Hôpital : Big Bed is watching you

20. août 2015
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Dans les hôpitaux, il arrive des incidents qui mettent la vie du patient en dehors des soins intensifs en danger, lorsque l’état du patient se détériore de façon inattendue. De nouvelles technologies promettent de combler et sécuriser le temps entre les contrôles des personnels soignants.

Il y a quelques semaines, Google a annoncé des plans pour développer un nouveau tracker pour la santé. Non pas qu’il n’existe pas déjà des applications suffisantes pour mesurer l’état des fonctions corporelles. Google vise des mesures beaucoup plus fiables et précises, principalement dans les cabinets et les hôpitaux. Les données sur le rythme cardiaque, le pouls et la température du corps peuvent faire prendre conscience d’éventuels problèmes à un stade précoce. Les premiers tests en milieu clinique sont prévus dans les prochains mois.

Décompensation postopératoire en raison d’une sédation incorrecte

Alors qu’en soins intensifs, un arsenal de capteurs sophistiqués enregistre chaque changement d’état des patients gravement malades et enclenche une alarme en cas d’écarts, cela n’est pas aussi simple dans d’autres services : les soignants doivent décider comment prendre en charge leurs protégés après une opération et comment prendre soin d’eux. En particulier, quand ces patients sont calmés avec des analgésiques opioïdes et des sédatifs, il n’est pas rare d’observer une dépression respiratoire. Un regard vers l’Amérique montre qu’un opéré récent sur 200 est concerné. La sursédation ou une réaction tardive due à une intolérance aux analgésiques entraîne une décompensation. Les premiers signes apparaissent après environ six heures et sont souvent accompagnés d’une détérioration significative de la condition physique associée, qui peut être mortelle sans intervention.

Afin de combler les longues périodes entre les contrôles manuels en particulier chez les patients à risque, des techniciens médicaux ont développé différentes alternatives. Tout d’abord, il existe des dispositifs qui mesurent les signes vitaux sans fil et, à des valeurs critiques, envoient un signal d’alarme pour le personnel infirmier, les médecins ou un centre de données. Deuxièmement, dans ce domaine, beaucoup de choses se passent dans la branche des logiciels. Ainsi des algorithmes complexes calculent l’état de santé à un moment donné et celui prévu dans les heures suivantes à partir des données disponibles depuis la dernière inspection et des paramètres de laboratoire existants.

Moins d’alarmes cardiaques grâce au capteur de matelas

Ainsi, un fabricant israélien propose des capteurs qui se trouvent sous le matelas, mais sont assez sensibles pour enregistrer la respiration et le rythme cardiaque et également enregistrer les mouvements du patient. Le système peut alerter les infirmiers en cas de changement de pouls et de respiration, par exemple par message sur le téléphone mobile. Mais le capteur de mouvement active aussi le dispositif d’alarme si, par exemple, les patients confus sortent du lit. Avec l’enregistrement de mouvements dans le lit, le capteur contribue également à la prévention des escarres.

Certains hôpitaux aux États-Unis [Paywall] et maintenant aussi en Europe utilisent l’extension depuis un certain temps déjà. Une étude rétrospective [Paywall] dans deux cliniques à Los Angeles et Boston avec plus de 7600 patients (2300 en contrôle par intervention, 5300 en contrôle manuel) sur un service de chirurgie a montré chez les patients surveillés électroniquement une plus courte durée de séjour dans le service et moins de jours en soins intensifs, bien que le « taux de transfert » en unité de soins intensifs n’ait pas changé de manière significative. Toutefois, le nombre de « Code Blue Events » – le nombre d’alarmes cardiaques – a diminué significativement de six à une à deux pour 1000 patients.

Le faible taux de fausse alarme empêche l’abrutissement

Si on en croit les valeurs des hôpitaux américains, il y a 15 à 20 alarmes sur 10 heures en surveillance de télémétrie ou d’oxymétrie. Pour la plupart d’entre elles, il s’agit de fausses alarmes qui alertent inutilement les infirmiers. Pour les capteurs sans fil, la valeur correspondante spécifiée par le constructeur est d’environ 0,3. Cela signifie que les infirmières et les médecins ne sont pas « abrutis », mais aussi que le dispositif ne remplace pas les soins personnels du patient.

Après avoir été testé aux Etats-Unis, les hôpitaux européens testent maintenant les « services de soins intensifs légers ». En plus d’Anvers et de Rotterdam, on trouve aussi des capteurs dans 28 lits à l’hôpital de l’Université de Sarrebruck (Allemagne) dans le service interne. Bien que les coûts soient relativement élevés à environ 5000 euros par lit, le dispositif est censé être amorti en moins d’un an. Ainsi, sur la base des changements de taux cardiaques et respiratoires, les septicémies seront détectées plus tôt qu’avec les critères habituels, comme l’a expliqué Daniel Grandt de la Klinikum Sarrebruck dans une interview à la télévision.

Algorithme pour les patients à risque

Cependant, le capteur sous le matelas n’est pas la seule façon de surveiller les patients entre les visites en personne sans avoir à le mettre en soins intensifs. Sans nouveau matériel, il existe des programmes tels que le système « VitalPac » très répandu en Grande Bretagne. Il résume les valeurs actuelles du dossier médical électronique à un « niveau de risque », recommande au personnel infirmier des inspections plus fréquentes ou alerte le service d’urgence en cas de menace grave. L’une des premières études a montré que le taux de mortalité a diminué de manière significative après l’introduction du système qui fonctionne comme une application sur smartphones ou tablettes.

Un algorithme qui est particulièrement populaire dans les hôpitaux des États-Unis fonctionne de manière similaire pour une image globale plus rapide et plus actuelle du patient. Pour un maximum de 26 paramètres dans le dossier du patient, le programme calcule un nombre d’indice entre un et cent en temps réel. Les niveaux d’alarme appropriés fournissent ensuite une attention accrue et l’intervention de spécialistes. Environ 70 hôpitaux utilisent maintenant ce système nommé d’après ses développeurs « Index Rothman ». Dans un hôpital de 300 lits, cela à un coût de 150000 $ US annuel. L’avantage du logiciel est, selon les expériences des utilisateurs précédents, qu’à travers la comparaison avec les valeurs précédentes, des changements qui passaient inaperçus dans l’état du patient sont révélés et aussi qu’elles peuvent être comparées avec les données d’autres patients avec des états pathologiques similaires.

Contrôle fastidieux des fonctions vitales

Selon les déclarations des développeurs et chefs de clinique, tous ces dispositifs et programmes n’ont pas l’objectif de diminuer les personnels soignants, mais de les aider dans leur travail avec une assistance technique. Une étude de Singapour [Paywall] montre qu’il y a souvent des erreurs de jugement lorsque le service contient peu d’infirmières hautement qualifiées et expérimentées. Sur 614 infirmiers dans des services généraux, près de 50 pour cent croyaient, à tort, qu’un changement de la pression artérielle est le premier indicateur d’une aggravation de l’état. Le nombre de ceux qui ont vu la fréquence respiratoire comme un indicateur peu important n’était que légèrement plus faible. Plus d’un quart des infirmiers ne contrôlent la fréquence respiratoire que superficiellement. Entre 20 et 35 pour cent du personnel de soins infirmiers considère la surveillance des signes vitaux généralement comme long et laborieux.

Les programmes et les données des capteurs devraient potentiellement pouvoir être intégrés. Ils peuvent alléger le travail du personnel soignant. Les études récentes montrent que cela fonctionne en principe. La preuve de concept a déjà été apportée plusieurs fois. Il reste le problème de la protection des données face à l’énorme richesse des données supplémentaires sensibles des patients.

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