Une épidémie à la carte

1. octobre 2008
Share article

Des scientifiques américains se servent depuis 2 ans d'Internet pour pouvoir identifier les nouvelles menaces d'épidémie dans le monde. Ce projet, au départ complètement expérimental, s'appelle "Health Map" et est devenu entretemps un instrument que même les spécialistes des épidémies prennent de plus en plus au sérieux.

Lorsque, il y a 2 ans, l’épidémiologiste John Brownstein du "Children’s Hospital" à la "Harvard Medical School" de Boston et le développeur de logiciels Clark Freifeld ont eu l’idée de rechercher des indices concernant l’apparition de nouvelles épidémies sur l’immensité de l’Internet, la crise du SRAS était terminée depuis quelques années déjà. Le SRAS était et reste typique d’une épidémie moderne : elle éclate dans une région de la planète difficile d’accès. Elle est prise en considération tardivement car le pays est soumis à un régime répressif. Elle se répand de manière extrêmement rapide à travers le monde entier via le trafic aérien.

Health Map scrute Internet à la recherche d’épidémies

Le monde occidental aurait-il pu être informé plus tôt sur le SRAS ? Brownstein en est certain : « Nous avons trouvé les premières indications concernant le SRAS sur des forums de discussion sur Internet; des personnes discutaient de problèmes dans la province de Guangdong », nous dit-il, « c’était, à cette époque et pour le reste du monde, la seule possibilité d’en être informé. » Mais personne n’y a vraiment prêté attention. Un tel cas serait aujourd’hui remarqué. L’Organisation mondiale de la Santé OMS scrute les portails d’informations locales de manière plus précise qu’avant. Par ailleurs, avec Health Map, Brownstein et Freifeld ont développé un instrument qui essaie de filtrer automatiquement et précisément les indices précurseurs de l’éclatement d’une épidémie qui se trouvent dans la mer d’informations d’Internet. Health Map s’intéresse plus particulièrement aux informations locales qui font le tour dans la presse régionale, sur les portails de petites communautés ou même dans les forums de discussion ou les blogs. Le moteur de recherche examine, à l’aide d’algorithmes complexes d’extraction de texte, toutes les sources auxquelles il peut accéder et essaie d’identifier les messages qui pourraient laisser présumer d’une épidémie. L’approche fait des adeptes : Health Map, qui était au début un projet purement universitaire, bénéficie entre-temps de subventions de la « National Library of Medicine », du « National Institutes of Health », du « Canadian Institutes of Health Research », et le dernier mais pas des moindres : de Google qui, toujours est-il, a dédié 450 000 dollars américains à ce projet.

Health Map scrute Internet à la recherche d’épidémies

Le monde occidental aurait-il pu être informé plus tôt sur le SRAS ? Brownstein en est certain : "Nous avons trouvé les premières indications concernant le SRAS sur des forums de discussion sur Internet; des personnes discutaient de problèmes dans la province de Guangdong", nous dit-il, "c’était, à cette époque et pour le reste du monde, la seule possibilité d’en être informé." Mais personne n’y a vraiment prêté attention. Un tel cas serait aujourd’hui remarqué. L’Organisation mondiale de la Santé OMS scrute les portails d’informations locales de manière plus précise qu’avant. Par ailleurs, avec Health Map, Brownstein et Freifeld ont développé un instrument qui essaie de filtrer automatiquement et précisément les indices précurseurs de l’éclatement d’une épidémie qui se trouvent dans la mer d’informations d’Internet. Health Map s’intéresse plus particulièrement aux informations locales qui font le tour dans la presse régionale, sur les portails de petites communautés ou même dans les forums de discussion ou les blogs. Le moteur de recherche examine, à l’aide d’algorithmes complexes d’extraction de texte, toutes les sources auxquelles il peut accéder et essaie d’identifier les messages qui pourraient laisser présumer d’une épidémie. L’approche fait des adeptes : Health Map, qui était au début un projet purement universitaire, bénéficie entre-temps de subventions de la "National Library of Medicine", du "National Institutes of Health", du "Canadian Institutes of Health Research", et le dernier mais pas des moindres : de Google qui, toujours est-il, a dédié 450 000 dollars américains à ce projet.

« L’extraction de texte » semble être quelque chose de simple à réaliser mais c’est en réalité un procédé extrêmement complexe car Internet est rempli d’une foule d’informations relatives à la santé. Cependant très peu d’informations sont en rapport avec l’apparition d’épidémies. « Il existe des milliers d’articles sur le thème de la santé sur Internet et cela va des journaux scientifiques aux sujets de politique de santé. Pour nos alertes, nous devons pouvoir distinguer les informations qui concernent les apparitions réelles d’épidémie », souligne Freifeld. Afin que cela fonctionne, Health Map classe les bouts de texte sélectionnés par région, maladie et agent pathogène. Il compare les nouvelles qui arrivent en même temps de régions semblables, filtre les doublons et ne conserve ainsi que les informations vraiment importantes. Un contrôle de qualité manuel intervient souvent en dernier lieu. C’est à partir de ce moment là que les informations sont incorporées dans le produit final de Health Map accessible aux internautes : une carte du monde interactive basée sur une technique développée par Google. Les lieux où une épidémie pourrait se déclarer sont indiqués par un petit drapeau sur la carte. La couleur des drapeaux indique la sévérité d’une manifestation. « Cela fonctionne à la manière d’un filtre spam », nous dit Freifeld. Comme pour les filtres spam, les algorithmes d’extraction de texte de Health Map sont actualisés régulièrement afin de rester le plus efficace possible. Les deux créateurs de Health Map nous décrivent le degré de difficulté dans un rapport actuel détaillé du journal PLoS Medicine.

De nombreux spécialistes des épidémies le consultent

Mais Health Map n’est pas seulement une carte interactive : c’est aussi un portail d’information. Il défriche en quelques clics diverses sources d’informations, de Wikipedia en passant par PubMed jusqu’à Google Trends. Et Health Map ne fonctionne pas qu’en anglais : les épidémies importantes apparaissent souvent dans les pays en voie de développement ou les régions tropicales. Les algorithmes couvrent aujourd’hui les sources d’informations en Chinois, Russe, Français et Espagnol. L’Hindi, le Portugais et l’Arabe sont en préparation. Health Map a environ 20 000 visiteurs ("visiteurs uniques") par mois. La majorité des requêtes proviennent de l’OMS, des "Centers for Disease Control" et du "European Centre for Disease Prevention and Control", ce qui constitue une preuve que ce site est pris très au sérieux.

0 note(s) (0 ø)
Non classé

Comments are exhausted yet.



Langue:
Suivre DocCheck: