Vaccino-sceptiques : ça gratte le C

5. octobre 2015
Share article

La revue médicale «Vaccine » a récemment consacré un numéro spécial aux vaccino-sceptiques. À l’intérieur, des experts de l’OMS indiquent qu’il faut systématiquement justifier les programmes de vaccination auprès des critiques et ce dès le début du programme.

La récente édition spéciale de « Vaccine » montre que le thème des vaccinations et des vaccino-sceptiques ne mérite pas seulement d’être mentionné après coup une fois que la crise a commencé. Les experts expliquent par exemple, quel rôle jouent les vaccino-sceptiques dans la limitation de la couverture vaccinale.

« Les vaccins ne peuvent améliorer la santé et prévenir les décès que s’ils sont correctement utilisés », explique le Dr Philippe Duclos, conseiller principal en santé à l’OMS et rédacteur en chef invité du numéro spécial. « Les programmes de vaccination ont besoin d’atteindre des taux de couverture vaccinale élevés et de les maintenir. Les vaccino-sceptiques correspondent à un aspect dont l’influence est de plus en plus importante pour les programmes nationaux de vaccination ». Mais dans cette édition spéciale, il ne s’agit pas seulement de saisir l’ampleur du problème, mais aussi de trouver des solutions.

Stratégie de l’OMS : la prévention plutôt que le traitement

Dans la préface du numéro spécial de « Vaccine », les auteurs résument les mesures jugées nécessaires, selon eux, pour résoudre le problème des vaccino-sceptiques :

  • une préparation proactive et une réponse rapide en identifiant, évaluant et traitant les zones de « points chauds » pour les vaccino-sceptiques
    • l’inclusion permanente des acteurs sociaux (les médias, les leaders d’opinion) qui influencent la perception publique du risque et de la sécurité des vaccins
    • des rôles prédéfinis, des ressources fournies à l’avance et des plans de gestion de crise, qui peuvent être déclenchés pour répondre aux rumeurs et à la désinformation, avant qu’elles n’influent sur les taux de vaccination

« Comme la récente crise de l’Ébola l’a montré tragiquement, la pierre d’angle du succès dans les soins de santé est de faire participer les communautés et de convaincre les individus de changer leurs habitudes et leur comportement », ont déclaré les auteurs de la préface. « Il en va de même pour la lutte contre les vaccino-sceptiques. »

Les trois C des vaccino-sceptiques

Les experts croient en effet que la question de la sécurité des vaccins joue un rôle important dans le scepticisme vaccinal, mais il n’est pas le seul facteur influent. Un modèle populaire afin d’enquêter sur les raisons du scepticisme vaccinal, est le modèle à trois C : les raisons possibles sont affectées à une des trois catégories – la confiance (confidence), la complaisance (complacency) et la commodité (convenience). La confiance (confidence) ne signifie pas seulement avoir confiance en la sécurité et l’efficacité d’un vaccin, mais aussi dans le système de soins de santé et de son personnel, ainsi que dans ceux qui prennent les décisions, et jugent les vaccins nécessaires.

La complaisance (complacency) existe lorsque le risque allégué pour les maladies évitables par la vaccination est faible et que la vaccination est considérée comme une mesure de protection inutile. En particulier, des programmes de vaccination réussis peuvent conduire à une augmentation du laxisme dans la vaccination car les individus comparent les risques d’un vaccin contre le risque de développer une maladie plus fréquente.

La commodité (convenience) est, quant à elle, influencée par divers facteurs, par exemple, la disponibilité, l’accessibilité ainsi que le prix prêt à mettre pour le vaccin. La qualité de la performance ainsi que le moment, le lieu et le contexte culturel dans lequel un vaccin est administré agissent sur la décision de vacciner et peuvent donc conduire à du scepticisme vaccinal.

Un rocher dans le flot d’informations

Comme les raisons des vaccino-sceptiques sont diverses, il n’y a pas de solution miracle contre le phénomène. Cependant, une communication efficace est une mesure-clé pour réduire les craintes, répondre aux préoccupations et accroître l’acceptation de la vaccination. Un coup d’œil au questionnaire parental du BZgA de 2011 en Allemagne sur le thème « Vaccination durant l’enfance » montre que les professions médicales, dans ce cas, jouent un rôle crucial. Dans cette enquête représentative à l’échelle nationale des parents d’enfants âgés de 0 à 13 ans, 35% des parents refusent les vaccinations individuelles en raison de réserves (« attitude vaccino-sceptique »). La principale source d’information pour les parents est le médecin (93%). Pour plus d’informations, suivent les sources suivantes : médias imprimés tels que brochures et dépliants (63%), discussion avec d’autres parents (41%) ou un professionnel de santé (40%). Seulement 26% ont cité Internet comme source d’information – la proportion attendue aujourd’hui, 5 ans plus tard est significativement plus élevée.

Mais l’information ne peut avoir une répercussion que quand elle est écoutée. Le problème principal est le suivant : l’étude sur la protection contre l’infection de la BZgA a montré que les personnes qui en général sont les plus opposées à la vaccination, ne sont pas intéressées par de plus amples informations sur le sujet dans la plus grande majorité des cas (94%). Néanmoins, laisser le champ libre aux opposants à la vaccination ne peut pas et ne doit pas être une solution.

10 note(s) (2.3 ø)

Comments are exhausted yet.

4 commentaires:

Diététicienne

Je pense que le Dr JOYEUX prend un positionnement à la fois très censé et un peu dangereux.
Censé, par ce je comprends le scepticisme de certains parents à qui l’ont dit qu’on va administrer un vaccin hexavalent car la version DT Polio seule n’est plus commercialisée et les tétra et pentavalents en rupture de stock!… La pénurie est très difficilement expliquée et explicable par les labos.
Ce positionnement peut cependant être dangereux si l’on induit des comportements tels que les vaccino-sceptiques et qui conduisent à une non vaccination de toute une génération d’enfants.
Mais il me semble très raccourci de parler de gourou!
Le débat vaut mieux que les jugements hâtifs.

#4 |
  0
Invité
Invité

il y a des gents qui se croient libres, alors qu’ils ne savent même pas ce que ça veut dire.

#3 |
  0
brigitte
brigitte

chacun pense ce qu’il veut, suivant son chemin de vie, son expérience etc
ne citez pas de nom Docteur, on dirait que la position de votre confrère vous fait quelque peu envie

#2 |
  0
Dr Thierry Harvey
Dr Thierry Harvey

juste … Bravo ret merci

reste à faire taire … H Joyeux qui avant était bon et qui a du …croiser un gourou
th

#1 |
  0


Langue:
Suivre DocCheck: