Un petit somme sur le scalpel

22. septembre 2008
Share article

Celui qui n'accorde pas régulièrement du repos à son cerveau doit s'attendre à avoir des problèmes. Il existe certes plusieurs possibilités de rallonger les périodes sans repos et sans problème : café, pilules anti-sommeil ou encore mieux, une petite sieste... Mais d'une manière générale, on peut toujours se demander quels sont les dangers d'un excès de fatigue dans la salle d'opération...

Blouse, masque, gants et par sécurité peut-être encore du Modiodal ou du Donépézil… Et pourquoi pas ? Un groupe de chirurgiens anglais du "Londoner Imperial College" lança le débat au début de l’année : les chirurgiens ayant de longues journées de travail ne feraient-ils pas mieux de faire confiance à l’efficacité de stimulants plutôt que de commettre des erreurs en salle d’opération ? "Les patients font de mieux en mieux la différence entre les bonnes et les mauvaises prestations chirurgicales.", écrit Oliver Warren dans un article dans le "Journal of Surgical Results". Warren poursuit en expliquant qu’il serait possible d’imaginer que les patients demandent bientôt à leur médecin s’il prend des substances permettant une "amélioration de la performance cognitive" ou non, et si non, pourquoi pas. Une étude de 2006 rapporte qu’en Californie, les médecins d’urgence qui travaillent la nuit bénéficient de Modiodal s’ils doivent faire des heures de formation le jour suivant.

Se souvenir de fausses informations

En Allemagne, les heures de travail du personnel hospitalier ne sont souvent fixées que sur le papier et, selon une étude, ne sont pas respectées dans plus de la moitié des hôpitaux allemand. Alors que faire quand, après deux services de nuit, un cours ou une opération difficile est au programme ? Prendre des stimulants pour le cerveau ? « En salle d’opération, la fatigue disparait » prétendent la plupart des chirurgiens qui font complètement confiance aux capacités de réserve de leur système nerveux central. La science nous montre qu’il y a cependant des limites…

Il y a encore peu de temps, « Nature » donnait les nouveaux résultats du groupe de recherche sur le sommeil de Jan Born, à Lübeck. Après une nuit sans sommeil, le cerveau fabrique de faux souvenirs. Dans l’étude, les personnes tests devaient se souvenir de termes correspondant à un thème qui leur avait été nommé. Les personnes qui n’avaient pas dormi étaient même sûres des termes qu’elles avaient imaginés après avoir rattrapé leurs heures de sommeil manquantes. Le nombre des erreurs diminuait de 10% lorsque les personnes prenaient du café. Les neurologues se souviennent : la caféine agit dans le cortex préfrontal, là où le cerveau fait la différence entre réalité et fantaisie.

Peu de sommeil – risque pour le cœur

Les travaux sur le sommeil du chercheur Matthew Walker de Berkeley en Californie montrent aussi ce qui se passe par exemple dans le cerveau d’un travailleur posté fatigué. Après une période de 25 heures sans dormir, les candidats réagirent à des images repoussantes avec une activité des amygdales 3 fois plus forte que dans le groupe de contrôle. Le cortex préfrontal contrôle l’activité des amygdales et empêche une explosion excessive des sentiments. Chez les candidats manquant de sommeil, les relations de ces 2 régions étaient par conséquent seulement faiblement actives alors qu’elles étaient beaucoup plus fortes vers les centres autonomes du tronc cérébral. Donc pas étonnant que, selon des statistiques et en raison d’un mauvais contrôle de leurs sentiments, les personnes manquant de sommeil prennent souvent la direction d’un infarctus du myocarde et en meurent.
De manière générale, l’activité cérébrale ne diminue pas lorsqu’il y a un manque de sommeil. Seuls les processus de commande des différentes fonctions ne fonctionnent plus comme d’habitude. Une autre étude réalisée sur des personnes qui dorment leur content et des personnes fatiguées, menée à l’aide d’imagerie par résonance magnétique dans le cerveau, est parue en mai dans le Journal of Neuroscience. Alors qu’un bon sommeil aide à compenser rapidement les petits moments d’inattention, il en va autrement dans le cas d’un manque. Le processeur bégaie sans cesse notamment pour les tâches difficiles "voir-comprendre-agir". Il semblerait que la commande centrale lutte contre la phase nécessaire de régénération. Le danger, notamment pour les médecins ou les conducteurs de poids lourds : en cas de sommeil manquant, les réactions ne se distinguent souvent pas des réactions normales. La fréquence des erreurs est cependant beaucoup plus grande.

Le repos est le meilleur médicament

Les discussions se poursuivent aujourd’hui encore vivement et on examine si Modiodal & Co peuvent aider le cerveau à fonctionner correctement sur une longue durée. Beaucoup de chirurgiens évitent le café et le thé afin que leurs mains tranquilles ne tremblent pas. Sam Daetwyler de l’université Wake-Forest en Caroline du Nord augmenta la performance de la mémoire de singes rhésus fatigués avec un aérosol contenant l’hormone du sommeil orexine-A; une possibilité qui pourrait se révéler intéressante dans la préparation d’une opération.

Mais le mieux serait encore d’accorder du repos au cerveau. Il y a quelques semaines, Reinhard Pietrowsky de l’université de Düsseldorf rapportait dans le Journal of Sleep Research que même un repos de 6 minutes suffisait pour augmenter considérablement ses performances lors de tâches de concentration.

0 note(s) (0 ø)
Non classé

Comments are exhausted yet.



Langue:
Suivre DocCheck: