière issue avant l’amputation et a convaincu des médecins dans le monde entier. Le procédé de Dellon entraîne effectivement un apaisement de la douleur et un retour de la sensibilité de protection. Conséquences de l’ultime intervention : on évite aussi bien les ulcères que les amputations.

"Plus de 1 000 patients ont été opérés jusqu’à présent aux États-Unis et dans plus de 80% des cas, les douleurs insupportables diminuèrent considérablement et la sensibilité revint, si bien que personne n’eut d’ulcère ou ne dû subir d’amputation", s’enthousiasme le médecin Andreas Gohritz de la clinique universitaire d’Hanovre pour la chirurgie plastique, de la main et de reconstruction. Le fait que cette clinique fasse partie des premières cliniques en Europe à utiliser ce concept thérapeutique américain montre que le potentiel de cette méthode est grand. La décompression des nerfs "peut empêcher les douleurs, les ulcères des pieds et les amputations chez les diabétiques", informe l’université de médecine de Hanovre – et propose la "nouvelle thérapie pour traiter les dommages nerveux liés au diabète sucré".

Des perspectives économiques attrayantes

Mise à part quelques exceptions, l’ancienne théorie prévaut en Allemagne: un dommage diabétique nerveux peut certes être ralenti par des médicaments, mais progresse aussi de manière irréversible, même dans le cas d’une bonne glycémie. "Des expérimentations animales et cliniques ont cependant démontré que la neuropathie diabétique peut être provoquée par un rétrécissement durable des nerfs et qu’un traitement thérapeutique est ici possible efficacement", explique le Professeur Dr. Peter Vogt, Directeur de la clinique utilisatrice. "Un barotraumatisme chronique du nerf apparait aux passages de circulation étroits fixés anatomiquement comme près de l’os ou du septum du tissu conjonctif." Dans ces cas, une thérapie est recommandée.

Les avancées thérapeutiques de la Basse-Saxe reposent possiblement sur une solide base avec des perspectives économiques attrayantes. Plus de 4 millions de personnes souffrent en Allemagne du diabète sucré.

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