Les pilules d’Alzheimer : vert est la couleur de l’espoir

25. août 2008
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L'épée de Damoclès menacante que représente la démence et Alzheimer a produit des effets. Nos gouvernements édictent de meilleurs standards de soin. La recherche bat son plein. Les publications d'études en tout genre se précipitent. Et l'ibuprofène continue de hanter la presse spécialisée. L'idée de faire des miracles avec un principe actif connu est séduisante. Mais des précautions sont à prendre...

Empêcher la formation de plaques d’amyloïdes

La maladie d’Alzheimer est la forme la plus fréquente de la démence. Les symptômes furent décrits pour la première fois par le médecin Alois Alzheimer et présentés en 1906 à un congrès professionnel à Tübingen. Les personnes âgées sont avant tout menacées par la maladie neurodégénérative. Statistiquement, le risque d’être atteint d’Alzheimer est le plus élevé entre 75 et 85 ans. Étant donné que les populations des nations industrielles de l’ouest deviennent de plus en plus vieilles, le nombre des malades d’Alzheimer augmente de manière fulgurante. En 2007, on comptait environ 29 millions de personnes dans le monde. Selon des calculs réalisés par ordinateur sur la base de pronostics de population, plus de 100 millions de patients pourraient être atteints d’Alzheimer en 2050. Les thérapies préventives ou curatives qui pourraient voir le jour d’ici là n’ont cependant pas été prises en compte. C’est ce sur quoi travaillent aujourd’hui fébrilement des centaines de services de recherche, ce qui explique que plus de 2 100 publications en anglais soient sorties pendant les 12 derniers mois. Le développement de médicaments empêchant la beta amyloïde de former des plaques ou résorbant les plaques d’amyloïdes dans le cerveau est une priorité. Les anti-inflammatoires jouent ici un rôle d’inhibiteur de sécrétase.

L’utilisation de l’ibuprofène à long terme pourrait réduire le risque d’Alzheimer

Des études précédentes permirent de constater que des patients atteints de rhumatismes ont un risque réduit d’Alzheimer. Les chercheurs pensent que ce résultat est dû au traitement avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens et notamment l’ibuprofène. Les résultats précédents étaient cependant contradictoires, c’est pourquoi les études de ce genre ne furent pas considérées comme base sérieuse pour des mesures thérapeutiques à plusieurs reprises. L’étude américaine la plus grosse et la plus récente fut élaborée par le Dr. Steven Vlad et son équipe à l’université de Boston. Elle repose sur les données de près de 50 000 vétérans atteints d’Alzheimer et sur un groupe de contrôle de 200 000 vétérans qui ne montraient aucun signe de démence. Les analyses montrèrent que le groupe des personnes qui avaient pris de l’ibuprofène pendant plus de 5 ans comptait 40% de malades d’Alzheimer en moins.

Les études ne prouvent pas les effets protecteurs

L’étude des scientifiques de Boston montra aussi qu’il y a une relation entre la durée de la prise et la réduction du risque de démence. Les résultats les meilleurs étaient en relation avec l’ibuprofène. « Cela laisse supposer que l’effet n’est atteint qu’avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens spécifiques », nous dit VLAD. Une raison pour laquelle l’ibuprofène a affiché de bons résultats pourrait être lié au fait que c’est de loin le médicament le plus utilisé, nous explique le chercheur. Dans un communiqué de presse de l’American Academy of Neurology, on attire l’attention sur le fait que des études d’observation de ce genre ne peuvent pas montrer si les anti-inflammatoires non stéroïdiens ont un effet protecteur. Des précautions seraient à prendre concernant les effets secondaires tels que nausées, vertiges ou constipation. Des études cliniques ont été en partie interrompues car le risque d’infarctus était trop grand. Vlad: « All NSAIDs have well known side-effects that can be very serious and we still need trials to make sure the risks and benefits are very clean. » Le « Alzheimer’s Research Trust » trouve que le résultat n’est certes pas une solution miracle mais qu’il indique la bonne direction à prendre pour les recherches futures. BBC News commente le résultat des scientifiques de Boston en mentionnant que, dans une autre étude, on expliquait qu’il était possible qu’il y ait une relation entre les jambes et les bras courts et une prévalence de démence accrue.

L’espoir continue de vivre

L’annonce presse du laboratoire pharmaceutique américain Myriad Genetics sort tout juste de l’imprimante. Ses tests jusqu’à présent positifs avec Flurizan, parent de l’ibuprofène, attise de grands espoirs dans le monde entier. On dit maintenant que l’étude clinique de phase III n’aurait pas montré d’effet statistique significatif, c’est pourquoi le développement aurait été stoppé. Flurizan aurait dû arriver sur le marché en 2009. Ceci ne veut toutefois pas dire les anti-inflammatoires non stéroïdiens ne marchent pas, selon l’estimation de la recherche fondamentale allemande. On dit que le laboratoire pharmaceutique aurait abordé l’étude de manière quelque peu naïve. En principe, on jugerait de manière très positive la possibilité de développer une nouvelle génération de médicaments sur la base de dérivés d’anti-inflammatoires non stéroïdiens.

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