Cancer du poumon : un diagnostic précoce en couleur

24. juin 2008
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Il était jusqu'à présent difficile de diagnostiquer un carcinome in situ chez les patients atteints d'un cancer du poumon. Des chercheurs suisses annoncent un progrès en terme de diagnostic : une nouvelle méthode de dépistage, non seulement deux fois plus sensible que la bronchoscopie conventionnelle en lumière blanche, mais aussi fin prête à être lancée sur le marché.

Les chercheurs autour d’Hubert van den Bergh et de Georges Wagnières de l’ETH de Lausanne en collaboration avec leur collègue Philippe Monnier du Centre Hospitalier Universitaire de Lausanne n’obtiendront probablement pas de récompense pour le nom du procédé : la nouvelle méthode de dépistage s’appelle tout simplement "endoscopie diagnostique par autofluorescence"*.

Un peu de publicité ferait pourtant du bien au procédé qui vit le jour à la fin des années 80 dans le cadre du programme de recherche national suisse "Technique biomédicale" (PNR 18). Ce diagnostic unique serait "deux fois plus sensible que la traditionnelle endoscopie bronchique en lumière blanche" annonce aujourd’hui le Fonds national suisse (FNS) et fait savoir à coup de fanfare aux pneumologues du monde entier que le dépistage du cancer du poumon à l’aide d’une alternance subtile de longueurs d’ondes est enfin disponible sur le marché.

Toutes les lumières ne conduisent pas au but

Van den Bergh observa effectivement tout d’abord que, quand ils sont illuminés par une lumière d’une certaine longueur d’onde, les tissus bronchiques sains émettent naturellement une lumière fluorescente beaucoup plus intensive que les tissus présentant des lésions précancéreuses. Ce contraste permet l’identification visuelle des lésions lors d’une endoscopie. Cependant toutes les longueurs d’ondes ne possèdent pas les qualités souhaitées. Car la lumière doit d’un côté permettre d’établir un contraste marqué, et de l’autre, la lumière fluorescente émise doit être assez forte pour permettre la détection. Les scientifiques parlent de cette avancée en déclarant que "le meilleur compromis répondant aux deux exigences en même temps a été trouvé avec une excitation induisant l’autofluorescence se faisant dans le violet pendant que l’observation de l’autoflorescence se fait dans le vert".

Mais comme les bronches des hommes sont très ramifiées, les rayonnements colorés auraient laissés les médecins pour ainsi dire dans le noir; les Suisses se sont alors bien vite aperçus qu’une seconde source de lumière devait éclairer les bronches. L’apothéose : cette source de lumière rouge n’induit aucune fluorescence mais illumine les bronches. Comparée à son pendant violet, cette lumière est renvoyée avec la même intensité par les tissus sains et les carcinomes in situ – et n’influence donc pas le diagnostic.

Les fausses suspicions sont révolues

Les études cliniques menées par le groupe de travail de Philippe Monnier à l’hôpital universitaire de Lausanne confirmèrent finalement la fiabilité de l’endoscopie par autofluorescence. Un résultat sensationnel : la méthode permit de détecter deux fois plus de lésions précancéreuses que l’endoscopie traditionnelle en lumière blanche utilisée jusqu’à présent, ceci "sans que les tissus sains ne soient suspectés à tort", écrit maintenant le FNS.

La réussite des Suisses doit maintenant conquérir les cliniques et les cabinets médicaux avec l’aide d’une entreprise allemande (Richard Wolf GmbH); plus de cent appareils sont aujourd’hui utilisés. Le FNS nous donne une bonne raison d’établir cette méthode en jetant un coup d’œil sur les statistiques : "Le taux de mortalité à 5 ans est de 80 % dans le cas d’une détection à un stade avancé alors qu’il est seulement de 10 % dans le cas d’une détection à un stade précoce appelé carcinome in situ". C’est ce que les spécialistes des poumons devraient considérer et c’est l’objectif qui est à atteindre avec la nouvelle méthode.

 

* Cliquez ici pour visualiser la démo en format AVI. (Source : Richard Wolf GmbH/SNF)

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